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+LES LIVRES MEDIOCRITE OU SAINTETE (Gaston Racine)
Gaston Racine, prédicateur évangélique, conférencier et écrivain.
Né en Suisse dans le canton de Neuchâtel en 1917. De famille huguenote, il fut élevé dans un milieu très pieux, appartenant à une communauté issue du Réveil spirituel qui secoua une partie du protestantisme au dix- neuvième siècle. Converti au Christ en 1931, hors de son contexte familial.
Arrêté en pleine jeunesse par la maladie, il dut apprendre durant de longues années, à L’école de la souffrance, à renoncer à ses plans et à ses projets les plus chers, pour se soumettre simplement à la volonté divine.
Appelé au service de Dieu en 1936, lors de sa convalescence en Italie. Chapitre de sa vocation personnelle: Jérémie, chapitre 1, versets 4-10.
Exerce depuis 35 ans un ministère évangélique dans dès communautés diverses, dans des camps de jeunesse et dans des salles populaires en différents continents. A une prédilection pour le pays D’israël et ses voisins arabes.
Dès 1947, ne dépend d’aucune église particulière.
Habite Montréal depuis 1962. Tout en restant foncièrement attaché à la Bible et sans sombrer dans un syncrétisme religieux, G. R. reste disponible pour témoigner de sa foi aux croyants et aux non-croyants de tous les milieux, catholiques, orthodoxes, protestants, juifs, musulmans, bouddhistes, hindouistes, rationalistes et marxistes.
C’est dans ce but qu’il a commencé, avec sa femme, le Dr Eva C. Racine-Arendt, M. D., les camps Mahanaïm destinés aux jeunes gens et jeunes filles de 18 à 30 ans.
"Médiocrité ou Sainteté" est un thème qui a réveillé la conscience et parlé au coeur de plusieurs jeunes gens et jeunes filles réunis dans des Camps bibliques, à la Chartreuse de Valbonne dans le Gard, au "Genêt D’or" en Haute-Loire, puis à "Poggio Ubertini" près de Florence, entre les années 1950 et 1960. Ce sujet fut traité une fois encore en 1968, dans une Retraite spirituelle de fin de semaine près de la ville de Québec.
Sur la demande maintes fois renouvelée d’anciens campeurs et campeuses actuellement adultes, pères et mères de famille, j’ai repris mes notes et ai publié au cours de l’année 1970, l’essentiel de mes exposés d’il y a plus de quinze ans, dans le périodique français "Servir en L’attendant".
Augmenté d’une préface qu’a bien voulu écrire mon propre fils, j’ai revu et quelque peu développé mon travail original, pour demeurer dans le feu de l’actualité.
Certains lecteurs trouveront pourtant que je n’apporte rien de nouveau à ceux qui cherchent un sens à leur vie et aux choses qui les entourent.\
Dans des terres et des êtres labourés par les charrues de la technique moderne et à l’heure où la science croit pouvoir très bientôt tout comprendre et tout expliquer, sauf l’essentiel, n’avons-nous rien d’autre à semer que "l’éternel grain de blé?".
Existerait-il une autre semence de vie?
Sommes-nous si assurés que les problèmes des temps modernes sont si différents dans leur essence, de ceux qu’ont eu à résoudre nos ancêtres?
À Ses disciples et à quelques Grecs qui voulaient Le voir, Jésus de Nazareth disait un jour:
L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié. En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. (Évangile de #Jean 12:23-24.)
Dieu veuille trouver en nous un terrain favorable pour y jeter Sa semence, afin qu’aujourd’hui encore nous puissions recevoir Sa Parole, l’entendre, la comprendre et porter du fruit dans ce monde qu’il a tant aimé.
G.R. Montréal, Février 1971
Malgré les habitudes et la mode, chacun sait que les préfaces, (de "proefari," dire d’avance) sont le plus souvent parfaitement inutiles. Que dire alors d’un préfacier qui loin d’être un écrivain présentant l’oeuvre d’un jeune auteur est plutôt un jeune lecteur présentant l’oeuvre d’un écrivain. Il s’agira donc moins ici de préface que de "témoignage".
Fils de l’auteur, j’ai trente ans au moment où j’écris ces lignes. Je viens de lire et relire le texte qui sera bientôt offert à l’attention des lecteurs qui auront le privilège d’avoir ce livre entre les mains. Mais il y a quinze ans déjà, qu’un soir du Jeudi Saint, dans le midi de la France, alors que je participais à un camp biblique de vacances, j’entendais ce même message, celui du même évangéliste, celui de L’évangile en fait, la bonne nouvelle de la Grâce de Dieu en Jésus-Christ. Ce message devait me conduire, dans les heures qui suivirent, à ce choix qui donne son titre à cet ouvrage, et dont allait dépendre l’orientation future de ma vie personnelle: MÉDIOCRITÉ OU SAINTETÉ!
Témoigner de l’importance de ce livre, c’est pour moi dire à son futur lecteur qu’ayant découvert devant Dieu mon état de "médiocrité" et sa signification profonde, le "péché," c’est-à-dire ce qui m’empêchait de bénéficier de la communion avec mon Créateur, qu’ayant cru ce que Dieu disait de moi et de son Fils par Sa Parole, j’ai découvert "d’un même mouvement l’amour de son Coeur, l’efficacité et la totalité de son pardon". Témoigner de l’efficacité de la PAROLE prêchée et rappelée dans ce livre, c’est pour moi dire à celui qui en prendra connaissance, qu’elle a changé ma vie.
Les "saints"? Comme le souligne l’auteur en accord avec toute la révélation biblique, ils ne sont rien d’autre que ces pécheurs qui ont accepté la grâce de Dieu. Ils sont saints, oui, mais "par Celui qui habite en eux, par la Vie du Cep qui coule dans les sarments". Et ce Jésus qui disait à ses disciples, "Moi je suis le vrai cep et vous êtes les sarments," veut habiter chez tous les hommes, toutes les femmes, tous les enfants de cette terre. Encore faut-il qu’ayant rencontré Jésus-Christ, ils lui aient ouvert la porte de leur coeur, afin Qu’il fasse Sa demeure en eux. C’est ce que j’ai fait ce soir d’avril 1954, alors que le monde christianisé se préparait à se souvenir du Crucifié de Golgotha par qui tout fut, non seulement possible, mais déjà "accompli". C’était pour moi l’heure de Dieu. Si cet ouvrage, comme on dit d’ordinaire, "vient à son heure," eh bien, que ce soit pour vous lecteur, l’heure de Dieu, qui enfin sonne ou "re-sonne" dans votre vie. * * * Après avoir souligné l’importance de la notion de choix, d’un choix initial, mais aussi d’un choix qui se renouvelle quotidiennement, en l’illustrant par les choix de ces hommes de la Bible, qui se révèlent être à l’image de chacun de nos propres choix, l’auteur parle au coeur, sans artifice, se contentant de faire défiler devant nos yeux ces personnages qui meublent tant de souvenirs religieux et stérilement dévots, et qui, tout pleins de poussière, semblaient avoir perdu toute signification existentielle. Sous la plume combien inspirée et incisive de l’auteur, ils reprennent pourtant un relief saisissant et une actualité que j’oserais qualifier pour utiliser le jargon de mon métier, "d’opérationnelle" dans la "planification" de nos vies personnelles. Au delà des patriarches et des prophètes archétypes provisoires de Celui qui devait venir, culmine la divine personne du Christ.
Quel renouveau de ma conviction, à la lecture de ce livre, de la validité de ce jugement de l’auteur quant à la vanité des procédés artificiels "d’actualisation" de la Parole de Dieu! Actualisons-nous le verre poli de nos miroirs? Quelle que soit la forme ou la couleur de son cadre, la surface qui réfléchit la lumière reste la même, au fil de nos jours, au fil de nos heures. Ce miroir qu’est la Bible est toujours capable de nous convaincre, à tout âge, de la nécessité du salut de Dieu et de nous assurer que ce salut a été accompli en Jésus-Christ.
La lumière soudain a jailli dans les ténèbres. L’homme voit sa misère et, de la repentance à la foi en la justification acquise pour nous par le sacrifice du Christ, il est conduit sur le chemin de la sanctification, qui n’est autre que "la vie en Christ," vécue quotidiennement grâce à l’opération de L’esprit de Dieu. Elle débouche, bien au-delà de l’esclavage, la stagnation, le mélange, la tristesse d’une "médiocrité" dominée par la dictature de notre MOI, sur la joie, l’unité, le progrès et la liberté d’une vie "sanctifiée" par la présence en elle du CHRIST-JÉSUS, Jésus de Nazareth. C’est Lui qui montrait il y a bientôt deux mille ans le chemin du salut, la CROIX, mais qui, l’ayant suivi à notre place, pouvait déjà, ressuscité d’entre les morts, donner à ceux qui avaient cru à la vertu salvatrice de son sacrifice, ce bien ineffable après lequel nous courons tous, la PAIX, non pas celle que le monde croit parfois pouvoir donner, promettre ou prédire, mais la Sienne, la Paix de Dieu, "qui surpasse toute intelligence," scellée une fois pour toutes pour tous les rachetés dans le sang de L’agneau de Dieu, "qui ôte le péché du monde".
Toutes ces promesses qui parcourent ce livre rempli de la Parole de Dieu—et auxquelles renvoient d’opportunes références bibliques en notes infra-marginales—sont pour nous. "À nous de nous en emparer par la foi," nous dit l’auteur. En effet, le même Jésus qui disait dans son sermon sur la montagne: "Bienheureux les doux, car ils recevront la terre en héritage," devait dire un peu plus tard que ce sont les "violents" qui s’emparent du Royaume des Cieux. Peut-être faut-il se faire violence en effet pour ouvrir la porte de son coeur à Celui qui vous dit: "Voici, je me tiens à la porte et je frappe; si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi. A celui qui vaincra je lui donnerai de prendre place auprès de moi sur mon trône, comme moi-même, après ma victoire, j’ai pris place auprès de mon Père sur son trône. Celui qui a des oreilles, qu’il écoute ce que L’esprit dit aux Églises." (#Apocalypse 3: 20-22) Jésus ne force pas l’accès. Il frappe. Mais cette demande d’un accueil libre et personnel, Il me l’adressait le soir où j’entendais cette prédication intitulée "Médiocrité ou Sainteté," à moi fils de pasteur, ayant toujours cru être chrétien, mais qui n’en avais que l’inévitable habit tissé par le conditionnement familial et ecclésiastique, tout plein de déchirures et d’éclaboussures d’ailleurs.
Et, ce même message, le Christ glorifié le dit encore aujourd’hui à L’église, quelle que soit son appellation—puisqu’à l’origine cette parole interpelait L’église primitive de Laodicée, bien avant qu’interviennent les grands schismes et leurs prolongements actuels. Ottawa, janvier 1971 Dr J.-B. Racine, Professeur à L’université D’ottawa, Département de Géographie.
La Bible, Parole de Dieu, est le livre des positions nettes et tranchées.
Celui qui lit les Écritures et laisse ses pensées se former par elles, sait que le Livre saint est ennemi des compromis, des attitudes équivoques, des coeurs hésitants et partagés.
Tout lecteur se laissant critiquer par le Texte entend sans cesse résonner aux oreilles de son coeur ses expressions catégoriques: "Vie ou mort"... "Bonheur ou malheur"... "Bénédiction ou malédiction"... "Vérité ou mensonge"... "Lumière ou ténèbres"... "Justice ou iniquité"... "Sainteté ou souillure"... "Bouillant ou froid"... "Amour ou haine"... "Dieu ou Mammon"... "Christ ou Bélial"... "Esprit ou chair"...
L’esprit du "monde," au contraire, la sagesse des hommes ne cessent de proclamer qu’il existe un juste milieu, un moyen terme, une possibilité d’unir ces contraires, qu’il est impossible de suivre à la lettre les exhortations de la Parole sans tomber dans le fanatisme religieux...
Ce monde est pour le mélange, pour l’union, et le résultat de ce soi-disant équilibre, c’est la confusion.
Au sein de ce chaos d’idées, de ces opinions embrouillées, Dieu pourtant parle toujours, et notre âme s’humiliant sous Sa main puissante Le supplie d’atteindre par ce message les coeurs et les consciences de ceux qui ont encore "des oreilles pour entendre". Dieu seul peut éclairer Ses créatures et leur donner ce que la parole humaine est impuissante à produire: "La joie très pure de la vérité divine entrevue," comme disait saint Augustin.
Et parce que nous devrons dans les derniers chapitres exposer des doctrines très profondes et une réflexion devenue de plus en plus étrangère à nos contemporains, nous éprouvons le besoin de faire nôtre l’essentiel de la prière de l’auteur de "L’imitation de Jésus-Christ". Après avoir rappelé la demande des enfants D’israël à Moïse: "Parle-nous et nous t’écouterons, mais que le Seigneur ne nous parle point, de peur que nous ne mourrions," il s’écrie:
"Ce n’est pas là Seigneur, ce n’est pas là ma prière; mais au contraire je vous implore, comme le prophète Samuel, avec un humble désir, disant: Parlez, Seigneur mon Dieu, vous la lumière de tous les prophètes, et L’esprit qui les inspirait.., sans vous, ils ne pourraient rien".
Ils peuvent prononcer des paroles, mais non les rendre efficaces. Leur langage est sublime; mais si vous vous taisez, il n’échauffe point le coeur. Ils exposent la lettre, mais vous en découvrez le sens. Ils proposent les mystères; mais vous rompez le sceau qui en dérobait l’intelligence. Ils publient vos commandements, mais vous aidez à les accomplir. Ils montrent la voie, mais vous nous donnez des forces pour y marcher. Ils n’agissent qu’au dehors, mais vous éclairez et Instruisez les coeurs. Ils arrosent extérieurement, mais vous donnez la fécondité. Leurs paroles frappent l’oreille; mais vous ouvrez l’intelligence... Seigneur, mon Dieu, éternelle vérité! Parlez-moi, de peur que je ne meure et que je n’écoute sans fruit, si averti seulement au dehors, je ne suis point intérieurement embrasé; de peur que je ne trouve ma condamnation dans votre Parole, entendue sans être accomplie, connue sans être aimée, crue sans être observée. Parlez- moi donc, Seigneur, parce que votre serviteur écoute: Vous avez les paroles de la vie éternelle! * * * Dieu a parlé. Dieu parle encore. Nous le savons. Nous le croyons de tout notre coeur car, dans un temps comme le nôtre, seule cette Parole nous fait vivre.
Pourtant, étrange paradoxe, plus que jamais nous sentons notre incapacité à parler de Dieu. Comme plusieurs auteurs l’ont souvent souligné, "dès que l’homme parle de Dieu, il lui arrive de découvrir avec effroi qu’il parle d’autre chose que de Dieu".
Si la Parole de Dieu était vraiment sur nos lèvres, notre interlocuteur aurait la vraie réponse, celle qui correspond à sa question ou au seul problème réel qui tourmente l’homme moderne et qu’il n’a pas osé ou voulu nous poser ouvertement.
Cependant, nous avons un témoignage oral ou écrit à rendre à la vérité centrale de la Parole de Dieu. "Prêcher, disait en substance Karl Barth, c’est être le messager chargé de faire entendre la Bonne Nouvelle, c’est être la voix qui transmet la parole libératrice, la Parole que Dieu seul peut prononcer, Parole qui n’est autre que Dieu lui-même devenu homme en Jésus-Christ. Les idées et les particularités du prédicateur n’ont aucun intérêt. Si Dieu n’utilise sa parole comme véhicule de la Sienne, tout est vain et stérile. La prédication est donc l’attente et le risque sans cesse repris de ce miracle par lequel aujourd’hui Dieu parle aux hommes de notre temps, de tous les temps, depuis le jour où Il appela Abraham à partir pour la terre promise". (Portrait de K. Barth, P.77-78) * * * Aujourd’hui comme hier, un authentique homme de Dieu ne peut prêcher que sous la croix. Il ne se croit pas déjà au but et ne prétend pas avoir atteint la perfection.
C’est dans une grande détresse intérieure qu’il s’adresse au coeur et à la conscience de ses frères. Il se sent lui-même interpellé par Dieu et se voit aux côtés de tous ceux qui s’interrogent au sein d’une salutaire angoisse.
Il ne pense être dans la vérité parce qu’il est "intégriste" ou "progressiste" ou encore parce qu’il ferait partie d’une communauté évangélique dans laquelle il a été baptisé et où il communie une ou plusieurs fois par mois.
Il ne se réjouit pas du trouble qui agite les grandes dénominations religieuses et ne se permet pas de triompher au nom de la Bible en constatant le désarroi qui s’empare de beaucoup d’âmes. Il demande à Dieu d’éclairer tous les hommes et n’aspire plus qu’à servir ses frères.
S’il doit dénoncer le péché et les infidélités de tout ce qui porte le nom de chrétien, il le fait en se frappant lui-même la poitrine, prêt à reconnaître sa propre responsabilité dans la situation lamentable de la chrétienté.
Parce qu’il connaît la plaie secrète de son coeur et les misères de sa communauté, il est assez honnête pour ne pas affirmer que tout va bien pour lui ou qu’aucun problème ne se pose dans son milieu spirituel. L’église primitive avait déjà ses luttes et les apôtres leurs perplexités.
Toute attitude humble et ouverte permet à Dieu d’intervenir. Alors un véritable miracle se produit. L’infinie bonté de Dieu nous est à nouveau révélée. La certitude de sa justice s’empare de notre coeur. La rémission des péchés, la résurrection d’entre les morts, la vie éternelle, en un mot toutes les vérités essentielles du christianisme acquièrent une nouvelle fraîcheur. Ce ne sont plus de simples articles de foi d’un Credo orthodoxe, des doctrines figées par les siècles, ni des mots abstraits et incompréhensibles pour l’homme moderne. Dieu a une réponse pour quiconque s’interroge. Et cette réponse est dans Son Fils unique, dans le pardon Qu’il nous accorde en Lui, dans cette grâce et cette vérité qui vinrent par Jésus- Christ. * * *
Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment, des choses que l’oeil n’a point vues, que l’oreille n’a point entendues, des choses qui ne sont pas montées au coeur de l’homme #1Corinthiens 2:9 Ces trésors cachés, ces richesses enfouies, cette sagesse et cette science ineffables ne sont dévoilés qu’à ceux qui acceptent de descendre de leur piédestal religieux ou mondain, pour suivre L’esprit-Saint dans la nuit, le silence et la solitude des profondeurs de Dieu.
Graduellement, les yeux trop longtemps éblouis par les clartés artificielles d’un monde sans vraie lumière s’habituent à l’obscurité divine. Ils découvrent soudainement des valeurs éternelles et inconnues de ceux qui courent après les vanités mensongères d’un jour.
Loin des bruits assourdissants de la terre, l’oreille perçoit à son tour un son doux et subtil. Ce n’est encore qu’un murmure, mais bientôt des mots deviennent audibles et la Parole de Dieu, vivante et permanente, s’entend clairement. Pas besoin de l’actualiser puisqu’elle est la Parole éternelle de Celui qui est "le même, hier, aujourd’hui et demain". Divine lumière, lampe prophétique, c’est elle qui éclaire l’actualité.
Au fond de notre coeur le Saint-Esprit nous rappelle des promesses admirables. Elles suffisent à nous faire vivre et travailler dans la certitude que Celui qui a promis est puissant pour accomplir. Oui, ces promesses sont pour nous et nos frères. A nous de nous en emparer par la foi. Leur accomplissement n’est pas notre affaire, mais celle de Dieu. D’avance nous acceptons que Son heure soit notre heure. Nouvellement éclairée, notre conscience sait aussi que le jugement de Dieu sera inexorable. Là encore, c’est Lui et Lui seul qui rendra à chacun selon ses oeuvres. Et cela est vrai pour tous les hommes, quelles que soient leurs croyances ou leur incrédulité, car devant Dieu il n’y a pas "d’acception de personnes".
Dans les profondeurs de Dieu où nous conduit le Saint-Esprit, la solitude du coeur prend fin. Une compagnie immense de rachetés nous entoure sans nous presser. Ce sont tous ceux qui, autrefois loin de Dieu, sont rentrés en eux-mêmes, ont retrouvé leur Père et vivent de son divin pardon. C’est avec eux que nous connaissons la véritable communion des saints, loin des amitiés chamelles et des fraternités artificielles.
C’est là que coule la source pure du véritable esprit oecuménique qui n’est ni romain, ni orthodoxe, ni protestante mais unique, eschatologique et messianique.
Puissions-nous vivre toujours davantage l’expérience oecuménique dans L’unité du Corps du Christ. Et si dans cette longue marche, nous devions rencontrer encore beaucoup d’obstacles et traverser des vallées bien sombres, que tous nous fassions nôtre la parole du Psalmiste: "Si je dis: Au moins les ténèbres m’envelopperont, alors la nuit est lumière autour de moi. Les ténèbres ne sont pas obscures pour me cacher à toi et la nuit resplendit comme le jour, l’obscurité est comme la lumière. #Psaume 139:11-12
SAVOIR CHOISIR
Une vérité oubliée
Adam n’avait pas à choisir, mais à obéir. Une mission lui avait été confiée. #Ge 1:28. Un commandement lui avait été donné. #Ge 2:16-17. La vie, le bonheur, l’accomplissement de la véritable destinée de la race humaine, tout dépendait de la soumission par amour du premier homme à son Créateur.
Certes, dans tous les temps, diverses Écoles théologiques ont dépouillé l’histoire biblique de toute réalité. Pour plusieurs, Adam n’était pas vraiment le premier homme, ni Éden un vrai Paradis, ni le serpent un animal des champs. S’il en est ainsi et s’il ne s’est rien passé réellement à l’aurore de l’humanité, comment la mort est-elle entrée dans le monde et quel sens a notre salut?
L’apôtre Paul qui savait discerner le langage allégorique de l’Ancien Testament, #Ga 4:24, croyait pourtant en la réalité des événements décrits dans la Genèse. Ainsi, dans l’épître aux Romains, il se réfère à la désobéissance d’Adam, #Ro 5:12-14, et dans la deuxième épître aux Corinthiens, à la séduction d’Ève par le serpent, #2Co 11:3. Ailleurs il reconnaît que le premier homme, Adam, a été tiré de terre, poussière, #1Co 15:45-47. Enfin, à l’instar de Jésus Lui-même, il cita à plusieurs reprises le texte se rapportant à la création et à l’unité du premier couple, #1Co 6:16.
Une fois ces choses admises, une étude attentive des premiers chapitres de la Bible nous dévoile qu’Adam ne fut pas victime d’une épreuve dont Dieu serait l’auteur. Jacques nous confirme dans ce sentiment quand il écrit dans son épître: "Que personne lorsqu’il est tenté, ne dise: C’est Dieu qui me tente. Car Dieu ne peut être tenté par le mal, et Il ne tente personne. Mais chacun est tenté quand il est attiré et amorcé par sa propre convoitise. Puis la convoitise, lorsqu’elle a conçu, enfante le péché; et le péché, étant consommé, produit la mort." #Jas 1:13-15.
Le livre de la Sagesse déclare: "Dieu n’a pas fait la mort, il ne se réjouit pas de la perte des vivants," (Sagesse 1:13). Selon l’épître aux Romains, "le salaire du péché, c’est la mort; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur," #Ro 6:23. Enfin, dans son Apocalypse, l’apôtre Jean annonce la disparition de la mort, lorsqu’au Jugement dernier, tous les suppôts du péché auront été voués à la seconde mort, #Ap 20:14,21:5.
Placé en Éden dans l’univers harmonieux créé par Dieu, l’homme n’était pas habilité à choisir entre le bien et le mal. Il devait simplement observer le commandement du Seigneur en accomplissant toutes ses tâches dans la communion de son Dieu, #Ge 2:15,19-20. C’est donc bien par un acte de révolte, par une désobéissance, par une transgression volontaire que "le péché est entré dans le monde et par le péché la mort, qui a passé à tous les hommes, du fait que tous ont péché," #Ro 5:12.
Avant de savoir rejeter le mal et choisir le bien, #Esa 7:16, Adam rompit l’alliance divine, #Os 6:7, et fut chassé de son lieu, #Ge 3:23-24. Par son attitude et son désir d’indépendance, Adam donna libre cours à sa convoitise. Il compromit l’harmonie du monde et y introduisit le suprême désordre, plaçant toute sa descendance sous l’empire du péché, la puissance de la mort et l’esclavage de Satan.
Le choix, conséquence de la grâce.
Concernant le salut, personne ici-bas n’a le choix. Tout homme est perdu sans l’avoir voulu, comme Adam était innocent par état, sans avoir à choisir. Cependant la réponse de Dieu à la faute d’Adam n’a pas été uniquement la condamnation. Dans sa souveraineté, Dieu fit grâce au pécheur, grâce reposant sur la justice d’un seul, Jésus-Christ, le dernier Adam, #Ro 5:17-21.
Seul le refus de cette grâce offerte à tous les hommes, confirme le pécheur dans sa perdition, alors que l’acceptation de la vérité qui est en Jésus-Christ sauve parfaitement le coupable, #Heb 7:25.
Si le salut de l’individu et de l’humanité n’est pas le fait d’un choix, mais d’une grâce, #Eph 2:8, l’homme sauvé, pardonné, justifié par la foi est sans cesse placé devant un choix, une décision qui engage son être tout entier, #1Th 5:23.
L’histoire d’Israël nous fournit trois exemples précis où tout le peuple fut solennellement sommé de choisir. Chaque fois, l’appel de Dieu s’adresse au coeur et à la conscience d’hommes qui connaissent la puissance de Dieu, mais hésitent à faire sa volonté.
Les deux voies
Par la bouche de Moïse, Dieu dira à son peuple arrivé au terme de son pèlerinage dans le désert: "J’en prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre: j’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité, pour aimer l’Eternel ton Dieu, pour obéir à sa voix, et pour t’attacher à lui; car c’est là ta vie et la longueur de tes jours, afin que tu habites sur la terre que l’Eternel a juré à tes pères, à Abraham, à Isaac et à Jacob, de leur donner," #De 30:19-20.
Dans ce passage célèbre dont le contexte concerne sans contredit l’observation de la Loi, nous entendons Moïse s’écrier: "Ce commandement que je te prescris aujourd’hui n’est certainement point au-dessus de tes forces et hors de ta portée... C’est une chose, au contraire, qui est tout près de toi, dans ta bouche et dans ton coeur, afin que tu les mettes en pratique," #De 30:11-14.
L’apôtre Paul, qui si souvent dans ses épîtres a démontré l’impossibilité pour un homme d’accomplir la Loi, #Ga 3:10-11, emploie justement ce texte de Deutéronome pour affirmer que la justification de l’homme vient de sa foi en la Parole de Dieu, #Ro 10:5-17. La foi qui justifie n’est donc pas une simple croyance religieuse, une adhésion intellectuelle à une vérité orthodoxe. La foi est une obéissance, un engagement, une marche dans un sentier que Dieu nous a clairement tracé.
Ainsi, l’enseignement de Moïse et celui de Paul se confondent et trouvent une merveilleuse synthèse dans les paroles de Jésus: "Entrez par la porte étroite; car large est la porte, et spacieux est le chemin qui mène à la perdition et nombreux sont ceux qui entrent par elles; car étroite est la porte, et resserré le chemin qui mène à la vie, et peu nombreux sont ceux qui le trouvent," #Mt 7:13-14.
Les deux maîtres
Accepter la grâce, faire l’expérience de la bonté de Dieu, habiter le pays et connaître le repos de l’âme n’autorisent personne au relâchement, à la paresse spirituelle ou à l’infidélité. C’est pourquoi Josué, après avoir introduit Israël en Canaan, rassemble les douze tribus à Sichem pour rappeler au peuple de Dieu les merveilleuses délivrances dont il a été l’objet.
Sentant sa mort prochaine, Josué exhorte encore une fois Israël à demeurer attaché au Seigneur. Il s’écrie avec force: "Et maintenant, craignez l’Eternel, et servez-le en intégrité et en vérité; ôtez les dieux que vos pères ont servis de l’autre côté du fleuve et en Égypte, et servez l’Eternel. Et s’il est mauvais à vos yeux de servir l’Eternel, choisissez aujourd’hui qui vous vouiez servir, soit les dieux que servaient vos pères au-delà du fleuve, soit les dieux des Amoréens dont vous habitez le pays maintenant. Pour moi et ma famille, nous voulons servir l’Eternel," #Jos 24:14-15.
Devant la réponse positive des enfants d’Israël, Josué ajoute: "Vous êtes témoins contre vous-mêmes que vous avez choisi l’Eternel pour le servir," #Jos 24:22. Ces paroles du successeur de Moïse s’accordent parfaitement avec celles de Jésus: "Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un et aimera l’autre; ou il s’attachera à l’un, et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon," #Mt 6:24.
Servir le Seigneur est donc un privilège et non point une contrainte. C’est le fruit de la foi rendue agissante par l’amour, #Ga 5:6.
Les deux positions
Au temps des Rois, le prophète Élie apostrophe tout Israël rassemblé avec les prophètes de Baal sur le Mont Carmel. S’approchant de tout le peuple, Élie s’écrie: "Jusques à quand clocherez-vous des deux côtés? Si l’Eternel est Dieu, suivez-le; si c’est Baal, allez après lui!" #1Ro 18:21. Un silence honteux accueille les paroles du prophète. "Le peuple ne lui répondit rien." Ce silence, qui n’a d’égal que le mutisme de Baal, prendra fin quand le feu du ciel tombera et consumera l’holocauste préparé par Élie. Quand tout le peuple vit cela, ils tombèrent sur leur visage et dirent: C’est l’Éternel qui est Dieu! #1Ro 18:38-39. La prière du prophète était exaucée. N’avait-il pas dit au moment de la présentation de l’offrande: "Eternel, Dieu d’Abraham, d’Isaac et d’Israël, que je sache aujourd’hui que tu es Dieu en Israël, que je suis ton serviteur, et que j’ai fait toutes ces choses par ta parole! Réponds-moi, Eternel, réponds-moi, afin que ce peuple reconnaisse que c’est toi, Eternel, qui es Dieu, et que c’est toi qui ramènes leur coeur!" #1Ro 18:36-37.
L’importance du choix quotidien
Les trois exemples cités plus haut suffiraient à nous montrer que nous avons à vivre le moment présent dans l’aujourd’hui de Dieu, #Heb 3:7. Trop de chrétiens s’enferment dans leur passé tandis que d’autres s’évadent dans l’avenir. Les expériences d’hier et les délivrances de demain ne doivent pas nous faire oublier la minute présente, les tâches et les ressources que Dieu nous donne maintenant pour nous permettre de vivre pleinement cette parcelle de temps que nous pouvons vraiment posséder.
Sauvé par grâce, l’homme n’est pas appelé immédiatement à entrer dans la gloire. Il doit marcher dans un monde qui ne manquera pas de solliciter son amitié afin de le pousser à conformer sa vie au présent siècle, #Ro 12:2. C’est alors qu’il faut savoir joindre à notre foi, la vertu, #2Pi 1:5, afin de ne pas tomber dans l’adultère spirituel, oubliant que l’amitié du monde est inimitié contre Dieu, #Jas 4:4.
L’histoire d’Abraham et de Lot, illustre magistralement ce que procure l’amitié de Dieu dans une vie solitaire "sur la montagne" et ce qu’apportent les avantages du monde dans les plaines populeuses et opulentes de Sodome.
Le choix de Lot
Quand l’oncle et le neveu décidèrent de se séparer pour éviter toute querelle, l’Écriture nous dit: "Lot leva les yeux, et vit toute la plaine du Jourdain, qui était entièrement arrosée. Avant que l’Éternel eût détruit Sodome et Gomorrhe c’était, jusqu’à Tsoar, comme un jardin de l’Éternel, comme le pays d’Égypte. Lot choisit pour lui toute la plaine du Jourdain, et il s’avança vers l’Orient." #Ge 13:10-11. Élevé dans la foi d’Abraham, Lot n’avait cependant pas compris qu’il n’était plus à lui-même mais appartenait au Dieu qu’il connaissait. Cet homme fixe ses yeux sur des objets qui correspondent aux penchants de son coeur. Son choix se révéla désastreux. Sa vie est une démonstration de la parole de Jésus: "Celui qui voudra sauver sa vie la perdra," Jean 12-25. Lot connut la guerre, la captivité, la tristesse et le tourment d’une âme qui n’est pas à sa place. II perdit finalement ses biens, ses gendres, sa femme et son honneur, #Ge 14:19,2Pi 2:7-8.
Le choix d’Abraham
En revanche, Abraham, l’appelé de Dieu qui à son tour a choisi Dieu, s’en remettait au Dieu Très-Haut pour toutes choses, #Ge 14:22-23. Ne voulant rien pour lui, il voit la bénédiction de l’Éternel reposer sur lui. Dieu lui apparaît, l’encourage par ses promesses et lui dit: "Abraham, ne crains point; moi je suis ton bouclier et ta très grande récompense," #Ge 15:1. Abraham saisit ces paroles par la foi et fit confiance à Dieu. Nous savons comment Dieu tint ses promesses et fit de ce patriarche le "père de tous les croyants." Puissions-nous aujourd’hui encore marcher dans les traces de la foi qu’a eue notre père Abraham, #Ro 4:11.
Ce choix entre Dieu et le monde se renouvelle chaque jour pour le chrétien, et plusieurs fois par jour. A tout instant le monde nous presse. C’est pourquoi il importe beaucoup de savoir de quel côté nous sommes. Comme Abraham, celui qui a l’amour du Père en lui, est appelé à refuser sans cesse les offres du monde, #Jn 14:27. Sachant que l’Écriture ne connaît pas de principe intermédiaire, de position neutre, la règle du croyant est simple. Au lieu d’être perplexe et de rechercher où commence le "monde" et où il finit, ou en quoi consiste la mondanité, il se demande simplement: "Ceci est-il du Père?" Dans des centaines de cas, en regardant la chose elle-même, il serait impossible de dire où la mondanité commence et où elle finit. Mais nous pouvons rapidement reconnaître si la chose est du Père! Et quand nous voyons qu’elle n’est pas du Père, nous savons qu’elle est du monde, #1Jn 2:15-17.
Le choix de Joseph
Mais nous ne sommes pas seulement dans un monde qui nous tente par ses attraits, ses possibilités et ses commodités. Nous vivons dans une sphère où règne le péché qui sollicite constamment notre chair. Et de nouveau le choix est là. Nous connaissons tous cette alternative: Succomber, satisfaire notre passion, ou fuir, au risque même d être dépouillé et mal jugé. C’est le choix de Joseph, #Ge 39:1-20. L’emprisonnement, la souffrance, l’injustice furent les résultats immédiats de la décision qu’il avait prise de ne pas pécher contre Dieu. Cependant l’Éternel ne tarda point à récompenser son serviteur pour la crainte qu’il avait eue de Son Nom. Nous lisons: "L’Éternel fut avec Joseph, et il étendit sa bonté sur lui," #Ge 39:21-23. L’option difficile de Joseph devait finalement conduire ce dernier à la joie, la louange et la gloire.
Ce choix entre l’Esprit et la chair se renouvelle à toute heure et pour s’orienter, il faut appliquer la même règle que pour discerner ce qui vient du monde. Tout ce qui n’est pas de l’Esprit est de la chair, #Jn 3:6. Aujourd’hui, nous avons à fuir la convoitise si nous voulons honorer notre Dieu, #1Pi 2:11-12. C’est donc chaque jour qu’il faut fuir le mal et poursuivre la foi, l’amour, la justice, et la paix avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un coeur pur, #2Ti 2:22.
Le choix de Moïse
Enfin, en plus de Satan, du monde et du péché, nous avons à affronter les satisfactions légitimes que réclame notre moi, qui voudrait profiter des avantages naturels que la chair nous procure.
Ici, nous arrivons au choix de Moïse. Cet homme refusa d’être appelé fils de la fille du Pharaon, "aimant mieux être maltraité avec le peuple de Dieu que d’avoir pour un temps la jouissance du péché, regardant l’opprobre de Christ comme une richesse plus grande que les trésors de l’Égypte, car il avait les yeux fixés sur la rémunération. C’est par la foi qu’il quitta l’Égypte, sans être effrayé de la colère du roi; car il se montra ferme, comme voyant celui qui est invisible." #Heb 11:24-27. Là était toute la force du grand législateur.
Nous trouvons un choix semblable chez l’apôtre Paul qui put renoncer à tout à cause de l’excellence de la connaissance du Christ son Seigneur, #Php 3:7-11.
Le renoncement du vrai disciple est donc quotidien. Tout l’enseignement de Jésus précise ces vérités. Chaque jour pour suivre le Maître, il faut prendre sa croix, #Lu 9:23. Sans cet exercice, il n’y a pas de vie victorieuse, #1Jn 5:5.
CES DIFFERENTS CHOIX CONDUISENT A LA MÉDIOCRITÉ OU A LA SAINTETÉ.
Être comme tout le monde
Étant des hommes de chair, il est très difficile, même si nous sommes "nés de nouveau," #Jn 3:3, de ne pas nous laisser influencer par le monde. Laissé à lui-même, l’homme reste charnel. Ses oeuvres sont celles de la chair qu’il imite, non pas toujours dans ses actions les plus grossières, mais également dans ses agissements les plus raisonnables.
L’histoire du peuple d’Israël nous fournit encore un exemple frappant de ce que nous venons de souligner. Dieu était Roi d’Israël. Il avait avec Son peuple une relation directe. Un jour pourtant, ce peuple s’approcha de Samuel en disant: "Établis sur nous un roi pour nous juger, comme il y en a dans toutes les nations," #1Sa 8:4-6. Pourquoi cette démarche?
Les Israélites avaient cessé de fixer leurs yeux sur leur grand Dieu Sauveur. Ils regardaient vers la terre, vers les hommes, vers les nations et ce qu’ils voyaient les amenait à croire qu’il manquait quelque chose à leur peuple. Israël n’avait pas de roi visible.
Israël voulut être semblable à tous les autres peuples de la terre, imitant leurs moeurs et leurs coutumes. Cessant d’être un exemple et un modèle pour les nations, le peuple de Dieu s’identifia au monde et tomba dans l’idolâtrie. Ce fut un recul au lieu d’un progrès, un appauvrissement et non un enrichissement.
Alors qu’Israël avait tout reçu de Dieu, le roi auquel ii serait asservi allait tout lui prendre: Ses fils, ses filles, ses champs, la dîme de ses récoltes, ses serviteurs, sa liberté, #1Sa 8:10-18. En réclamant et en choisissant un roi, Israël supprimait sa raison d’être.
Dieu l’avait mis à part pour la liberté et l’unité. Grâce à la relation directe qui existait entre Dieu et Israël, ce peuple ne connaissait pas les obligations et les charges qui incombaient aux nations soumises à un joug charnel.
Il en est de même pour l’Église de Dieu, peuple racheté, mis à part, indépendant du monde. Le jour où l’Église veut être reconnue du monde, elle perd peu à peu la glorieuse liberté qu’elle possède en Christ et s’asservit au monde.
Divisée, déchirée, écartelée, l’Église ne connaît plus d’unité.
Infidèle à son Maître, elle finit par l’abandonner. La pauvreté et l’impuissance spirituelles dont souffre actuellement l’Église viennent essentiellement de son "flirt" et de son amalgamation avec le monde.
Dieu ne suffit plus. Nous avons soif du monde et de ses convoitises. Nous voulons vivre comme tout le monde. Ayant commencé avec Dieu, on ne veut plus aller jusqu’au bout avec Lui. On s’arrête à mi-chemin pour s’installer dans la médiocrité.
Dès cet instant, nous sommes non seulement incapables de répondre aux réels besoins du monde, mais nous devenons inutiles et même nuisibles aux âmes qui nous entourent.
"QU’EST-CE QUE LA MÉDIOCRITÉ?"
Définition et citations
Le mot "médiocre"—en latin "mediocris"—vient de "médius," qui est au milieu. Ainsi étymologiquement, la médiocrité est la nature, le caractère de ce qui est entre le grand et le petit, le bon et le mauvais. C’est ce qui est peu considérable, peu bon, peu distingué. C’est une insuffisance, une position entre l’opulence et la misère, entre l’élévation et la bassesse.
Pour Voltaire, le choix est clair: "Il ne faut se moquer ni de ceux qui font du bon, ni de ceux qui font du très mauvais, mais de ceux qui, étant médiocres, se croient des génies et font les importants".
Il convient de citer ici les fameux vers de l’Art poétique de Boileau: "... dans l’art dangereux de rimer et d’écrire, il n’est point de degrés du médiocre au pire".
D’aucuns voient cependant dans la médiocrité, l’image de la modération et du juste milieu.
Pascal semble faire écho à ce sentiment quand il dit: "L’extrême esprit est accusé de folie, comme l’extrême défaut; rien que la médiocrité n’est bon".
Dans ses lettres persanes, Montesquieu déclare: "L’approbation universelle est plus ordinairement pour l’homme médiocre." Pourtant pour Henri de Montherlant: "Souffrir de la médiocrité des gens, c’est souvent signe qu’on est un demi-médiocre soi-même".
De son côté, Ernest Renan écrivait: "En toutes choses, ce qui réussit de nos jours, c’est le médiocre".
Et pour clore ces quelques citations nous pouvons ajouter avec le moraliste français J. Joubert: "Le médiocre est l’excellent pour les médiocres".
En fait, la médiocrité est "un manque de grandeur, d’élévation d’esprit, d’excellence, de mérite, c’est l’insuffisance en quantité ou en qualité." (Dictionnaire Robert).
Le témoignage des Écritures
Le mot "médiocrité" n’est pas employé dans la Bible. Toutefois, ce que cet état représente se trouve dépeint en de nombreuses pages de l’Écriture Sainte. La Bible nous donne des exemples d’hommes médiocres, vivant médiocrement dans la médiocrité. Un simple coup d’oeil dans l’Ancien Testament nous fournira quelques portraits d’hommes médiocres.
Lot
Nous avons déjà parlé de cet homme dans notre précédent chapitre.
Lot n’est pas démuni de tout. Il possède des biens spirituels et matériels, #Ge 14:13-19. Avec son oncle, il a quitté le paganisme et suit Abraham dans ses marches. Il descend avec lui en Égypte et remonte à ses côtés au pays de Canaan. Il s’enrichit avec Abraham et l’accompagne dans tous ses déplacements.
A première vue Lot a toutes les apparences de la supériorité. Il connaît l’appel de l’Éternel, il obéit à l’ordre divin, il s’attache au conducteur spirituel que Dieu lui a donné; il participe à la marche de la foi et aux bénédictions qui en découlent.
Pourtant une circonstance fortuite va manifester l’état réel de son coeur. Une querelle, oeuvre de la chair, s’élève entre les bergers d’Abraham et ceux de Lot. Abraham voulant éviter à tout prix de nouvelles occasions de disputes propose à son neveu une séparation dans la paix. Généreusement, le plus âgé laisse le plus jeune choisir la partie du pays qui lui plaît. A cette heure, Lot dévoile soudain combien son coeur est attaché aux biens "d’en-bas." Ses yeux se posent sur la riche plaine du Jourdain et il choisit pour lui Sodome et ses environs. Aucun mobile spirituel ne détermine son choix. Ses pensées sont aux choses terrestres, #Php 3:19.
Dans ce lieu, Lot vivra médiocrement. Il est à Sodome, mais n’est pas de Sodome. Il veut les avantages et les honneurs de cette ville sans accepter les moeurs relâchées des gens de cette contrée. La conduite et les oeuvres criminelles de ces hommes seront un continuel tourment pour son âme, #2Pi 2:7-8. Dans ces conditions, même le témoignage d’un homme juste est médiocre, sans puissance. Compromis avec le monde, Lot ne gagne aucune âme, pas même celle de ses gendres. En revanche, il perdra sa maison, ses biens, sa femme et, victime de ses deux filles, il finira dans le déshonneur de l’inceste.
Tous les médiocres sont destinés à vivre médiocrement et à finir dans l’opprobre et la médiocrité. C’est Une faillite. L’homme n’est peut-être pas perdu, mais tout est perdu pour lui, pour les autres, et pour Dieu, #1Co 3:15.
Balaam
Balaam, le devin ou magicien qui vivait sur les bords de l’Euphrate, nous donne un second portrait de l’homme médiocre. On a appelé ce personnage "la figure la plus énigmatique de toute l’histoire biblique." Depuis longtemps cet homme connaît Jéhova, car dès que Balak, roi de Moab, l’envoie chercher pour maudire Israël, #No 22:24-35, Balaam consulte immédiatement l’Éternel. Hélas, son coeur hésite entre la gloire de Dieu et l’amour de l’argent. Après une lutte intérieure, il finit par céder à l’appât du gain, et commet l’erreur terrible qui le destine à l’obscurité des ténèbres éternelles, #2Pi 2:15-17. Balaam a la connaissance des pensées de Dieu, mais sa volonté n’est pas unie à celle du Seigneur. Il croit pouvoir servir deux Maîtres, mais en réalité il n’en sert qu’un. Sa bouche est contrainte de proclamer les oracles de Dieu alors que son coeur recherche son intérêt personnel. La position de Balaam est des plus inconfortables. Dieu en fait momentanément son prophète, mais Balaam est déjà jugé et condamné. Son péché le trouvera. Il finira sous le tranchant de l’épée et mourra enveloppé dans la défaite des ennemis d’Israël, #No 31:18.
Dans les églises on retrouve parfois des Balaam qui prétendent être au service de Dieu, mais acceptent le compromis avec le monde par intérêt ou commodité. On a la bouche pleine des paroles de Dieu, mais le coeur ne cesse de poursuivre les honneurs et les biens du monde.
Éli
Après Lot et Balaam, Éli offre un troisième portrait,1Samuel 1:1-4:22. Ce sacrificateur a toutes les apparences de la sainteté. Il porte les saints vêtements; il a reçu l’onction de l’Éternel: Il officie dans le lieu saint à Silo. Cependant il honore ses fils plus que Dieu. Aussi, c’est un enfant, Samuel, qui reçoit à sa place les communications de Dieu. Le peu de vertu d’Éli, sa faiblesse morale aboutissent à la perte de ses fils, de son service et de sa vie. Il mourra foudroyé à la nouvelle des désastres dont il est en partie le premier responsable.
Aujourd’hui encore, Dieu ne communique pas avec les médiocres, quels que soient leurs titres, leur importance ou leur ordination. Il se révèle aux "saints," à ceux qui obéissent à Sa Parole, qui ont le coeur entièrement tourné vers Lui pour écouter Sa voix. Dieu veut la première place dans nos vies, avant père, mère, femme, enfant, ami et église, #Lu 14:26. Cette position l’honore et c’est cela notre service pour lui.
Saül
Le roi Saül est pour nous un quatrième exemple d’homme médiocre, #1Sa 9:1-2. Il fut le premier roi qui régna sur Israël. "Plus beau qu’aucun des enfants d’Israël, il les dépassait tous de la tête." Mais Saül, qui a tout pour plaire à la chair, ne suit pas entièrement l’Éternel et n’observe pas totalement Ses ordres. Il écoute la voix de Dieu, il suit le plan indiqué par l’Éternel pour combattre Amalek, mais n’accomplit pas jusqu’au bout l’ordre divin. Influencé par le peuple, il croit pouvoir substituer ses pensées à celles de Dieu, et Lui plaire tout en désobéissant à Sa voix, 1Samuel 15. Saül s’arrête à mi-chemin dans l’obéissance, dans l’humiliation, dans son repentir et ses bonnes intentions. Sa fin est semblable à sa vie. Blessé par ses ennemis, il n’a pas le courage d’affronter le sort qui l’attend et se donne la mort sur la montagne de Guilboa, 1Samuel 31.
Servir Dieu de tout son coeur consiste avant tout à observer scrupuleusement Sa Parole, la volonté humaine étant complètement soumise à celle de Dieu. "L’obéissance veut mieux que le sacrifice et l’observation de la Parole vaut mieux que la graisse des béliers".
Guéhazi
Enfin, Guéhazi, serviteur d’Élisée, est le dernier type de médiocre que nous empruntons à l’Ancien Testament, #2Ro 4:1-5:27. Cet homme est au service du prophète qui lui remet un jour son bâton pour faire revenir à la vie l’enfant de la Sunamite. Hélas! Guéhazi a le bâton, mais ne possède pas la puissance de l’homme de Dieu; et si cette puissance lui manque, c’est que son coeur est attaché à l’argent.
L’histoire de Naaman nous révèle l’état intérieur de Guéhazi. Il ne suit pas l’exemple de son maître qui, pour un motif spirituel, refuse les présents du général Syrien; mais il court après ce dernier pour obtenir au moyen d’un mensonge, les choses que son coeur a convoitées. Dieu le punit de son infidélité en le frappant de lèpre.
L’homme au service de Dieu ne doit pas se laisser guider par ses besoins ou par les circonstances. Les pensées de son coeur doivent être captives du Christ, et sa manière d’agir, le reflet d’une obéissance sans réserve qui a pour but la gloire de Dieu. Chaque jour il faut apprendre de Dieu quels sont les dons qu’on peut accepter, et ceux qu’on doit refuser.
Pour être vraiment disciple du Christ, il faut aller jusqu’au bout dans le renoncement. Souvenons-nous toujours que notre position et nos privilèges ne nous assurent pas une fin heureuse et bénie si nous nous arrêtons en chemin et ne nous jugeons pas de nos tendances naturelles. Un patriarche termine sa vie dans l’inceste, un prophète périt sous le glaive, un sacrificateur meurt subitement en se rompant la nuque, un roi se suicide, et un serviteur considéré finit ses jours lépreux.
* * *
Si nous ouvrons le Nouveau Testament, nous trouvons également des exemples vivants de médiocrité parmi les pharisiens. En Matthieu, chapitres quinze et vingt-trois, Jésus montre dans des tableaux saisissants l’erreur fondamentale de ces hommes qui croient honorer Dieu par des formes, alors que leur coeur est sans vie et sans amour pour Lui. "Sépulcres blanchis," voilà l’énergique expression dont se sert Jésus pour stigmatiser ceux qui ont une piété apparente, mais dont le coeur est encore plein de choses souillées du monde.
Jésus nous montre que la médiocrité c’est paraître et ne pas être. C’est attacher une importance capitale au fait de se laver les mains avant le repas, alors que le coeur ne s’inquiète pas d’être rempli de mauvaises pensées, de meurtres, d’adultères, d’impudicité, de vols, de faux témoignages, de calomnies. C’est nettoyer le dehors de la coupe et du plat alors que le dedans est plein de rapine et d’intempérance.
Les disciples eux-mêmes, avant qu’ils reçoivent le Saint-Esprit, sont souvent caractérisés par la médiocrité. Plus d’une fois, Jésus soupire en constatant leur peu d’intelligence, de persévérance et de foi. Thomas et Philippe, depuis si longtemps avec Jésus, ne connaissent pas encore le chemin de la vie, et ne discernent pas en Lui le Père, #Jn 14:5-11. Et que dire de Pierre, si bouillant en paroles...! A "l’Heure décisive" il dort. Au moment de prendre position pour le Christ, il le renie, prouvant que lui aussi ne suit le Maître que de loin. De même Jacques et Jean—qui réclament le feu du ciel pour punir une offense faite à leur Maître—ne sont pas capables à Gethsémané d’assister Jésus dans la prière et s’endorment de tristesse.
La puissance de Dieu n’entraîne pas encore les apôtres avec force dans le chemin du Maître, et, malgré leur bonne volonté, leurs chutes sont fréquentes. Aussi quel changement quand Jésus, du haut du ciel, leur envoie l’Esprit Saint! Rendus bouillants et sages, ils peuvent alors accomplir les oeuvres de Dieu et marcher triomphalement sur les traces du Christ.
Ces faits prouvent que nous avons tous à veiller sur nos sentiments pour être sans cesse à l’écoute de la volonté de Dieu. Nous sommes les disciples du Christ, et c’est à nous que s’adressent toutes les exhortations de l’Écriture. C’est pourquoi il nous faut connaître les embûches de la médiocrité afin de pouvoir, par la foi et la puissance du Seigneur, les éviter et rejoindre ceux qui, dans le passé, ont servi Dieu d’un coeur pur, avec un zèle inaltérable et par un don total d’eux-mêmes.
Des analogies significatives
Ces embûches nous sont dépeintes par la Parole. Elle nous présente la médiocrité sous les images suivantes: Le sel sans saveur, #Mt 5:13, la lampe sous le boisseau, #Mt 5:15, la lampe sans huile, #Mt 25:3, le morceau neuf au vieil habit, #Mt 9:16, le vin nouveau dans de vieilles outres, #Mt 9:17, l’airain qui résonne, #1Co 13:1, la cymbale qui retentit, #1Co 13:1, la fontaine sans eau, #2Pi 2:17, la nuée sans pluie, poussée par les vents, Jude 12, la rosée qui s’en va de bonne heure, #Os 6:4, les arbres d’automne, sans fruit, Jude 12, l’étoile errante, Jude 12. C’est également le souci que l’homme se donne pour le vêtement et la nourriture, croyant pouvoir servir deux Maîtres, #Mt 6:24. C’est mettre la main à la charrue et regarder en arrière; vouloir "d’abord ensevelir son père" ou prendre "d’abord congé de ceux de sa maison" quand le Seigneur nous appelle à Le suivre, #Lu 9:59-62. C’est la tiédeur de Laodicée, la prétention d’être riche et de n’avoir besoin de rien alors qu’on est "pauvre, aveugle et nu," #Ap 3:17. C’est l’irrésolution, l’inconstance dont parle Jacques, #Jas 1:6-8; c’est l’adultère spirituel que dénonce le même auteur, #Jas 4:4. Ce sont "les petits enfants," ballottés et emportés çà et là par tout vent de doctrine, #Eph 4:14. C’est le caractère "charnel" du chrétien décrit dans les Épîtres, #1Co 3:1; c’est le zèle pour Dieu, mais sans intelligence, #Ro 10:2.
Dernière analyse
Ainsi définie, cette médiocrité se manifeste dans notre existence par le peu de capacité à donner le goût des choses de Dieu aux âmes, le manque de puissance pour marcher nous-mêmes dans la lumière et éclairer les autres.
Elle devient visible dans nos insuccès, nos déficits, nos fatigues, notre faible amour, notre absence d’espérance, notre vie déçue, stérile et soucieuse, nos craintes de la souffrance, notre inertie spirituelle.
Elle se dévoile enfin dans toutes les oeuvres de la chair que l’apôtre Paul oppose au fruit de l’Esprit, #Ga 5:19-20. Ne s’identifie-t-elle pas alors, pour le Chrétien, au manque de plénitude dans le bonheur?
Le Chrétien médiocre est celui qui n’aime pas entièrement, qui n’obéit pas entièrement, et qui ne renonce pas entièrement. Le médiocre, c’est celui qui ne veut pas aller jusqu’au bout. Mais aller jusqu’au bout, pour le chrétien, c’est aller à la croix. Qui est celui qui ne veut pas aller à la croix?
C’EST MOI, MON MOI, MA PERSONNALITÉ. LA MÉDIOCRITÉ, CE N’EST PLUS QUELQUE CHOSE, C’EST QUELQU’UN, C’EST MOI
En opposition à cette médiocrité, il y a LA SAINTETÉ.
Cette sainteté n’est pas quelque chose, un certain degré de pureté, de justice, de vérité.
La sainteté opposée à la médiocrité, ce n’est pas une chose opposée à une autre, C’EST QUELQU’UN OPPOSÉ A QUELQU’UN: C’EST DIEU OPPOSÉ AU MOI!
La sainteté, c’est Dieu Lui-même dans Son essence. C’est la dernière fin de l’homme.
QU’EST-CE QUE LA SAINTETÉ
Définition et manifestation
Des premières pages de la Bible aux dernières exhortations de l’Apocalypse, Dieu se révèle aux hommes comme l’Etre Saint par excellence.
Le mot "saint" désigne ce qui est souverainement élevé et parfait, essentiellement pur et conforme à la loi divine. Par son étymologie, sainteté dit séparation, mise à part et aussi consécration.
L’image par laquelle l’Écriture nous la dépeint est celle de la lumière, c’est-à-dire de la pureté même, #Esa 10:17,jacques 1:17,1Jean 1:5. La sainteté est donc l’essence même de Dieu, #Ex 15:11. Appliqué aux choses, ce terme est opposé à "profane," "commun," "vulgaire" et parfois même à "souillé" et "impur".
Si l’on pouvait, à la rigueur, enlever à Dieu par la pensée tel ou tel de ses attributs, sans qu’il cessât d’être, le dépouiller de sa sainteté serait l’anéantir. Appliquant ce principe à l’amour, quelqu’un a pu dire qu’à supposer que nous fussions réduits à l’épouvantable alternative de renoncer à l’amour de Dieu ou de renoncer à sa sainteté, c’est celle-ci qu’il faudrait sauver, puisqu’en supprimant en Dieu l’amour, l’homme ne ferait que rendre impossible son propre bonheur, tandis qu’en supprimant en Lui la sainteté, c’est l’Univers moral qu’il ébranlerait jusque dans ses fondements. Le dernier fond des choses divines et le dernier but des créatures morales n’existeraient plus (Voir J. Monod: Enc. Sciences relig. Tom. XI, p. 407).
Selon Frédéric Godet, le surnaturel sous sa forme la plus élevée, ce n’est pas le miracle, mais la sainteté. "La sainteté, écrit-il, c’est le bien moral dans son apparition la plus sublime," (Frédéric Godet: "Conf. Apol").
Mais qu’est-ce que le bien?
Pour Ernest Naville, "le bien n’est pas un être ou une chose. C’est un ordre déterminant les rapports des êtres, rapports qui doivent être réalisés par des volontés," ("Prob. du mal," p. 17).
En Dieu, la sainteté est donc la pleine possession de Lui-même, ou l’union indissoluble et harmonieuse de toutes ses perfections. C’est Sa volonté inébranlable de maintenir l’ordre qui doit régner entre les êtres et les amener tous à une relation qui doit les unir.
En l’homme, la sainteté consiste dans la réalisation complète de sa vocation véritable qui n’est autre que l’accord parfait de sa volonté avec celle de Dieu. La sainteté chez la créature, c’est son acquiescement volontaire à la position suprême de Dieu.
Ainsi, dans le domaine de l’absolu, comme dans celui du relatif, la sainteté est en réalité toujours identique à elle-même.
Le triomphe de la Sainteté
En disant que Dieu est saint, la Bible n’affirme pas seulement que Sa volonté est conforme au bien, mais qu’elle est la nature du bien, la loi morale elle-même. C’est pourquoi cette sainteté s’appelle aussi "la gloire de Dieu" qui doit resplendir de tout son éclat après avoir triomphé de to | |||||