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LIVRES

 

 

 

 

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LA FOI (Gaston Racine)



Introduction

Opinions ou convictions? LA FOI

 

Sous le titre Opinions ou Convictions, nous nous proposons de publier spécialement pour la jeunesse, trois études bibliques, sur la Foi, l’Espérance et l’Amour.

 

La tâche poursuivie dans ces modestes ouvrages, peut se résumer dans les trois points suivants:

 

I Apporter à la jeunesse actuelle, un message positif et dynamique, lui donnant les fondements essentiels d’un christianisme authentique.

 

II Montrer l’insuffisance des opinions humaines et amener les âmes sous l’action du Saint-Esprit à des convictions profondes basées sur la seule Parole de Dieu.

 

III Diriger les coeurs vers une foi personnelle et vivante en Jésus-Christ, afin que, l’ayant rencontré personnellement dans leur vie, ils sachent véritablement qui ils croient, ce qu’ils croient, comment ils croient, et pourquoi ils croient. Alors seulement la jeunesse pourra confesser sa foi dans les bons et les mauvais jours, n’ayant plus honte de l’Évangile, ayant expérimenté qu’il est "la puissance de Dieu pour, le salut de tous ceux qui croient." {#Ro 1:16}

 

Dans un monde où tout chancelle, où à la suite de Nietzsche on "transvalue des valeurs," où non seulement on ne fait plus de différence entre ce qui est saint et ce qui est profane, entre ce qui est impur et ce qui est pur, {#Eze 22:26} mais où le bien tend à s’appeler mal, la vérité erreur; dans un monde où l’on méprise les faibles pour exalter les forts, où la haine et la vengeance sont glorifiées, et la pitié et le pardon bafoués, dans le coeur du fidèle, trois choses cependant demeurent: La Foi, l’Espérance et l’Amour. {#1Co 13:13}

 

Chrétiens qui lisez ces lignes, c’est l’heure de nous réveiller du sommeil, de sonner fort de la trompette. Nous avons été laissés ici-bas pour être les témoins du Christ, et non les fossoyeurs du christianisme. Notre Seigneur nous appelle à remonter le courant du siècle, revêtus de la cuirasse de la Foi, portant bien haut le flambeau de l’Espérance et la bannière de l’Amour.

 

La Foi, l’Espérance et l’Amour, sont l’essence du christianisme, les trois vertus chrétiennes par excellence. Elles résument et forment les éléments essentiels de la vie du croyant. Elles sont la devise et les dispositions du vrai disciple de Jésus-Christ, dont la religion n’est pas seulement le christianisme, mais dont Christ est la vie.

 

Ainsi, c’est à ces trois indices sûrs que l’on reconnaît, au sein de la profession chrétienne et des multiples divisions qui déchirent l’Église, ceux qui sont sur le chemin du salut, ceux qui invoquent le Nom du Seigneur d’un coeur pur avec lesquels nous sommes appelés à marcher,. {#2Ti 2:22}

 

Ils sont manifestés:

 

I Par leur Amour pour Dieu, qui ne peut s’exprimer dans le monde visible que par une obéissance joyeuse à Ses commandements et par une charité active pour leur prochain, l’homme, ami ou ennemi.

 

II Par une Espérance vivante, qui illumine leur vie au sein même de la tribulation, étant une source intérieure de joie et de paix intarissable et indépendante des circonstances dans lesquelles ils se trouvent.

 

III Par une Foi opérante, basée sur une confiance totale dans les promesses divines, et qui produit des oeuvres à la gloire de Dieu.

 

C’est toujours à ce triple caractère que l’apôtre Paul reconnaît dans ses épîtres les vrais enfants de Dieu. {Voir #Eph 1:15-18,col 1:3-5,1Th 1:3 Tit 1:2-13,heb 6:10-12}

 

Qu’en est-il de chacun de nous? Arrêtons-nous un instant! Il en vaut la peine. Laissons-nous sonder par la lumière de Dieu qui nous connaît et adressons-Lui cette prière du fond de nos coeurs: "Sonde-moi ô Dieu! Et connais mon coeur; éprouve-moi, et connais mes pensées. Et regarde s’il y a en moi quelque voie de chagrin, et conduis-moi dans la voie éternelle,." {#Ps 139:23-24}

 

La plus grande de ces choses, celle qui doit donc nous caractériser avant tout, celle sans laquelle nous ne sommes rien, c’est l’Amour, non seulement parce qu’il subsistera dans le ciel lorsque la Foi sera changée en vue et l’Espérance en réalité, mais encore parce que l’Amour est l’âme, la vie même de la Foi et de l’Espérance.

 

Que la lecture des lignes qui suivent atteigne les coeurs. Que le Saint-Esprit réveille les tièdes et donne la vie aux morts. Qu’une armée de jeunes croyants se lève pour combattre pour la seule Cause juste et véritable. Alors, du sein même de leur orgueil ou de leur désespoir, les hommes pourront voir que le christianisme n’est pas un idéal périmé, une religion usée et dépassée, le vernis superficiel des lâches et des hypocrites, mais une vie puissante qui s’accomplit dans la faiblesse humaine, faisant des croyants la lumière du monde et le sel de la terre,. {#Mt 5:13-14}

 

"Et toi fils d’homme, je t’ai établi sentinelle..., et tu entendras la Parole de ma bouche, et tu les avertiras de ma part." {#Eze 33:7}

 

Leysin, mars 1944.

 


Chapitre premier

 

OPINIONS OU CONVICTIONS

 

Dans nos pays où le christianisme est devenu la religion officielle, il suffit de naître dans une famille catholique ou protestante pour être baptisé et porter d’office le nom de chrétien. Aussi, pour beaucoup, ce nom porté par tout le monde a perdu sa réelle signification.

 

Il n’en était pas ainsi dans les débuts de l’ère chrétienne. Seuls ceux qui s’étaient convertis au Seigneur après avoir entendu et cru l’Évangile, étaient baptisés et introduits dans l’Église. {#Ac 2:41,47} Le nom de chrétien fut donné pour la première fois à Antioche aux disciples du Christ,. {#Ac 11:26} Ceux-ci sortis du judaïsme, d’autres, plus tard, ayant rompu avec le paganisme et ses coutumes par une conversion véritable, manifestaient aux yeux du monde un changement total de vie. Le christianisme à son origine, n’était pas une simple étiquette extérieure, l’insigne d’une société particulière, ou seulement l’observance de nouveaux rites, la pratique d’un nouveau culte, mais une vie nouvelle.

 

Aujourd’hui, par un éloignement progressif de la vérité évangélique, on en est venu à s’attribuer le nom de chrétien sans posséder nécessairement la vie de Dieu qui est dans Son Fils. {#1Jn 5:11} Ainsi, l’homme dont la conduite offre parfois un saisissant contraste avec les enseignements de Jésus porte le nom de chrétien comme le fidèle régénéré. Cette funeste inconséquence crée une grande confusion et fausse le principe de la vraie appartenance à l’Église.

 

Perdant de plus en plus la notion biblique du christianisme, par la force des choses, par tradition, par éducation "on est devenu chrétien" comme les enfants de parents bouddhistes ou musulmans sont bouddhistes ou mahométans. Or si le bouddhisme ou le mahométisme peuvent être un privilège de naissance, il n’en est pas ainsi du christianisme. On ne naît pas chrétien, on le devient par une nouvelle Naissance. {#Jn 3:3} Quelle que soit la piété du milieu où nous voyons le jour, nous naissons pécheurs dans ce monde. Notre grand privilège sur les païens est que nous avons la possibilité d’entendre l’Évangile dès notre enfance. Cet avantage immense, ne l’oublions pas, augmente aussi terriblement notre responsabilité,

 

À l’heure actuelle, il est nécessaire que nous comprenions à nouveau le sens profond et le Caractère du christianisme. Ne nous contentons pas de notions vagues, car l’heure est venue de montrer la couleur de notre drapeau. Nous arrivons à des temps de décisions où l’indifférence et la neutralité spirituelles ne pourront plus subsister. L’heure du "pour" et du "contre" va sonner au cadran de l’histoire. {#Ap 3:16 22:11}

 

Jusqu’à présent, dans notre pays, les chrétiens n’ont guère été mis à l’épreuve, mais il n’en sera peut-être pas toujours ainsi. Notre christianisme est-il prêt à subir le feu du creuset?

 

Tandis qu’une opinion est un sentiment particulier que l’on se forme d’une chose en la considérant par soi-même, une conviction est la certitude que l’on a de la vérité d’un fait, d’un principe. Croyance probable, assertion qui n’est pas sûre, l’opinion a sa place dans les choses sur lesquelles chacun peut penser comme il lui plaît. Par contre dans le domaine religieux, qui est celui de nos relations avec Dieu, des convictions sont nécessaires, car étant des créatures dépendantes, nous ne sommes pas libres de penser en dehors de la Révélation divine.

 

Beaucoup trop de personnes, croyons-nous, se Sont contentées jusqu’ici de partager les opinions courantes. Les enfants de chrétiens eux-mêmes n’ont pas échappé à ce danger. Ils se sont bornés à partager d’une façon vague et extérieure les convictions de leurs parents. Ils ont été baptisés, ont reçu une éducation religieuse, sont peut-être même devenus membre d’une église ou d’une assemblée. Cependant, il est symptomatique de rencontrer parmi eux un manque de certitude, qui se traduit dans toute leur manière de vivre et d’agir dans ce monde. D’aucuns professent encore des opinions religieuses, mais ne confessent plus leur foi.

 

La foi de plusieurs est tellement diluée, inconsistante, qu’au moment du danger elle glisse entre leurs mains infidèles. Si des opinions semblent suffire dans la vie en un temps facile, elles provoquent un désastre dans les mauvais jours et les heures de grandes tentations. La vie basée sur des opinions bonnes ou mauvaises est un édifice construit sur le sable. Il tiendra debout un temps, mais, quand viendront l’épreuve, les vents contraires, les torrents des passions, cette maison s’écroulera parce qu’elle n’est pas fondée sur le Roc, Ce Roc est Jésus-Christ, la Parole Vivante, et la Bible, la Parole écrite dont les enseignements demeurent éternellement quand la figure de ce monde passe. {#1Co 7:31}

 

Mais peut-on être sûr de quelque chose, avoir des convictions à une heure où tout est instable, où tout chancelle, où demain vient donner un démenti aux espérances d’hier et d’aujourd’hui, où beaucoup d’affirmations semblent être contredites par des faits souvent tragiques?

 

N’est-il pas plus sage de ne pas se prononcer et d’attendre "l’Ordre nouveau" qui va sortir de cette horrible guerre? Ne devons-nous pas rester neutres, ou tout au moins n’est-il pas plus prudent de miser sur deux tableaux? Ne faut-il pas plutôt attendre, afin de ne pas nous compromettre?

 

Oui, si nous ne possédons comme source de convictions que des idées humaines, hypothétiques et fragmentaires, susceptibles de changement, de variation. Nous serions alors dans le juste en recherchant et en faisant nôtre l’opinion qui paraît actuellement la bonne, tout en nous réservant la possibilité de l’abandonner, si des faits nouveaux viennent l’infirmer et qu’une opinion meilleure nous soit présentée. Et qu’alors périssent les doctrines sectaires, fanatiques, réputées immuables! Soyons souples. Vivons au jour le jour du temps qui passe!

 

Non! Si nous possédons une Révélation divine, si la source de nos convictions est la Parole de Dieu et le témoignage du Saint-Esprit. Or nous avons une Révélation divine! Jésus a sans cesse rendu témoignage aux Saintes Écritures. Ne disait-Il pas: "Jusqu’à ce que le ciel et la terre passent, un seul iota ou un seul trait de lettre ne passera point de la loi, que tout ne soit accompli." {#Mt 5:18}

 

La question est trop capitale, le sujet trop brûlant, les autorités trop importantes, pour que nous restions indifférents. Nous ne pouvons nier sans examen la Révélation divine. Il faudrait pour cela être insensé ou de mauvaise foi. Si nous doutons, enquerrons-nous, soyons sincères dans la recherche de la vérité, et sans préjugé, assurons-nous si Dieu a parlé ou non, si la Bible est un livre comme tous les autres, ou supérieur aux autres seulement, ou si ce Livre est réellement la Parole inspirée par Dieu. Lisons la Bible, et nous nous rendrons compte si oui ou non c’est "un livre qui renferme l’ensemble de toutes les pensées de Dieu et de toutes Ses voies relativement à l’homme, ainsi que Son propos arrêté à l’égard du Christ et de l’homme en Lui,—un livre qui fait connaître en même temps ce que Dieu est, quelle est la responsabilité de l’homme envers Lui, ce qu’Il a fait pour l’homme, et les nouvelles relations avec Dieu dans lesquelles celui-ci entre par Christ,—un livre qui révèle ce que Dieu est moralement dans Sa nature, et les économies au cours desquelles Il se glorifie devant les cieux et leurs habitants,—un livre qui dévoile les secrets du coeur humain et met à nu son état, et qui, en même temps, place à découvert devant Lui les choses invisibles,—un livre qui commence au point où le passé touche à l’éternité, et qui nous conduit, par le développement et la solution de toutes les questions morales, au but où l’avenir se perd dans l’éternité selon Dieu,—un livre enfin qui sonde les questions morales dans la parfaite lumière de Dieu pleinement révélé, et nous fait connaître les fondements de nouvelles relations avec Lui selon ce qu’Il est en Lui-même et selon ce qu’Il est en amour infini"...? (J.N. Darby, Introduction à la Bible)

 

Convaincus alors, nous serons appelés à prendre position, car on ne peut rester neutre si Dieu a parlé, si Dieu s’est révélé en Jésus-Christ. Et c’est au Christ que toutes les Écritures rendent témoignage {#Jn 5:39}

 

En vertu de l’autorité de Dieu, des convictions profondes seront alors notre part. Nous ne serons plus ballottés et emportés çà et là par tout vent de doctrine. {#Eph 4:14} Le temps et les circonstances changeront et nous atteindront aussi, {#Ec 9:11} mais n’altéreront en rien nos convictions. Nous serons sur le Rocher au sein de la tempête et non plus dans l’esquif jouet des flots, dans la barque qui fait eau des hypothèses et des concepts humains.

 

Avertis par la Parole de Dieu, nous conserverons notre calme au sein des détresses actuelles. Les événements n’ébranleront plus notre foi, mais au contraire; la confirmeront en rendant témoignage à ce que la Bible nous enseigne sur l’avenir d’un monde qui croit pouvoir vivre sans Dieu, ou tout au moins sans le Sauveur que Dieu lui a donné.

 

Les atrocités et les souffrances présentes ne seront plus attribuées à Dieu, mais considérées comme les inévitables conséquences de l’attitude de l’homme, qui croit pouvoir régner seul ou se conduire selon ses propres pensées ou encore se sauver par son travail, ses oeuvres, ses mérites et sa religion.

 

Sauvés par grâce, nous vivrons du pardon du Dieu Saint et Juste, annonçant la Parole de vie aux perdus.

 

La justice de Dieu ne sera plus pour nous une question, ni une énigme, ni un problème, ni un sujet de discussion. Elle sera un fait, le plus profond, le plus intime, le plus sûr de notre vie. La guerre même ne nous fera plus nous poser cette question absurde: "Si Dieu était juste, est-ce qu’Il permettrait tout ce qui est en train de se passer dans le monde?"

 

Une question absurde? Oui, vraiment absurde si l’on entend ici par Dieu le Dieu vivant. Car jamais le Dieu vivant ne se révèle à notre conscience autrement que comme un Dieu juste. Vraiment absurde, car si nous Le voyons tel qu’Il est, si nous L’entendons nous demander de Le reconnaître et de l’accepter tel qu’Il est, quel sens cela peut-il avoir de lui poser la question: "Es-tu juste?" Mais une question pleine de sens, très juste et très importante si nous la posons à ce dieu pour qui nous avons, dans notre orgueil et notre désespoir, élevé nos tours de Babel, à ce grand arrière-plan, personnel ou impersonnel, mystique, philosophique ou naïf, à ce grand patron protecteur de nos justices humaines, de notre morale, de notre État, de notre culture, de notre religion. Oui, si c’est ce dieu que nous entendons, nous avons tout à fait raison de poser la question: "Dieu est-Il juste? Et la réponse est vite trouvée." (Karl Barth Parole de Dieu, parole humaine p.23)

 

La chrétienté est tombée dans l’idolâtrie. Infidèle, foulant aux pieds le premier commandement du décalogue, {#De 5:7} elle a sacrifié à des dieux sans nombre. {#De 32:17} On s’appelle "chrétien," disciple du Christ, et une foule d’idoles règnent sur nos coeurs à la place du Seigneur. Chez les uns, c’est une Idée, une philosophie, l’Art, la Musique, la Beauté, l’Amour; chez les autres, l’Argent, un être, une passion! L’idolâtrie! Voilà bien dans tous les temps la source de toutes les misères des hommes. Au cours des siècles, les mêmes causes produisent les mêmes effets.

 

Seulement aujourd’hui encore il y a un remède. Les compassions de Dieu ne sont pas épuisées. Son appel retentit encore comme aux jours de Jérémie le prophète! Dieu s’adresse à tous individuellement:

 

"Reviens, nation rebelle! dit l’Éternel; je ne ferai pas peser sur vous un visage irrité, car je suis bon, dit l’Éternel; je ne garderai pas ma colère à toujours, Seulement reconnais ton iniquité... Si tu reviens,... dit l’Éternel, reviens à moi; et si tu ôtes tes abominations de devant moi, tu ne seras plus errant, et tu jugeras en vérité, en jugement et en justice: L’Éternel est vivant! Et les nations se béniront en Lui, et en Lui elles se glorifieront.—Car ainsi dit l’Éternel aux hommes de Juda et de Jérusalem: Défrichez pour vous un terrain neuf, et ne semez pas au milieu des épines!" {#Jer 3:12 4:1-3}

 

Comme Israël, pour avoir abandonné l’Objet immuable de la foi, la chrétienté est meurtrie et divisée aujourd’hui. Elle n’a pas su garder le bon dépôt. {#2Ti 1:14} Elle s’est laissé distraire par des idéologies étrangères; elle n’a plus confessé hautement la foi et est devenue la proie d’une philosophie sans durée. Par elle, plusieurs ont laissé leur foi se dissoudre dans toutes sortes de doctrines, qu’elles s’appellent rationalisme, libéralisme, modernisme, étatisme. D’autres ont remplacé "la foi opérante par l’amour" par des dogmes et des formes sans vie.

 

Il est temps que nous retrouvions les caractères de la vraie foi. Pour cela, défrichons pour nous un terrain neuf, et ne semons pas au milieu des épines! Délaissons nos idées, nos idoles; rejetons tout ce qui règne sur nous et revenons à Jésus-Christ, seul Seigneur de nos pensées, de nos coeurs, de nos vies. Débarrassons la foi de tous les vêtements ecclésiastiques, idéologiques et philosophiques dont nous l’avons affublée, et recouvrons la foi pure et simple des évangiles, la foi qui a pour Objet le Dieu de la Bible manifesté en Jésus-Christ. Alors seulement, dans la confession d’une foi vivante et pure, les croyants de l’Église, disséminés dans les églises, connaîtront un renouveau de vie, et reprendront conscience de leur unité merveilleuse qu’ils n’ont pas su garder ni manifester au monde.

 

"Seigneur, auprès de qui nous en irions nous? Tu as les paroles de la vie éternelle. Et nous, nous croyons et nous savons que Toi, tu es le Saint de Dieu!" {#Jn 6:68-69}

 


Chapitre II

 

LA FOI—QU’EST-CE QUE LA FOI? DÉFINITION

 

Dans son sens général, la foi est la croyance qui repose sur le témoignage. Avoir foi en quelque chose, c’est adhérer, sur le témoignage d’autrui, à une vérité ou à un fait que nous ne pouvons vérifier nous-mêmes. Il suit donc de là que la foi est divine ou humaine selon que le témoignage vient de Dieu ou des hommes. {#1Jn 5:9-10 Jn 3:33}

 

Le mot "foi" se rencontre fréquemment dans la Bible, surtout dans le Nouveau Testament, et y est employé dans différentes acceptions. Il peut désigner:

 

a) L’ensemble des vérités révélées par Dieu. {#Jude 3,20 2Ti 4:8 Ap 2:13} C’est dans ce sens qu’on dit des païens ou des Juifs qu’ils se sont rattachés à la foi chrétienne. Quand l’apôtre parle du "mystère de la foi" que nous sommes appelés à garder, {#1Ti 3:9} il entend l’ensemble des vérités qui constituent le christianisme et qui ont été mises en lumière par la mort et la résurrection de Christ;

 

b) Le degré selon lequel l’âme est entrée dans la connaissance du Seigneur et de Sa Parole. {#Ro 12:3} Dans ce passage, la foi nous donne la mesure exacte de ce que nous sommes et de ce qui nous est demandé. Considérée sous cet aspect, notre foi peut être "petite" ou "grande;" {#Mt 6:30 8:10} on peut en posséder "peu" ou en être "rempli." {#Mt 8:26 Jas 2:5 Ac 6:5-8} Dans ce sens, la foi est susceptible d’accroissement, {#2Co 10:15 2Th 1:3} et comme les disciples nous pouvons tous dire: "Seigneur augmente-nous la foi." {#Lu 17:5} Que la foi soit petite ou grande, l’essentiel est de s’en servir, et alors des prodiges s’accomplissent. {#Mt 21:21} Il suffirait d’avoir de la foi comme un grain de moutarde pour transporter des montagnes et ne connaître aucune impossibilité. {#Mt 17:20} Si nous désirons avoir plus de foi, il faut mettre en oeuvre celle que nous avons déjà; {#Mt 25:29}

 

c) Dans la première épître aux Corinthiens, {#1Co 12:9} où la foi est envisagée comme don spirituel, l’apôtre n’en parle pas dans le sens de la foi qui sauve, car cette dernière est offerte à tous les hommes, {#1Ti 2:4} et tous les membres du corps de Christ la possèdent. Mais il est question d’un don spécial qui permet au croyant d’exercer un ministère particulier, comme celui de Georges Muller, Hudson Taylor, etc.;

 

d) Enfin, dans son acception la plus stricte et dans sa signification subjective, la foi est une intuition de l’âme par laquelle nous percevons des vérités qui sont en dehors du monde des sens et de la sphère du raisonnement. C’est une vertu surnaturelle, par laquelle, sous l’inspiration et par la grâce divine offerte à tous les hommes, {#Tit 2:11} nous tenons pour vrai ce que Dieu a révélé. {#Jn 3:33-34}

 

La foi est l’attitude de l’homme en face d’une déclaration de Dieu: Il se soumet, il croit ce que Dieu dit, non parce que sa raison humaine est satisfaite, mais en vertu de l’autorité de Dieu même qui révèle Ses pensées et qui ne peut ni se tromper, ni nous tromper. {#Heb 6:17-18 Tit 1:2} Il reçoit ainsi ce que Dieu donne {#Jn 3:16} et se livre à Lui sans réserve.

 

L’incrédulité est l’attitude contraire. Elle consiste à abandonner le Dieu vivant et à refuser ses dons.

 

La foi, c’est croire. Croire Dieu, c’est avoir une confiance absolue et inébranlable dans la vérité du témoignage de Dieu, même si ce témoignage n’est appuyé par aucune autre preuve. C’est avoir une confiance et une assurance totales dans l’accomplissement des promesses divines, même si tout semble les contredire. Croire, c’est prendre Dieu au mot.

 

La foi n’est donc pas la crédulité, ni une croyance sans évidence, car si elle ne repose ni sur la vue, ni sur la logique, elle a sa racine dans la confiance au Dieu vivant. Sa preuve pleinement suffisante est la Parole de "Celui qui ne peut mentir." {#Tit 1:2 Heb 6:17-18} Exiger une autre preuve que celle-là n’est pas du rationalisme, mais de "l’irrationnel." Si nous recevons le témoignage des hommes, le témoignage de Dieu est plus grand! {#1Jn 5:9-11}

 

La foi est l’unique moyen de salut pour l’homme, {#Eph 2:8-9} car elle seule s’approprie la justice de Dieu. {#Ro 1:16-17}

 

C’est par la foi que nous comprenons que les mondes ont été formés par la Parole de Dieu, de sorte que ce qui se voit n’a pas été fait de choses qui paraissent. {#Heb 11:3} Il faut croire pour comprendre. "La foi est l’échelon qui conduit à la science" (saint Augustin).

 

Sans la foi "il est impossible de plaire à Dieu," {#Heb 11:6} et c’est dans la foi et non ailleurs que se rencontrent le Dieu qui parle, qui commande, qui donne, et l’homme qui écoute, obéit et accepte.

 

La foi devient la sphère nouvelle dans laquelle le chrétien vit, {#Ga 2:20 Ro 1:17} aime {#Tit 3:15} et meurt. {#Heb 11:13}

 

Comme nous l’avons vu, le mot foi dans les Écritures a différentes acceptions. Cependant, il n’y a qu’une seule et même foi pour les chrétiens, que nous l’envisagions dans son Objet ou dans sa nature intime. {#Eph 4:5} Cette foi doit produire en tous les mêmes sentiments et la même vie chrétienne. {#Php 2:1-2} Elle unit les hommes autrefois ennemis de Dieu, {#Col 1:21} haïssables, se haïssant l’un l’autre, {#Tit 3:3} en une seule famille, la maison de Dieu, {#Eph 2:19} que Paul appelle aussi "la maison de la foi." {#Ga 6:10}

 

Malgré toutes les divisions qui déchirent la chrétienté, l’unité de la foi est un fait. Dans leurs milieux divers, tous les vrais croyants possèdent la même foi dans les grandes vérités du salut. Cependant, nous sommes tous exhortés à marcher vers une unité plus parfaite dans les choses où nous différons encore. {#Eph 4:13} Ce but ne sera pas atteint par des concessions réciproques. L’unité qui en résulterait serait factice et risquerait de se faire au détriment de la vérité. Une unité dans l’équivoque ne serait que confusion. L’unité selon Dieu ne peut être atteinte que par un amour plus vivant pour Jésus et une connaissance plus parfaite du Fils de Dieu qui est l’unique objet de la foi. "Ce qui constitue nos différences dans la foi, ce n’est pas la nature de cette dernière, mais bien son objet connu à des degrés fort divers. Les progrès dans cette connaissance et dans l’influence sanctifiante qu’elle exerce sur les vrais chrétiens les unissent toujours plus intimement à Christ, dont ils sont les membres, et par là, ils s’avancent vers"la mesure de la stature de Christ,"étant de plus en plus transformés à sa ressemblance, Christ lui-même grandissant en eux." {#Eph 4:15}

 

Si les chrétiens abandonnaient leurs systèmes et leurs vues particulières, pour se soumettre à l’autorité du Seigneur, leurs coeurs n’étant plus occupés que de Sa personne et de Ses désirs, {#Ps 38:9 Esa 26:8} l’unité après laquelle tant de croyants soupirent se réaliserait. La vérité sépare du mal et du monde, mais ne divise pas les enfants de la même famille. La division est l’oeuvre de la chair. {#Ga 5:20} La vérité nous conduit à nous juger nous-mêmes et à prier pour les égarés. Ne sommes-nous pas coupables de prendre parti de nos divisions au nom de la vérité, et de les accentuer par notre orgueil et notre manque de charité?

 

Écoutons plutôt la prière que Jésus adressait à Son Père en pensant à nous qui avons cru par la parole des apôtres: "Or je ne fais pas seulement des demandes pour ceux-ci, mais aussi pour ceux qui croiront en moi par leur parole; afin que tous soient un, comme Toi, Père, tu es en moi, et moi en Toi; afin que le monde croie que Toi tu m’as envoyé. Et la gloire que tu m’as donnée, moi, je la leur ai donnée, afin qu’ils soient un, comme nous, nous sommes un; moi en eux, et Toi en moi; afin qu’ils soient consommés en un, et que le monde connaisse que Toi tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé,." {#Jn 17:20-23}

 

C’est dans cette prière que nous trouvons la pensée du Seigneur sur l’unité des croyants.

 

Connaissant cette pensée et possédant en Christ les ressources nécessaires, nous sommes responsables devant Dieu et le monde de manifester l’unité de notre foi.

 

"Nous tous donc qui sommes parfaits, ayons ce sentiment; et si en quelque chose vous avez un autre sentiment, cela aussi Dieu vous le révélera; cependant, dans les choses auxquelles nous sommes parvenus, marchons dans le même sentier." {#Php 3:15-16}

 


CHAPITRE III

 

LA NATURE DE LA FOI

 

La foi ne se transmet pas avec le sang. Nous ne l’héritons pas de nos parents; elle ne sort pas de notre coeur charnel. L’homme ne saurait l’inspirer à l’homme.

 

Elle est produite dans les âmes, non par des raisonnements subtils, ou des paroles persuasives de sagesse humaine, mais par une démonstration de l’Esprit, par la puissance de Dieu, {#1Co 2:5 Jn 6:44} ou par une illumination divine, {#2Co 4:6} qui accompagne la prédication de l’Évangile {#Ro 10:14-17 1Co 1:21} et d’où naît une conviction énergique et profonde. {#1Th 1:5 Heb 10:22} C’est la faculté qui perçoit l’invisible et qui saisit les réalités spirituelles. {#Heb 11:1}

 

Ainsi les enfants de croyants, tout en jouissant de grands privilèges, {#1Co 7:14} ne sont pas chrétiens dès leur naissance en vertu de la foi des parents. {#Jn 1:13} Ils sont par nature des enfants de colère, comme aussi les autres. {#Eph 2:3} L’éducation chrétienne qu’ils reçoivent, les connaissances bibliques qu’ils acquièrent, tout cela n’est pas encore la foi, mais doit les conduire à la foi, c’est-à-dire à cet acte personnel par lequel l’homme reconnaît la réalité de Dieu qui se révèle et qui s’adresse à lui dans Ses divers témoignages: La Création, les Écritures et Christ. La foi est donc une décision, la réponse précise à l’appel de Dieu. Elle est l’attitude d’un coeur qui se soumet aux déclarations de Dieu, confessant sa misère, et la pure grâce de Dieu en qui il croit. La foi en son essence subjective et morale n’est autre chose que l’obéissance, {#Ro 1:5} comme l’incrédulité n’est que la révolte de la créature envers le créateur. {#Jn 3:36}

 

Toutefois, la valeur et la force de la foi ne se trouvent pas dans les impressions ou l’élan de volonté qui accompagne notre décision, mais en Dieu qui est le principe, l’Objet et le motif de la foi.

 

La foi est donc d’ordre surnaturel:

 

I Par son origine: Elle est un fruit de la grâce divine, qui est apparue à tous les hommes. {#Tit 2:11} Elle est l’unique moyen donné par Dieu pour nous approprier Son merveilleux Salut. C’est une plante qui plonge ses racines en Dieu et qui fleurit dans notre coeur;

 

II Par son Objet: Christ, en qui se trouvent réunies toutes les vérités révélées; {#Eph 4:21}

 

III Par son motif: L’autorité de Dieu. "De Lui, et par Lui, et pour Lui, sont toutes choses! À Lui soit la gloire éternellement! Amen." {#Ro 11:36}

 


CHAPITRE IV

 

L’OBJET DE LA FOI

 

L’Objet de la foi n’est pas l’existence de Dieu proprement dite, que les insensés sont seuls à nier, {#Ps 14:1 53:1} mais la réalité de Dieu dans Ses témoignages, la fidélité de Ses promesses, la certitude de Sa Parole. Il est évident qu’on ne peut croire une personne que si on est certain auparavant que cette personne existe.

 

Au moyen âge spécialement, plusieurs théologiens et en particulier saint Thomas d’Aquin, ont cru pouvoir établir diverses preuves de Dieu. Ils avaient oublié, semble-t-il, que le chrétien et l’Église n’ont pas à démontrer la vérité, mais à la confesser.

 

Les savantes démonstrations thomistes ou autres qui concluent à l’existence d’un Dieu saint et bon, sage et tout-puissant ne sauraient amener l’intelligence naturelle à une conviction ferme au sujet de Dieu; car en regardant autour de nous, nous demandons: Où est la sainteté de Dieu? Nous voyons l’impiété et l’hypocrisie tolérées. Et Son amour? Il y a tant de misères! Et Sa sagesse? Le désordre envahit Son oeuvre! Et la Toute-puissance de Dieu? Il ne semble pas faire respecter Ses lois.

 

Ceci explique qu’il ne suffit pas de montrer que Dieu est, ce qu’Il est, pour satisfaire notre entendement obscurci et rebelle. L’homme ne peut pas parvenir à la connaissance de Dieu par le travail de sa raison. L’homme connaît Dieu et est assuré de son existence par une expérience vivante. La certitude de Son existence ne repose pas sur un échafaudage philosophique, mais sur le fait que Dieu s’est approché de nous, est venu à nous et nous a saisis. L’homme ne s’élève pas à Dieu, mais Dieu dans Sa grâce est venu vers nous. {#Jn 3:13 1:14} Le croyant est assuré de l’existence de Dieu, parce qu’Il en a éprouvé la réalité dans sa vie, et non parce qu’il peut en donner des preuves scientifiques. Ces preuves existent pour lui, mais il évite les discours vains et profanes, et les disputes de la fausse science dont quelques-uns font profession. {#1Ti 6:20-21}

 

Le croyant témoigne de l’existence de Dieu dans ce monde, et son témoignage vivant a plus de force et de poids que toutes les preuves raisonnées.

 

Si tu peux être assuré que Dieu existe, toi qui te heurtes à des difficultés intellectuelles dans la recherche de la vérité, ne te dérobe pas plus longtemps à la main de Dieu, qui te cherche et qui veut te saisir,. {#Esa 50:2} Abandonne tes vaines et stériles recherches dont la poussière t’obscurcit la vue, désire rencontrer Dieu, et soudain tu verras Dieu devant toi, et en Lui tu te découvriras toi-même.

 

Alors seulement, saisi et subjugué par Dieu, dans cette création qui soupire, {#Ro 8:22} dans la nature qui t’offrait tant de choses contradictoires, tu discerneras avec force la puissance éternelle et la divinité du Créateur. {#Ro 1:20} Le muet langage de l’étendue des cieux parviendra à ton coeur. {#Ps 19:1-3} La voix de ta conscience sortant d’un long sommeil te rappellera ton origine en te montrant tes erreurs. {#Ps 19:12}

 

L’existence de Dieu n’est donc pas un objet de recherche, un sentiment vague, une idée obscure, mais un fait indépendant de nos circonstances bonnes ou mauvaises. Les événements fâcheux qui atteignent ce monde, les épreuves pénibles rencontrées sur notre route, nos souffrances actuelles ne sauraient la mettre en doute, pas plus que l’insuffisance des preuves scientifiquement développées. Les paroles de l’Écriture accusent les païens, non pas d’avoir négligé les études pour parvenir à la connaissance de Dieu, mais d’avoir méconnu la vérité divine qui se découvre manifestement à tous dans la création. {#Ro 1:18} La négation de Dieu est donc une offense à la nature et une offense à la raison.

 

À vrai dire les libre penseurs, les positivistes, les matérialistes, les rationalistes renient la foi, non parce qu’ils ne peuvent pas croire, mais parce qu’ils ne veulent pas croire. L’orgueil des uns ne peut tolérer la suprématie d’un Être divin, auquel ils auraient à rendre compte de leur conduite. Le désespoir, le dépit, la révolte des autres qui ont vu les plans chéris de leurs coeurs bouleversés les conduisent à rejeter l’idée d’un Dieu juste et puissant. Si cet Être existait, n’aurait-Il pas dû, en bon et puissant esclave, réaliser tous leurs projets? D’autres encore, voulant assouvir les inclinations mauvaises de leurs coeurs, excluent la pensée gênante d’un Dieu saint. Ces derniers malheureux ne sont cependant pas très dangereux pour la foi chrétienne. Les grands ennemis de la foi sont bien plutôt ceux qui font de leur esprit leur dieu, de leur raison leur unique sagesse. Tout en s’appelant peut-être comme Nietzsche: "Nous autres immoralistes," "Nous autres sans patrie," ils ne sont pas nécessairement de grands jouisseurs, ils ne vivent pas toujours dans les péchés grossiers. Peut-être sont-ils, comme Nietzsche et tant de grands révoltés, des chastes, des hommes dont la vie privée semble irréprochable. Ce sont "des purs" selon le monde, mais certainement pas "des purs" selon Dieu. {#Mt 5:8} Leurs pensées, leurs paroles, leurs écrits sont des blasphèmes. On ne leur connaît pas selon le monde de "grands péchés," mais pourtant ils vivent dans "le péché," car la pureté selon Dieu c’est "l’obéissance à la vérité." {#1Pi 1:22} S’ils renient et nient Dieu, si avec Renan ils s’écrient: "Notre Père le Néant," c’est pour mieux croire en eux-mêmes et s’adorer eux-mêmes. Ce péché-là, c’est l’arbre mauvais. Tous les autres péchés ne sont que les fruits de cet arbre maudit (Romains 5).

 

Cet orgueil de l’esprit humain qui, à l’instar de Satan, {#Esa 14:13} veut supplanter Dieu, engendre tous les péchés. Il est la cause de la guerre et de tous les maux. Le péché de certains intellectuels, s’en rendent-ils compte, encourage les péchés des classes ignorantes. Après avoir sapé au nom de la raison toutes bases religieuses, ou simplement après avoir jeté le doute sur les valeurs les plus sacrées, il ne faut pas s’étonner que tout chancelle, "On ne se moque pas de Dieu. Ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi,." {#Ga 6:7}

 

Vous qui êtes si édifiés par l’exemple d’athées et d’incrédules de votre connaissance, souvenez-vous que le péché, c’est s’opposer à la volonté de Dieu, c’est détrôner Dieu,

 

Ne nous laissons pas illusionner par de belles apparences ou entraîner par les divagations de notre esprit, mais souvenons-nous de notre Créateur pendant qu’il en est temps encore! {#Ec 12:1} Réconcilions-nous avec Lui, {#Job 22:21} avant que le Dieu vivant ne nous amène en jugement devant Lui. {#Ec 11:9}

 

Notre destination est de glorifier Dieu; si nous y manquons, nous nous rapprochons de la bête.

 

Si nous sommes troublés par le problème du mal, du péché, de la souffrance, des injustices; si nous estimons Dieu injuste ou impuissant, réalisons ce que nous sommes: Fils de la poussière, atome dans l’espace, éclair dans le temps, et nous constaterons combien nos doutes sont misérables.

 

Qui sommes-nous pour analyser Dieu, le peser dans notre balance, le soumettre à nos appréciations humaines et à nos critiques insensées? La chose formée, dira-t-elle à Celui qui l’a formée: "Pourquoi m’as-tu ainsi faite?" {#Ro 9:20} Si nous pouvions sonder tous les problèmes, nous ne serions plus créatures, mais Dieu Lui-même. Apprenons à Le connaître et à nous connaître, et nous constaterons que le péché et l’injustice sont en nous et non en Dieu. Le rejet de Christ, le Saint et le Juste, rejet qui se perpétue au travers des âges, n’est-il pas une preuve de l’injustice de l’homme et de son état de péché?

 

N’est-ce pas notre orgueil, notre vanité qui nous aveuglent? Acceptons les réponses de la foi et nous comprendrons! Ce sont nos dieux profanes ou religieux, que nous nous sommes choisis nous-mêmes, qui sont injustes et qui nous ont trompés. Ce sont eux qu’il nous faut rejeter pour revenir au vrai Dieu que nous avons méconnu et abandonné. La chrétienté est retournée au paganisme. Sous un vernis de christianisme, elle s’est créé une nouvelle mythologie. C’est là son péché et sa ruine.

 

En revenant à Dieu, en nous inclinant devant Lui, nous serons sauvés. Dans la reconnaissance de Sa souveraineté absolue et dans l’humble confession de notre dépendance, nous trouverons l’apaisement. Nous pourrons comprendre que "Ses pensées ne sont pas nos pensées." {#Esa 55:8} Nous pourrons admettre que le Dieu Créateur peut avoir des pensées et des vues qui nous dépassent et que nous ne saisissons pas.

 

Après ces considérations que nous jugions nécessaires pour la bonne compréhension de notre sujet, nous disons donc que l’Objet direct de la foi n’est pas l’existence de Dieu, mais Dieu Lui-même, tel qu’Il se révèle en Jésus-Christ, {#Jn 17:3} et dont l’Écriture sainte rend témoignage. {#Jn 5:39} L’Objet de la foi comprend donc toutes les vérités révélées par Dieu et qui se trouvent réunies en une seule personne, Jésus, {#Eph 4 21} le Saint et le Véritable. {#Ap 3:7} Christ est l’objet immuable de la foi, mais on ne peut et on ne doit pas séparer les vérités bibliques de Sa personne adorable.

 

Parce que nous ne connaissons encore qu’en partie, {#1Co 13:12} il peut exister des différences d’interprétation de détail. Par contre un homme qui dit avoir la foi et qui nie certaines vérités scripturaires, telles que la préexistence éternelle du Christ, Sa divinité, les miracles, la résurrection, ou qui spiritualise des vérités clairement établies, ne possède qu’une foi vaine, hypocrite et morte,. {#1Co 15:14 Mt 15:7-9 Jas 2:26} Ce n’est pas la foi, mais l’incrédulité qui se promène sous le manteau de la foi. {#Jas 2:14}

 

D’autre part, si la foi se détourne de son objet unique, qui renferme toute la Révélation, pour se porter sur des traditions humaines même les plus antiques et les plus dignes de respect, {#Col 2:23} ou sur des conceptions scientifiques même les plus plausibles, {#Col 2:8} elle perd par là-même son caractère essentiel, en cessant d’être exclusivement religieuse.

 

En terminant ce chapitre, je résumerai ce que nous devons croire selon les Écritures pour être sauvés:

 

Pour avoir la vie éternelle, nous devons croire du coeur que Jésus-Christ venu en chair est le Fils unique et éternel de Dieu,. {#Jn 3:16 1Jn 4:2} Cette foi n’est pas intellectuelle, elle n’est pas une opinion théologique, mais une assurance, une conviction qui nous conduit à des actes, nous amenant à nous confier en Lui et à soumettre toute notre vie à Son contrôle. {#Ga 2:20}

 

Nous devons croire à l’Évangile. {#Ro 1:16 1Co 15:1-4} Cet évangile, par lequel nous sommes sauvés, nous annonce que Christ est mort pour nos péchés selon les Écritures, qu’il a été enseveli, et qu’Il a été ressuscité le troisième jour selon les Écritures. {#1Co 15:1-4} Croire à l’Évangile implique la reconnaissance de Jésus comme Sauveur et Seigneur de tout notre être. {#1Co 6:19-20}

 

Pour être sauvés nous devons confesser de notre bouche Jésus comme Seigneur et croire dans notre coeur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts,. {#Ro 10:9} Cela comporte la foi en Sa divinité, car si à nos yeux Jésus est né selon la chair de la semence de David, Il a été déterminé Fils de Dieu en puissance, selon l’Esprit de Sainteté, par la résurrection d’entre les morts. {#Ro 1:4} La résurrection de Christ, démonstration de Sa divinité, devient le fondement de notre foi en Sa mort expiatoire. Notre foi en l’oeuvre rédemptrice de Christ trouve dans la résurrection du Seigneur le sceau de Dieu sur la vie de Jésus et sur Son sacrifice et Son approbation de cette vie et de ce sacrifice. {#Ro 4:25} Christ étant ressuscité, nous sommes conduits à croire à Son élévation dans la gloire, {#Eph 1:20} à Son intercession actuelle pour nous et à Sa puissance pour nous délivrer du péché. {#Heb 7:5}

 

Pour être sauvés, nous devons croire que Jésus peut et veut nous pardonner nos péchés. {#Lu 7:36-50} En croyant cela, nous reconnaissons et nous confessons que Jésus-Christ est Dieu, car un seul peut pardonner les péchés: Dieu. {#Mr 2:7}

 

"Crois au Seigneur Jésus, disait Paul au geôlier de Philippe, et tu seras sauvé." {#Ac 16:31} De cette affirmation et de cette circonstance, il ressort clairement que l’Objet de la foi c’est Christ, une personne, et non un certain nombre de vérités. Mais en croyant en cette personne et en étant ensuite enseigné dans Sa Parole, on recevra également toutes les vérités qui se rattachent à notre Sauveur, avec lequel elles formeront bientôt pour nous une seule réalité vivante.

 

La foi qui sauve est donc autre chose qu’une adhésion intellectuelle aux vérités révélées dans la Bible, et bien plus qu’une simple confiance dans la parole d’un homme. La confiance est cependant d’une importance extrême comme point de départ de la foi. Mais le Parole révélée, objet de cette confiance, ne doit servir qu’à nous amener à la vérité divine qu’Elle renferme, à nous introduire auprès de la personne vivante de qui l’Écriture émane. La foi est plus que l’appropriation de certaines promesses. Elle nous fait vivre en relations intimes avec Dieu Lui- même, connu comme Père, et avec Son Fils bien-aimé connu comme Sauveur, Ami et Maître de notre vie.

 

"Il n’y a de salut en aucun autre; car aussi il n’y a point d’autre nom sous le ciel, qui soit donné parmi les hommes, par lequel il nous faille être sauvés." {#Ac 4:12}

 


CHAPITRE V

 

LE MOTIF DE LA FOI

 

Le motif qui nous fait admettre une chose comme vraie, peut être triple:

 

A. Ou bien la chose est évidente: Tout le monde reconnaît par exemple que "la partie est plus petite que le tout".

 

B. Ou bien la chose peut être vérifiée par l’expérience ou démontrée par le raisonnement: Tel est le cas de toutes les lois physiques et des théorèmes de géométrie.

 

C. Enfin, nous pouvons connaître une chose par le témoignage d’autrui.

 

Il serait tout à fait ridicule et déraisonnable de n’admettre comme vrai que ce qui est évident et ce qui peut être constaté expérimentalement ou logiquement démontré. S’il en était ainsi, il faudrait supprimer l’histoire: Car comment établir l’existence de César, de Jeanne d’Arc, de Napoléon, etc.., par d’autres preuves que le témoignage?

 

Sans la foi, la vie humaine s’arrêterait, car la foi s’exerce dans un domaine immense, puisque chacun croit infiniment plus de choses qu’il n’en voit ou qu’il n’en a scientifiquement vérifiées.

 

Le motif de la foi, ce n’est ni l’évidence, ni la vérification possible des vérités qui nous sont enseignées, c’est le témoignage qui repose sur l’autorité de Dieu.

 

Tout acte de foi peut donc se formuler ainsi: "Je crois parce que Dieu l’a révélé et que Dieu est la vérité souveraine, incapable de se tromper et de nous tromper." L’acte de foi suppose par conséquent comme établi le fait même de la Révélation. Il est évident qu’on ne peut croire une personne que si on est certain auparavant que cette personne a parlé.

 

La raison de la foi repose donc sur la confiance en Dieu qui a parlé et sur la véracité de Son témoignage. Ce témoignage a été confirmé visiblement par la venue de Jésus-Christ sur la terre, né en Palestine sous le règne de l’empereur romain Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, et Hérode tétrarque de la Galilée. {#Lu 3:1}

 

Dieu n’a pas voulu rester le "Dieu inconnu" auquel les Grecs avaient élevé un autel, {#Ac 17:23} ni le Dieu qui se cache {#Esa 45:15} et que servaient les Israélites. Pour les uns et les autres, Il voulut devenir un Dieu proche et connu. Après s’être révélé aux pères par les prophètes, Il nous parla dans le Fils ou "en Fils,." {#Heb 1:2} Quittant la gloire et la lumière inaccessible, Il habita au milieu des hommes dans un corps de chair semblable aux nôtres, mais sans péché. {#Ro 8:3 Heb 4:15} Jésus-Christ, le Verbe divin, la Parole incarnée (Jean 1), l’Image du Dieu invisible, {#Col 1:15} le resplendissement de Sa gloire, l’empreinte de Sa substance, {#Heb 1:3} vint au milieu des hommes leur dévoiler la gloire du Dieu incorruptible. {#1Ti 1:17}

 

Oui, la gloire de Dieu: Justice, sainteté, puissance, lumière, vérité, amour et grâce, ce merveilleux ensemble des perfections divines fut manifesté en Jésus-Christ, qui marcha et parla sur la terre. Aussi, quiconque contemple encore aujourd’hui Jésus dans les évangiles, se trouve infailliblement devant cette alternative: Se décider pour ou contre Lui.

 

On ne peut avoir une attitude neutre devant Jésus-Christ, car Il n’est pas seulement un grand personnage historique, mais la Révélation de Dieu en chair, le Verbe par qui ont été créées et par qui subsistent toutes choses; {#Col 1:16-17} le Saint et le Juste renié et mis à mort par la main d’hommes iniques, lequel Dieu a ressuscité d’entre les morts, l’établissant juge des vivants et des morts. {#Ac 10:42} Tous les prophètes et les apôtres lui rendent témoignage que, par Son nom, quiconque que croit en Lui reçoit la rémission des péchés, et que de tout ce dont les hommes n’ont pu être justifiés par la Loi de Moïse, quiconque croit est justifié par Lui. {#Ac 10:43}

 

Le départ de Jésus-Christ de la scène de ce monde n’est pas une disparition, mais une courte absence aux yeux de Celui pour qui un jour est comme mille ans et mille ans comme un jour. {#2Pi 3:8} Sa résurrection n’est pas une légende inventée par de grossiers imposteurs. Elle est une certitude établie sur plusieurs preuves assurées, {#Ac 1:3 1Co 15:4} et attestée par de nombreux témoins plus dignes ou aussi dignes de foi qu’Hérodote, Josèphe ou Michelet, les grands historiens qui nous documentent sur l’histoire antique, l’histoire juive, et l’histoire de France.

 

Après avoir trouvé le tombeau vide, des yeux de chair semblables aux nôtres ont contemplé en Christ ressuscité les marques des clous du Crucifié. Le doigt de Thomas s’est posé dans les stigmates que les clous de la Croix ont laissés dans les mains du Christ ressuscité. Une main humaine a pénétré dans le côté percé par la lance romaine sur le mont Golgotha. {#Jn 20:24-29} Puis, après avoir été vu et entendu par Ses disciples durant quarante jours, {#Ac 1:3} leur ayant fait la promesse qu’Il reviendrait, Il fut élevé dans le ciel, d’où Il était venu, et s’assit à la droite de Dieu,. {#Ac 1:9 Heb 10:12 Php 2:9-11}

 

Selon le témoignage des apôtres, Jésus-Christ mort pour nos fautes au Calvaire, ressuscité pour notre justification, {#Ro 4:25} est donc actuellement vivant dans le ciel, comme Il est présent sur la terre par Son Esprit dans le coeur de tous ceux qui croient.

 

Du mont des Oliviers, les apôtres purent suivre du regard l’ascension de leur Maître bien-aimé, qu’une nuée reçut et emporta de devant leurs yeux,. {#Ac 1:9} Etienne, Paul et Jean ont vu le ciel ouvert et y ont contemplé et entendu des choses ineffables que l’homme ne peut dépeindre et ne saurait exprimer. Dès lors, ils furent les témoins vivants et bouillants de leur Maître, invisible aux yeux du monde, mais présent dans leur coeur par le Saint-Esprit. Ils savaient où était leur Seigneur. Le Saint-Esprit descendu sur eux le jour de la Pentecôte avait été l’accomplissement de la promesse de Jésus: "Il vous est avantageux que Moi je m’en aille; car si je ne m’en vais, le Consolateur ne viendra pas à vous; mais si je m’en vais je vous l’enverrai. Quand celui-là, l’Esprit de vérité sera venu, il vous conduira dans toute la vérité,."