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ENTIERE CONSECRATION (Murray A.)



ENTIERE CONSECRATION

 

I SOYEZ REMPLIS DE L’ESPRIT

 

    Ces paroles sont bien connues, vous les trouvez dans #Ac 2:4: «Ils furent tous remplis du Saint-Esprit», et dans #Eph 5:18 «Soyez remplis de l’Esprit.» Le premier texte nous raconte ce qui est arrivé. L’autre texte est un ordre; il nous dit ce que nous devrions être. Au cas où il y aurait quelque doute dans nos esprits au sujet de l’actualité de cet ordre, nous le trouvons lié à un autre ordre: «Ne vous enivrez pas de vin, c’est de la débauche, Soyez, au contraire, remplis de l’Esprit.»

 

    Si je vous demandais: «Essayez-vous d’obéir à cet ordre: Ne vous enivrez pas de vin?», vous me répondriez aussitôt: «Naturellement, j’obéis à cet ordre, puisque je suis chrétien!», Et maintenant, je vous demande: «Avez-vous obéi à cet autre commandement: Soyez remplis de l’Esprit? Est-ce là la vie que vous vivez? Sinon, la question se pose aussitôt: Pourquoi? Et alors vient cette autre question: Avez-vous le désir d’obéir à ce commandement aujourd’hui même et de dire: «Avec l’aide de Dieu, j’obéirai. Je ne m’accorderai point de repos jusqu’à ce que j’aie obéi à ce commandement, jusqu’à ce que je sois rempli de l’Esprit?»

 

    Je veux vous dire tout d’abord que c’est ici une simple question d’obéissance à un ordre donné par le Saint-Esprit de Dieu, dans Sa Parole. Nous ne désirons pas vous occuper ou vous intéresser avec ce que nous avons à dire au sujet de cette plénitude du Saint-Esprit, parce que cela pourrait vous conduire à des notions et à des conceptions qui ne sont réellement d’aucune valeur en ce qui concerne la réalisation du but que nous poursuivons; mais nous désirons commencer tout de suite en disant que Dieu a ce message pour chaque chrétien: «Mon enfant, je veux que tu sois rempli de l’Esprit.» Que votre réponse soit: «Père, je le veux aussi; je suis prêt; je renonce à moi-même pour obéir à mon Dieu; remplis-moi de ton Saint-Esprit.»

 

    Et de crainte que quelqu’un n’ait une fausse conception de ce que c’est que d’être rempli par le Saint-Esprit, laissez-moi juste vous dire que cela n’implique pas du tout un état de grande excitation, ou un état de perfection absolue, ou un état où nous n’avons plus aucun progrès à faire. Non. Etre rempli par le Saint-Esprit, c’est simplement ceci: avoir abandonné tout mon être à Sa Puissance. Quand l’âme tout entière est livrée au Saint-Esprit, Dieu Lui-même vient l’emplir.

 

    Maintenant, la question que je désire vous poser est celle-ci: «Qu’est-ce qui est nécessaire pour être rempli de l’Esprit?» Cette question est d’une importance primordiale, et si nous cherchons à trouver les réponses qui doivent être faites à cette question, cela pourra nous aider à nous sonder nous-mêmes. Nous demandons, dans nos prières, que Dieu nous sonde, et ces réponses aideront chacun de nous à examiner son coeur et sa vie, et à dire: «Suis-je dans la condition voulue pour que Dieu puisse me remplir du Saint-Esprit?»

 

    Je pense que les réponses que nous trouverons à cette question pourront être de nature à nous encourager.

 

    Il y a peut-être des âmes qui pourront dire honnêtement, tandis que nous avancerons pas à pas: «Dieu merci, je suis prête pour cela»; et peut-être pourront-elles voir qu’elles ont été exclues jusqu’ici de cette bénédiction par quelque ignorance, ou quelque préjugé, ou quelque manque de foi, ou par une idée fausse au sujet de cette plénitude du Saint-Esprit.

 

    Je ne vois pas comment nous pouvons le mieux trouver la réponse à notre question, autrement qu’en considérant la façon dont Christ a préparé les disciples pour le jour de la Pentecôte. Vous savez ce qu’on fait dans les pays païens où le missionnaire prêche l’Evangile. Les convertis viennent à lui, et le missionnaire forme une classe de catéchisme {1}.

 

    Les nouveaux convertis habitent dans des cases, sur la station missionnaire, et ils restent là durant une année ou plus, pour recevoir renseignement religieux, pour être éduqués, entraînés, et mis à l’épreuve, afin d’être préparés à la vie chrétienne.

 

    Eh bien, Jésus a fait suivre à ses disciples, pendant trois ans, Sa classe de catéchisme; Il les a préparés et formés. Et quand le Saint-Esprit descendit sur eux le jour de la Pentecôte, ce ne fut pas quelque chose de magique, ni d’arbitraire. Ils y étaient préparés. Jean-Baptiste leur avait dit que cela Arriverait.{#Lu 3:15,16}. Jean-Baptiste ne prêchait pas seulement que l’Agneau de Dieu devait verser son sang pour le salut du monde, mais aussi—et’ il nous est dit que cela lui fut spécialement révélé par Dieu—que Celui sur qui il verrait le Saint-Esprit descendre était Celui qui baptise du Saint-Esprit.

 

    Et maintenant, en quoi consistait la formation de ces disciples? En quoi consistait leur préparation pour le baptême du Saint-Esprit?

 

    Je vous demanderai d’abord de vous rappeler que c’étaient des hommes qui avaient tout abandonné pour suivre Jésus. Vous savez que le Seigneur Jésus alla vers l’un d’eux et lui dit: Laisse ton filet; qu’il dit à un autre: Laisse le bureau du péage, viens et suis-Moi. Et ils le firent et, par la suite, ils purent dire par la bouche de Pierre: «Seigneur, nous avons tout quitté et nous t’avons suivi.» Ils avaient quitté leur maison, leur famille, leur situation. Les gens se moquaient d’eux et les raillaient, ils les appelaient les disciples de Jésus, et ils étaient méprisés et haïs comme leur Maître. Ils s’identifiaient avec Lui, ils se livraient entièrement à Lui. C’est là le premier pas dans le chemin qui conduit au baptême du Saint-Esprit. Nous devons renoncer à tout pour suivre Christ.

 

    Je ne parle pas de renoncer au: péché;  ceci, vous avez eu à le faire lors de votre conversion. Mais il y a quelque chose qui a une plus large signification. Beaucoup de chrétiens reçoivent Jésus comme Celui qui peut les sauver et les aider, mais en même temps ils refusent virtuellement de l’accepter pour Maître. Ils pensent qu’ils ont le droit d’avoir leur volonté propre au sujet de mille choses. Ils parlent beaucoup de ce qu’ils aiment, ils font ce qui leur plaît, ils emploient à leur guise leur argent et leurs biens, ils sont leurs propres maîtres, et ils n’ont jamais pensé à dire à Jésus: Je t’abandonne tout.

 

    Et pourtant, c’est là ce que Christ demande. Christ dispose de richesses tellement infinies et d’une telle gloire, Christ est Lui-même un tel don, un don céleste, spirituel et divin, que nos coeurs ne peuvent être remplis par Lui à moins que nous ne Lui donnions tout. C’est pourquoi Jésus vient et dit: Renonce à tout et suis-Moi.

 

    Une fois, je me trouvais à la Convention de Johannesburg. Je fis quelques réunions, et une après-midi, à une réunion de témoignage, une pauvre femme se leva et raconta comment, environ six mois auparavant, elle avait reçu une merveilleuse bénédiction par une effusion de l’Esprit de Dieu. Elle avait assisté à une réunion de consécration dans un quartier très pauvre, et l’évangéliste qui était chargé de donner le message avait demandé quels étaient ceux qui étaient prêts à se donner entièrement à Christ. Il avait prononcé ces paroles: «Supposez que Jésus vous demande d’aller en Chine, ou de Lui donner votre femme et vos enfants, seriez-vous disposés à le faire?» Et elle dit ardemment: «Je désirais pouvoir dire: Je donne tout à Jésus, mais je ne pouvais pas.» Quand le prédicateur demanda à ceux qui voulaient tout abandonner de se lever, je fus dans une grande agitation, mais cependant je ne pus pas rester assise; je me levai et je dis: Oui, j’abandonne tout. Cependant, je sentais que je ne pouvais pas lui donner mon mari et mes enfants. J’allai à la maison, mais je ne pus pas dormir; je ne pouvais trouver le repos, car je soutenais une terrible lutte: Devais-je tout donner? Pourtant, je désirais le faire pour l’amour de Jésus. Il était plus de minuit, et je dis: «Oui, Seigneur, je te donne tout!» Et la joie et la puissance du Saint-Esprit inondèrent mon coeur.» Elle déclara, et son pasteur confirma son témoignage, qu’elle marchait dans la joie du Seigneur.

 

    Chers amis, vous n’avez peut-être pas dit cela, parce que vous n’avez jamais pensé que c’était nécessaire; mais dites-le aujourd’hui. Etes-vous disposés à dire: «O Christ, remplis-moi du Saint-Esprit; je te donne tout; accepte mon offrande?»

 

    Chacun doit s’examiner lui-même. Quelques-uns n’ont jamais pensé qu’il était nécessaire de le faire. Quelques-uns n’ont jamais compris ce que Jésus voulait dire quand Il déclarait que celui qui ne hait pas son père et sa mère, sa femme et ses enfants, ses maisons et ses terres, et n’est pas prêt à les abandonner pour l’amour de Lui et de l’Evangile, n’est pas digne de Lui. N’est-ce pas là la raison de la faiblesse de votre vie spirituelle, la raison pour laquelle le Saint-Esprit ne remplit pas tout votre être? Vous n’avez jamais tout abandonné pour suivre Christ.

 

    Une autre remarque: les disciples n’étaient pas seulement des hommes qui avaient tout abandonné pour suivre Jésus, mais des hommes qui étaient profondément attachés à Lui. Jésus avait dit: «Si vous m’aimez, gardez mes commandements; et Moi je prierai le Père, et Il vous donnera un autre Consolateur, afin qu’il demeure éternellement avec vous, l’Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir» {#Jn 14:15-17} et ils l’aimaient profondément. Ils l’avaient vu crucifier, mais leurs coeurs ne pouvaient être séparés de Lui. Ils ne pouvaient avoir ni espérance, ni joie, ni consolation sur la terre sans Lui; et c’est là ce qui manque souvent, hélas, à notre piété. Nous mettons notre foi en Jésus et nous croyons à l’oeuvre qu’il a accomplie sur le calvaire; nous croyons en Lui comme en notre unique Sauveur; c’est bien, et c’est en effet suffisant pour être sauvé. Mais l’idée que la foi consiste en un attachement profond, personnel, intime à la personne de Jésus, et dans une communion journalière avec Lui; la pensée que cette foi implique que Jésus, l’Invisible, sera mon Ami et mon Guide et mon Gardien chaque jour, mon Conducteur et le Maître auquel j’obéis. Hélas! combien de chrétiens n’ont jamais une telle pensée!

 

    Il y a deux ou trois ans, une jeune dame missionnaire vint en Afrique du Sud {2}, et elle nous parla beaucoup des bénédictions qu’elle avait reçues à Keswick {3}.

 

    Elle me raconta comment, depuis son enfance, elle avait aimé le Seigneur Jésus; elle avait été élevée dans un foyer chrétien et dans un milieu chrétien; mais quelle différence pour elle lorsqu’elle avait découvert ce qu’était la plénitude du Saint-Esprit! Je lui dis: «Depuis votre enfance, vous avez vécu dans une chaude atmosphère chrétienne. Dites-moi en quoi consiste, à votre idée, la différence entre la vie que vous viviez alors et celle dont vous avez fait l’expérience par la suite?» Sa réponse fut prête aussitôt. Et c’était une réponse très simple: «Cela consiste uniquement en ceci: la communion personnelle avec Jésus», me dit-elle. Tel doit être, en effet, le commencement de la bénédiction. Certaines personnes seraient prêtes à tout abandonner pour leur religion. Pour une fausse religion, des multitudes de gens ont tout donné. Certaines personnes seraient prêtes à tout abandonner pour leur Eglise. Certaines personnes seraient prêtes à tout abandonner par amour pour leurs semblables. Mais ce n’est pas là ce que Dieu nous demande. Nous devons tout abandonner par amour pour Jésus, et le laisser venir dans notre vie, et le laisser prendre possession de notre coeur. Eprouvez-vous un profond attachement pour Jésus? Mettez-vous votre joie en Lui? Je ne vous demande pas si vous avez atteint le but, mais je vous demande si vous pouvez dire honnêtement: «C’est là ce que je m’efforce de réaliser, c’est à cela que je consacre tous mes efforts, c’est ce que je désire obtenir pardessus tout. Je dois appartenir à Jésus-Christ chaque jour et pendant toute la journée.»

 

    Encore une remarque: les disciples étaient des hommes qui avaient été amenés à désespérer d’eux-mêmes. Au début de cette école qui devait durer trois ans, ils avaient dû abandonner tout ce qu’ils possédaient; mais c’est seulement à la fin de cette période qu’ils avaient commencé à se donner eux-mêmes. Ils avaient abandonné leurs filets, et leur maison, et leurs amis, et c’était bien; mais, durant ces trois années, combien leur moi était fort! Que de fois Jésus dut leur parler au sujet de l’humilité! Mais ils ne pouvaient pas le comprendre. Ils étaient constamment en contestation, pour savoir lequel d’entre eux serait le plus grand. Même lors du dernier souper, lorsqu’ils étaient assis autour de la table, et qu’ils venaient de célébrer la Sainte-Cène, ils discutaient encore à ce sujet: lequel serait le plus grand parmi eux? {#Lu 22:24} Ils n’avaient pas renoncé à eux-mêmes. Une fois de plus, il était manifeste qu’ils vivaient bien peu dans l’Esprit de Jésus.

 

    Mars Christ les avait enseignés et les avait formés. Il leur avait enseigné, jour après jour, que l’orgueil est un péché, et Il leur avait montré que l’humilité est une gloire, et quand Il mourut sur la croix, eux aussi eurent à souffrir une terrible mort. Pensez à Pierre, le disciple impétueux qui avait renié son Maître. Ne croyez-vous pas que dans la tristesse de ces trois jours, du jour de la crucifixion au jour de la résurrection, ce qui était le plus amer, pour lui, c’était la honte d’avoir renié son Maître? C’est alors qu’il apprit à désespérer de lui-même. Lorsqu’il était assis à table, lors du dernier souper, comme il était rempli de confiance en lui-même. «Quand tu serais pour tous une occasion de chute, tu ne le seras jamais pour moi!», s’écrie-t-il. {#Mt 26:33} Mais Jésus l’emmena avec Lui dans la mort et dans la tombe, et Pierre sentit qu’il n’y avait vraiment rien de bon en lui. Il appris à désespérer de lui-même.

 

    Quelques-uns de vous diront peut-être: Je crois que j’ai renoncé à tout pour Jésus: à mes biens, à mon foyer, à mes amis, à ma position, et je sais que je l’aime vraiment; mais pourtant, il y a quel que chose qui ne va pas. Je n’obtiens pas la bénédiction que je cherche. Chers amis, désirez-vous, réellement, que Dieu, à qui rien n’est caché, vous fasse découvrir combien il y a encore, dans votre coeur, de confiance en vous-même et de volonté propre? Considérez, par exemple, la manière dont vous jugez les gens; comment vous dites ce qui vous plaît, et ce que vous croyez juste; vous n’avez pas encore appris à étudier l’humilité et la tendresse de Jésus. Tout ceci est le moi. Vous travaillez pour Dieu, vous essayez de faire le bien, mais en réalité, c’est votre propre travail que vous faites. Vous faites ce travail en chrétien, et vous comptez sur l’aide de Dieu et sur sa bénédiction. Mais cela ne peut pas être. Dieu doit d’abord faire descendre dans la tombe chacun en particulier.

 

    Connaissez-vous la signification, de la mort de Jésus? Voici quelle en est la signification: cela signifie que Jésus dit à son père, en fait: «Voici ma vie, si précieuse pour moi, ma, vie qui a été sans péché; je te l’ai livrée de mon vivant; mais maintenant, je vais te la livrer dans la mort.» Il alla dans la tombe en disant: «Je remets mon esprit entre Tes mains.» Et vous savez ce qui arriva. Parce qu’il donna sa vie entièrement, et descendit dans l’obscurité profonde de la mort et de la tombe, Dieu l’a ressuscité et lui a donné une vie nouvelle, une gloire nouvelle et un pouvoir nouveau. Dieu l’a élevé de la tombe à la gloire. La mort était le secret de la résurrection. Comprenez que si vous désirez être rempli du Saint-Esprit et de la vie glorieuse de la résurrection, vous devez d’abord mourir à vous-même. Les apôtres étaient des hommes qui avaient été amenés à désespérer totalement d’eux-mêmes, des hommes qui avaient tout perdu, et qui étaient prêts à tout recevoir d’En-Haut.

 

    Encore une remarque: ces apôtres étaient des hommes qui avaient accepté par la foi la promesse du Saint-Esprit qui leur avait été faite par Jésus. Vous savez que pendant la dernière nuit, Christ leur avait parlé plus d’une fois du Saint-Esprit, et au moment où Il allait monter au ciel, Il leur dit encore: «Vous serez baptisés du Saint-Esprit dans peu de jours.». {#Ac 1:5} Si vous aviez demandé à ces disciples: «Qu’est-ce que cela signifie?», je suis sûr qu’ils n’auraient pas pu vous le dire. Ils ne le comprenaient peut-être pas aussi bien que nous. Ils ne concevaient pas ce qui allait arriver. Mais ils prirent Jésus au mot, et ils n’éprouvèrent aucun besoin de parler de cela et de discuter à ce sujet pendant ces dix jours; je suis sûr qu’ils dirent: Si Jésus, pendant qu’il était sur la terre, a fait des choses si merveilleuses pour nous, maintenant qu’il est dans la gloire, Il fera des choses infiniment plus glorieuses!

 

    Et ils attendirent.

 

    Vous devez maintenant accepter cette promesse par la foi et dire: «La promesse de la plénitude du Saint-Esprit est pour moi. Je l’accepte de la main de Jésus.» Vous pouvez ne pas comprendre; vous pouvez ne pas éprouver ce que vous aimeriez éprouver; vous pouvez vous sentir faible et pécheur et éloigné de Jésus; mais vous devez venir à Lui et dire—et vous avez le droit de le dire—cette promesse est pour moi. Etes-vous prêt à le faire? Etes-vous prêt à saisir par la foi cette promesse et l’amour de Jésus?

 

    Je suis sûr qu’il y a de nombreux croyants qui luttent pour trouver ce qui leur manque, qui se sont donnés à Jésus entièrement et de tout leur coeur, qui l’aiment vraiment, qui ont cherché à s’humilier dans la poussière. Mais ce qui leur manque, c’est qu’ils n’ont pas appris à dire simplement: Il l’a promis et Il le fera.

 

    Permettez-moi de vous dire, pour vous encourager, que lorsque vous avez une promesse de Dieu, elle est valable autant qu’un accomplissement. Une promesse vous met en contact direct avec Dieu. Honorez-Le en croyant à Sa promesse et en Lui obéissant, et si vous avez encore besoin de quelque préparation, Dieu le sait; et s’il y a quelque chose qui doit vous être révélé, Il le fera, si vous comptez sur Lui pour le faire. Croyez en Sa promesse et dites: «Cette plénitude du Saint-Esprit est pour moi.»

 

    Et maintenant, voici le dernier pas accompli par les disciples: S’appuyant sur cette promesse, ils attendirent, unis dans la prière. S’attendre à Dieu dans la prière! Ils attendirent, ils prièrent tous d’un même accord; la prière et la supplication montèrent à Dieu: avec les louanges. Ils comptaient que Dieu, du haut du ciel, allait faire quelque chose. C’est là une leçon dont nous devons saisir l’importance. Je trouve des chrétiens—et j’ai fait moi-même cette expérience—qui lisent la Parole de Dieu, qui la comprennent, qui réfléchissent, qui souhaitent, qui désirent demander, qui désirent s’emparer, qui désirent obtenir et qui, cependant, n’obtiennent point ce qu’ils souhaitent. Et pourquoi? Parce qu’ils n’attendent pas que Dieu le leur donne. Ne considérez pas ce que vous pensez ou comprenez. Regardez à Dieu et comptez sur Lui. Ce n’est pas assez de croire. Je rencontre beaucoup de gens qui confondent la foi avec la bénédiction que l’on obtient par la foi. Par la foi, je suis «héritier des promesses». Oh! croyez Dieu et confiez-vous en Lui; puis, regardez à Lui pour obtenir la bénédiction. «Soyez remplis du Saint-Esprit.»

 

{1} Dans le texte anglais: «une classe de baptême». Nous avons traduit: «classe de catéchisme», parce que c’est là l’expression employée dans les Missions’ françaises pour désigner la classe où les nouveaux convertis reçoivent l’enseignement biblique en vue du baptême.

 

{2} André Murray était pasteur en Afrique du Sud.

 

{3} Keswick est une ville d’Angleterre où se tient chaque année une convention célèbre, à laquelle des chrétiens de tous les pays viennent assister.

 

 


ENTIERE CONSECRATION

 

II LA BENEDICTION DE LA PLENITUDE DU SAINT-ESPRIT

 

    Je désire vous montrer combien une vie remplie du Saint-Esprit est bénie.

 

    Je ne crois pas que je puisse vous faire comprendre la bénédiction qu’il y a à être rempli du Saint-Esprit plus clairement qu’en vous montrant le changement extraordinaire qui se produisit dans la vie des disciples’ après la Pentecôte. Je crois que c’est l’une des plus merveilleuses «leçons de choses» contenues dans toute la Parole de Dieu—celle de ces douze hommes qui, ayant été à l’école du Christ pendant trois ans et ayant reçu; son enseignement, restaient cependant, en apparence, si éloignés de la vie qu’ils auraient dû vivre; et tout à coup, par l’effusion du Saint-Esprit venant sur eux, devenant absolument ce que Dieu désirait qu’ils fussent.

 

    Considérez d’abord le changement que la Pentecôte a apporté dans leurs relations avec Jésus. Pendant Sa vie avec eux, sur la terre, ils ne pouvaient pas l’avoir en eux—Il leur était extérieur—très proche, très aimant, mais séparé d’eux. Jusqu’à la Pentecôte, quel échec (si je puis dire) fut l’enseignement du Christ à ses disciples! Christ leur avait enseigné, jour après jour, l’humilité. Il leur disait: «Apprenez de Moi, car je suis doux et humble de coeur.» Il leur répétait: «Celui qui s’abaisse sera élevé.» Et pourtant, à la table de communion, ils discutaient encore pour savoir quel était le plus grand. Christ n’avait; pas fait la conquête de leur orgueil. Ce n’était pas que l’enseignement divin eût manqué. Pourquoi donc, alors? A cause d’une chose: Christ leur était extérieur, Il ne pouvait venir habiter dans leur coeur. C’était une chose impossible, le temps n’était pas encore venu; et cependant, ils avaient le tout-puissant Rédempteur avec eux; mais Il était encore en dehors d’eux. Comme ils étaient différents de Lui! Ceci doit nous montrer que ce n’est pas l’enseignement extérieur, même l’enseignement provenant du Christ lui-même, ou de Sa parole dans l’Ecriture Sainte, qui peut nous apporter la bénédiction réelle et entière, tant que le Saint-Esprit n’a pas fait son oeuvre en nous.

 

    Mais quel changement se produisit le jour de la Pentecôte! «Ce jour-là, vous connaîtrez que Je suis en vous», avait dit Jésus à ses disciples. Qu’est-ce que cela signifie? Christ en nous, comme nous sommes dans une maison? Non, car nous pouvons sortir de cette maison et y rentrer ensuite sans souffrir le moins du monde. La maison dans laquelle nous habitons ne fait pas partie de nous-même. Mais le Seigneur Jésus vient pour être partie intégrante de ses disciples, pour remplir leur coeur et leurs pensées; ce que Pierre, et Jacques, et Jean avaient quand le Christ était au milieu d’eux, vous et moi nous l’avons dans une bien plus grande mesure, si nous avons le Christ vivant en nous.

 

    Et comment ce changement se produit-il? Par le Saint-Esprit. «En ce jour-là—à la venue du Saint-Esprit—vous connaîtrez que Je suis en vous.». {#Jn 14:20} «Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole et mon Père l’aimera; nous viendrons à lui et nous ferons notre demeure chez lui.». {#Jn 14:23} Notre coeur ne désire-t-il pas ardemment cette présence?

 

    J’ai souvent médité sur Jésus à Bethléem, et sur Jésus au calvaire, et sur Jésus assis sur le trône, et je l’ai adoré, et je l’ai aimé, et je me suis profondément réjoui en Lui; mais j’ai’ toujours désiré quelque chose de meilleur, de plus profond: et de plus intime. N’est-ce pas là ce que vous désirez: avoir le Christ vivant en vous? Et c’est là ce que le Saint-Esprit vous donnera. Ne voulez-vous pas vous donner vous-même pour recevoir cette bénédiction, pour être rempli du Saint-Esprit, afin que Jésus puisse prendre possession de vous? N’est-ce pas là ce que votre coeur souhaite? Jésus en vous, Jésus lui-même, le Tout-Puissant, celui qui mourut sur la croix et qui est assis sur le trône, et qui condescend à être notre vie.

 

    Et voici pourquoi le Saint-Esprit vient en nous. Jésus a dit: «Il me glorifiera, car il prendra de ce qui est à Moi et il vous l’annoncera.». {#Jn 16:15} Et quelle est la gloire de Jésus? Son amour et Sa puissance. Le Saint-Esprit nous révélera le Christ; et le merveilleux amour de Christ nous possédera entièrement et réellement, et la puissance de Christ sera maîtresse de notre vie. Vous connaissez cette magnifique prière, au chapitre 3 de l’épître aux Ephésiens, où l’apôtre demande à Dieu «qu’il vous donne, selon la richesse de sa gloire, d’être puissamment fortifiés par son Esprit dans l’homme intérieur, en; sorte que Christ habite dans vos coeurs par la foi». {#Eph 3:16-17} L’immense puissance du Saint-Esprit peut le faire. Le Saint-Esprit fait habiter Jésus en nous.

 

    Et voici l’autre changement apporté par le Saint-Esprit en ce qui concerne les disciples: non seulement Jésus était extérieur à eux, mais de plus, il n’était pas toujours avec eux. Vous vous rappelez comment, un soir, il les fit monter dans une barque pour traverser le lac, tandis que lui-même restait sur la montagne pour prier. Vous vous rappelez comment, une autre fois, il emmena trois de ses disciples avec Lui sur la montagne, tandis que les autres restaient en bas; et ces derniers rencontrèrent des Pharisiens, et ils furent incapables de chasser le mauvais esprit. Et puis vint l’heure de la séparation, et à la fin cette mort horrible, cette séparation définitive d’avec eux en ce monde. Oui, Christ était leur vie, mais ils étaient tantôt avec Lui, et tantôt séparés de Lui; quelquefois, ils se trouvaient près de Lui, mais quelquefois la foule l’entourait et ils ne pouvaient arriver à Lui.

 

    Mais la présence de Jésus par le Saint-Esprit est ininterrompue, constante, et dure toujours. N’est-ce pas là ce que nos coeurs désirent? Ne savez-vous pas ce que c’est que de vivre pendant une semaine, ou pendant un mois, dans une telle joie que votre coeur chante toute la journée? Et puis un changement se produit, les nuages et l’obscurité surviennent, et vous ignorez pourquoi; quelquefois, c’est à cause d’une maladie ou d’un moment de dépression physique; quelquefois, c’est à cause des soucis et des difficultés de la vie: quelquefois, c’est à cause de l’expérience que nous faisons de notre propre incapacité. Oh! que je puisse vous le dire et que je puisse le voir moi-même: Jésus vous aime; Il désire ne pas être séparé de vous, même une minute; Il ne peut pas l’endurer. Nous avons besoin de croire à cet amour de Jésus. Nulle mère ne s’est autant réjouie du bébé qu’elle serre dans ses bras que Jésus se réjouit en vous. Il désire être encore plus intime avec vous, et avoir une communion constante avec vous. Saisissez cette promesse et dites aujourd’hui: «S’il est possible, avec l’aide de Dieu, je dois avoir cette plénitude du Saint-Esprit, afin que Jésus puisse venir habiter dans mon coeur pour toujours.»

 

    Considérez ensuite le changement qui se produisit dans la vie intérieure des disciples. Jusqu’à la Pentecôte, leur vie fut une vie de faiblesse et d’échecs. J’ai parlé de leur orgueil. Christ devait les reprendre bien souvent à cause de leur orgueil. Vous savez qu’ils désiraient ardemment être fidèles, et cependant leur orgueil et leur confiance en eux-mêmes les conduisirent à l’échec final. Pierre dit à Jésus: «Quand il me faudrait mourir avec Toi, je ne te renierai pas!» Et tous les disciples dirent la même chose. {#Mt 26:35} Et pourtant, quelques heures après, ils l’abandonnèrent, et Pierre le renia. Tel fut le résultat de l’orgueil et de la confiance en soi-même. Ils ne savaient pas combien leur propre nature était mauvaise. Jésus avait tout fait pour leur enseigner l’humilité, mais Il avait échoué, et de là venait leur faiblesse. Pierre avait dit: «J’irai avec toi en prison et à la mort», mais en entendant les paroles d’une servante, il commença à jurer et à déclarer qu’il ne connaissait pas cet homme. Quelle profonde faiblesse!

 

    Mais quel changement à la Pentecôte! Je ne dirai pas qu’ils remportèrent la victoire sur le péché, car je ne pense pas que ce fut le résultat d’un combat. Mais quand le Saint-Esprit, l’Esprit de Dieu, vint dans leur vie, ils furent remplis de la force et du pouvoir du Christ vivant, de Celui qui nous sauve du péché.

 

    Jésus est venu, vous le savez, pour ôter le péché. Et comment l’enlève-t-il? Beaucoup de chrétiens considèrent qu’il l’a enlevé en mourant sur la croix. D’autres vont plus loin et disent: «Non seulement Christ a ôté le péché en mourant sur la croix, mais Il l’enlève du haut du ciel, Il me purifie et me garde jour après jour.» Mais voici de quelle manière le péché a été véritablement enlevé: Quand la lumière vient, elle dissipe les ténèbres. C’est la présence de Jésus venant habiter en nous par le Saint-Esprit qui nous rend saints. Et voyez quel changement chez les disciples! Voyez maintenant avec quelle hardiesse ils parlent en présence de ceux qui les menacent de mort. «Nous devons obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes», disent-ils. On les jette en prison, et ils chantent des cantiques au milieu de la nuit. Oh! quel merveilleux changement le Saint-Esprit a apporté dans leur vie!

 

    Qu’est-ce que cela doit nous enseigner? Nous parlons très souvent de notre propre vie et de la vie selon l’Esprit. Avez-vous dit à Dieu—peut-être l’avez-vous dit souvent—: «Seigneur, comment puis-je être délivré de mon moi?» Eh bien, cela vous a-t-il été révélé? Le doigt de Dieu a-t-il atteint les profondeurs de votre coeur, et avez-vous été amenés à dire: O Dieu, mes échecs proviennent de ma confiance en moi-même, de ma propre volonté, de mon désir de faire ce qui me plaît? C’est ce maudit moi qui veut dire son mot à propos de tout, et il n’y a aucune puissance qui puisse l’expulser, excepté la puissance de la présence de Jésus.

 

    Vous, pouvez être troublés au sujet de quelque définition théologique concernant la manière dont ceci s’accomplit; vous pouvez vous demander dans quelle proportion le péché subsiste, et dans quelle proportion nous en sommes délivrés; mais voici ce que vous devez croire: bien que vous ne puissiez l’expliquer, croyez que l’Esprit de sainteté qui vous est donné est la sainteté même de Jésus dans votre coeur; que ceci vous suffise. Remplis du Saint-Esprit, vous avez en vous la puissance de la sainteté de Dieu qui accomplit dans votre coeur l’oeuvre bénie de la sanctification.

 

    Et voici maintenant le troisième point. Considérez l’amour qui unissait les disciples en un seul corps. J’ai parlé tout à l’heure de leur rivalité. Ils s’étaient montrés égoïstes; souvent, ils avaient manqué d’amour; mais quand le Saint-Esprit vint, il les unit en un seul corps, et ils eurent conscience qu’ils étaient membres de Christ, et ils s’aimèrent les uns les autres, de sorte qu’ils accomplirent des choses dont on n’avait jamais entendu parler auparavant. Bien qu’ils n’eussent entre eux, pour la plupart {1}, aucun lien de parenté, ils se mirent à vendre leurs biens et leurs propriétés, et à mettre en commun tout ce qui leur appartenait. Ce fut le résultat de la venue du Saint-Esprit et de l’amour de Dieu dans leurs coeurs.

 

    Ne trouvez-vous pas que la plus grande des difficultés que vous rencontrez dans la vie provient de vos relations avec les autres chrétiens? N’est-ce pas là que nous rencontrons le plus fréquemment l’occasion de pécher, dans nos rapports avec nos frères en la foi? Très souvent, des personnes qui doivent travailler ensemble diffèrent de caractère et de tempérament, et très facilement des frictions se produisent. Il y a des personnes qui n’ont pas les mêmes idées concernant certain point de la doctrine chrétienne ou concernant la façon de travailler pour Dieu. Et de quelle façon ces personnes parlent l’une de l’autre, soit de vive voix, soit par lettre! Hélas! combien nous voyons de divisions au sein de l’Eglise de Christ sur la terre! Même parmi ceux qui professent aimer Dieu, et qui déclarent être sanctifiés et entièrement consacrés, que de divisions! C’est vraiment triste. Considérons seulement notre pays. Combien de chrétiens se dénigrent mutuellement! Certains chrétiens peuvent montrer en quoi j’ai tort, et moi de mon côté je puis montrer en quoi ils ont tort; mais combien il y a peu de chrétiens, ayant des opinions différentes, qui peuvent dire: «Au-dessus de toutes nos différences, il y a une unité que nous devons exprimer; nous désirons une communion continuelle en présence de Dieu notre Père.»

 

    Désirez-vous avoir un coeur débordant d’amour pour chaque enfant de Dieu, pour tous les enfants de Dieu appartenant à un autre milieu que le vôtre? Désirez-vous avoir cet amour brûlant qui embrase aussi les autres? Désirez-vous que l’amour divin remplisse votre coeur et déborde au dehors? Désirez-vous que l’amour de Jésus, cet amour qui va jusqu’au sacrifice, prenne possession de vous, de sorte que vous puissiez supporter et pardonner, de sorte qu’avec la patience, la tendresse et la douceur de Christ, l’agneau de Dieu, vous puissiez être le serviteur de tous, même de ceux qui sont désagréables ou antipathiques? Alors, vous avez besoin d’être remplis du Saint-Esprit. Suppliez Dieu de vous accorder cette plénitude du Saint-Esprit, ne vous donnez aucun repos jusqu’à ce que vous l’ayez obtenue. Le Saint-Esprit, c’est l’Esprit d’amour, c’est l’Esprit de Jésus crucifié. Si nous recevons le Saint-Esprit, l’amour de Dieu se répandra dans nos coeurs, et Dieu nous unira les uns aux autres comme jamais auparavant.

 

    Et maintenant, considérons leur travail. Voyez quelle différence après la Pentecôte! Et je suppose que nous sentons tous que c’est là une des choses principales en rapport avec la plénitude du Saint-Esprit.

 

    Je suis certain qu’il y a de nombreux serviteurs de Dieu qui peuvent remercier Dieu pour la façon dont Il les a conduits jusqu’ici et qui, cependant, sentent qu’il leur manque quelque chose. Ils n’éprouvent pas toujours, en parlant de Jésus, un sentiment de joie, ils n’ont pas toujours conscience que Dieu les emploie comme instruments. Cependant, c’est là ce que Dieu désire de chacun de ses serviteurs. Combien de moniteurs d’école du dimanche ou de chefs de classes bibliques {2}

 

    peuvent dire: je suis faible, timide, ignorant, mais je sais que c’est Dieu qui m’emploie, car j’ai consenti à faire tout ce qu’il voudrait; bien que mon travail soit faible, et que parfois j’en sois honteux, je ne me tourmente pas à ce sujet, car j’ai tout remis entre les mains de Dieu et me suis donné à Lui, afin qu’il m’emploie pour Son service?

 

    Ne sentez-vous pas que ce serait une joie indicible de travailler constamment dans cet esprit d’humilité, de dépendance et d’effacement absolus, tout en croyant, avec une foi d’enfant, que Dieu se servira de vous? Oh! comment pourrais-je obtenir cela? Regardez les apôtres, regardez les disciples. Nous lisons dans l’Evangile que Jésus les envoya pour faire trois choses: pour prêcher l’Evangile, pour guérir les malades et pour chasser les démons. Quand ils revinrent, ils lui parlèrent seulement des deux dernières: ils avaient guéri des malades et chassé des démons; mais l’Evangile ne nous dit pas qu’ils aient parlé des âmes converties. Je ne crois pas que leur prédication avait eu de grands résultats.

 

    Mais quand le jour de la Pentecôte vint, écoutez leur prédication, pas seulement celle de Pierre; ils proclamaient tous les merveilles de Dieu. Et quelle bénédiction en fut la suite!

 

    Quelle fut leur hardiesse, et quelle largeur de coeur! Ils allèrent à Samarie et à Césarée, et ensuite à Antioche, et là, ils attendirent de connaître la volonté de Dieu; quelques années plus tard, l’Evangile était apporté en Europe.

 

    C’est par la puissance du Saint-Esprit que toutes ces choses furent accomplies. Et nous avons besoin de cette puissance pour faire l’oeuvre de Dieu, et nous avons besoin d’être éclairés par le Saint-Esprit pour voir le champ de travail qui s’étend devant nous, même dans notre entourage immédiat.

 

    Je remercie Dieu pour l’intérêt que les chrétiens portent actuellement aux missions en terre lointaine et parmi les païens. Je remercie Dieu pour les efforts qui sont faits en faveur des pauvres, des parias, des ivrognes et de ceux qui sont en danger moral, mais qui osera apporter l’Evangile aux classes moyennes et aux gens riches? N’y a-t-il pas parmi vous des gens qui font partie d’une église ou d’une assemblée, et qui assistent au culte dimanche après dimanche, aux côtés de gens dont beaucoup sont inconvertis? N’avez-vous pas besoin de la sagesse divine et de la puissance du Saint-Esprit pour parler à ces gens? N’avez-vous pas besoin d’être éclairés par le Saint-Esprit et d’être inspirés par Lui? N’avez-vous pas besoin de la puissance divine, de l’amour divin et d’une hardiesse nouvelle pour prier, pour attendre et pour travailler? Ce ne sont pas seulement ceux qui sont en Chine, ou en Afrique, ou dans des pays lointains qui ont besoin de l’Evangile; l’Evangile doit être annoncé à ceux avec lesquels nous sommes en contact chaque jour. Nous remercions Dieu de ce que, au cours des trente dernières années, les chrétiens ont évangélisé comme jamais auparavant; mais nous devons comprendre que ce n’est qu’un commencement. Si les chrétiens demandent à Dieu de les diriger, si, dans la prière, ils Lui demandent de leur faire connaître Sa volonté, et s’ils Lui disent qu’ils sont prêts à travailler pour Lui, ne croyez-vous pas que Dieu est capable de faire beaucoup plus que tout ce qui a été fait jusqu’ici?

 

    Mais une chose est nécessaire. C’est l’Esprit qui agit, le jour de la Pentecôte et par la suite. C’est l’Esprit qui donna l’audace, c’est l’Esprit qui donna la sagesse, c’est l’Esprit qui donna le message, c’est l’Esprit qui donna la puissance pour amener des âmes à la conversion.

 

    Mon frère, ma soeur, n’est-ce pas là ce que vous désirez obtenir? N’est-ce pas là le voeu de votre coeur? Jésus ne nous envoie pas au combat sous notre propre responsabilité; Il ne nous dit pas d’aller prêcher l’Evangile avec notre propre force; Jésus veut que nous ayons la plénitude du Saint-Esprit, même si nous devons rester chez nous et évangéliser nos domestiques et les membres de notre famille. Même si c’est là notre seule tâche, pour cette tâche-là il nous faut la puissance du Saint-Esprit. Que nous ayons seulement un groupe à l’école du dimanche, ou que nous soyons chargés de faire des études bibliques, ou que nous ayons un travail plus important, ce dont nous avons besoin, c’est d’être remplis du Saint-Esprit.

 

    En conclusion, permettez-moi de vous demander: «Etes-vous prêt maintenant à recevoir de Jésus ce don?» Il aime à l’accorder. La joie de Dieu, c’est d’honorer son Fils, et c’est un honneur pour Christ quand les âmes possèdent la plénitude du Saint-Esprit, parce que Christ montre ainsi ce qu’il peut faire pour elles. Ne réclamerons-nous pas ce don?

 

    Et maintenant, si vous désirez obtenir cette bénédiction, dites tout d’abord: «Je dois être rempli du Saint-Esprit.» Dites-le à Dieu et du fond de votre coeur.

 

    Dites ensuite: «Je puis être rempli du Saint-Esprit.» La promesse est pour moi. Saisissez cette assurance et que tout doute s’évanouisse. Les apôtres, auparavant remplis d’orgueil et d’égoïsme, furent remplis du Saint-Esprit parce qu’ils s’attachèrent à Jésus. Et vous, bien que pécheur, vous pouvez être rempli du Saint-Esprit si vous vous attachez à Jésus.

 

    Après cela, dites: «Je veux être rempli du Saint-Esprit.» Pour obtenir «la perle de grand prix», vous devez vendre tout ce que vous possédez, vous devez tout abandonner. Etes-vous disposé à le faire?

 

    Enfin, voici le dernier pas. Dites: «Je serai rempli du Saint-Esprit.»

 

    Dieu: désire vous accorder ce don; vous devez l’obtenir. Peu importe qu’il vienne comme un torrent, ou dans un profond silence. Peu importe qu’il vienne ce soir ou demain matin. Dites: «Je serai rempli du Saint-Esprit.» Si je me confie en Jésus, Il ne peut pas me désappointer. C’est Sa nature même, c’est Son travail dans le ciel, c’est Sa joie d’accorder aux âmes la plénitude du Saint-Esprit. Oh! réclamez-la aujourd’hui même! Dites: «Je serai.» Seigneur, c’est tellement solennel, c’est presque effrayant; c’est une telle bénédiction. Seigneur, ne veux-tu pas me l’accorder? Mon coeur qui tremble dit: «Je serai rempli du Saint-Esprit.» Oh! dites à Dieu: «Père, je le serai, car le nom de mon Sauveur est Jésus, celui qui sauve de tout péché, celui qui remplit du Saint-Esprit. Gloire à Son nom!»

 

{1} L’auteur dit: pour la plupart; en effet, Jacques et Jean étaient frères, de même que Pierre et André.

 

{2} En Angleterre et aux Etats-Unis, ce sont souvent des laïques qui sont chargés des réunions d’études bibliques (que l’on appelle: classes bibliques).

 

 


ENTIERE CONSECRATION

 

III CHARNEL ET SPIRITUEL

 

    Dans la première épître aux Corinthiens, {#1Co 3:1,2} l’apôtre Paul s’exprime ainsi: «Pour moi, frères, ce n’est pas comme à des hommes spirituels que j’ai pu vous parler, mais comme à des hommes charnels, comme à des enfants en Christ. Je vous ai donné du lait, non de la nourriture solide, car vous ne pouviez la supporter; et vous ne le pouvez pas même à présent, parce que vous êtes encore charnels.»

 

    L’apôtre, au début de ce chapitre, indique aux Corinthiens qu’il y a deux stades dans l’expérience chrétienne. Certains chrétiens sont charnels, d’autres sont spirituels. Grâce au discernement que le Saint-Esprit accordait à l’apôtre, celui-ci voyait que les Corinthiens étaient charnels, et il voulait le leur dire. Dans les quatre premiers versets de ce chapitre, nous trouvons quatre fois le mot charnel.

 

    L’apôtre sentait que sa prédication ne pourrait faire aucun bien, s’il parlait de choses spirituelles à des gens qui ne l’étaient pas.

 

    Les Corinthiens étaient des chrétiens, de véritables chrétiens, des enfants en Christ; mais ils avaient un défaut capital, ils étaient charnels. De sorte que l’apôtre semble leur dire: «Je ne puis vous enseigner des vérités spirituelles concernant la vie spirituelle, vous ne pourriez les comprendre.» Ce n’était pas. qu’ils fussent stupides. Ils étaient très intelligents, très instruits, mais ils étaient incapables de comprendre un enseignement spirituel. Ceci doit nous apprendre cette leçon, que le trouble qui se produit dans l’Eglise de Christ, parmi les chrétiens qui obtiennent une bénédiction pour la perdre ensuite, vient de ce que ces chrétiens sont charnels; tout ce dont nous avons; besoin pour conserver une bénédiction que nous avons obtenue, c’est de devenir spirituels. Nous devons choisir quelle sorte de vie chrétienne nous voulons vivre: la vie charnelle ou la vie spirituelle. Choisissez la vie spirituelle, et Dieu vous l’accordera avec joie.

 

    Si nous voulons comprendre les paroles de l’apôtre, il nous faut tout d’abord savoir exactement en quoi consiste cet état de «chrétien charnel».

 

    En premier lieu, un chrétien charnel est celui qui reste perpétuellement comme un enfant. Voici une personne qui est convertie depuis de longues années; elle devrait avoir atteint l’âge adulte depuis longtemps, mais elle est restée semblable à un bébé. L’apôtre dit: «Je vous ai donné du lait, non de la nourriture solide, car vous ne pouviez la supporter.» Un bébé, c’est délicieux, il n’y a rien de plus ravissant qu’un petit bébé de six mois, avec ses joues vermeilles, son visage souriant, ses petits pieds qui gigotent et ses petites mains qui s’agitent. Mais supposez qu’après avoir admiré ce bébé, je revienne six mois plus tard et que je trouve l’enfant exactement pareil, les parents diraient: «Nous sommes inquiets au sujet de cet enfant; il ne grandit pas.»

 

    Et si je revenais au bout de trois ans et que je trouve l’enfant pareil à ce qu’il était quand il avait six mois, les parents seraient fort tristes. Ils me diraient: «Le docteur dit que notre enfant doit être malade; il ne grandit pas. Le docteur pense que c’est extraordinaire qu’il soit encore en vie; et pourtant il vit.» Et supposez que je revienne au bout de dix ans et que je trouve que l’enfant est toujours un bébé!

 

    Un bébé, c’est ravissant; mais un enfant qui resterait toujours un bébé deviendrait pour ses parents un fardeau et une cause de chagrin. Eh bien, la plupart des chrétiens de Corinthe étaient dans cet état. Ils étaient restés des bébés. Qu’est-ce qui caractérise un bébé? C’est qu’il ne peut rien faire par lui-même et qu’il ne peut rien faire pour les autres.

 

    Un bébé ne peut rien faire par lui-même. Beaucoup de chrétiens sont dans ce cas. Leur pasteur doit être pour eux une véritable nourrice. C’est une chose vraiment solennelle de penser que ces bébés, au point de vue spirituel, ont besoin d’être constamment nourris par leur pasteur et que celui-ci est obligé de s’occuper d’eux sans arrêt. Ils ne savent pas se nourrir eux-mêmes par la lecture de la Parole de Dieu, il faut que quelqu’un les nourrisse. Ils ne savent pas prier par eux-mêmes, il faut que quelqu’un prie pour eux. Ils ne savent pas ce que c’est que de vivre en s’appuyant sur Dieu, il faut toujours que quelqu’un s’occupe d’eux. Prenez garde de ne pas assister à des réunions dans ce but, pour être nourris spirituellement comme un bébé qui reçoit son biberon de sa nourrice. Que Dieu soit loué pour la prédication de l’Evangile et pour la communion fraternelle dont nous jouissons. Mais ne soyons’ pas comme des bébés. Vous savez que lorsqu’il y a un bébé dans une maison, il faut que quelqu’un s’occupe de lui. Très souvent, la maman ne peut pas sortir à cause de bébé, ou la bonne doit rester à la maison pour garder bébé, ou bien c’est la nourrice qui doit s’en occuper, mais il faut toujours quelqu’un pour s’occuper de bébé. On ne peut pas le laisser seul. Il y a des chrétiens qui sont comme des bébés; il faut que Je pasteur s’occupe d’eux continuellement, ils ont toujours besoin d’être aidés. Au lieu de devenir des hommes forts, ces chrétiens restent des bébés. Ils ne peuvent rien faire par eux-mêmes et ils ne peuvent pas. non plus aider les autres. C’est exactement ce que nous voyons dans l’épître aux Hébreux; nous y lisons ceci: «Vous, en effet, qui depuis longtemps devriez être des maîtres, vous avez encore besoin qu’on vous enseigne les première rudiments des oracles de Dieu, vous en êtes venus à avoir besoin de lait et non d’une nourriture solide.». {#Heb 5:12}

 

    Qu’une personne nouvellement convertie soit, au point de vue spirituel, comme un bébé de quelques mois, qu’elle ne sache pas encore ce qu’est le péché, et qu’elle n’ait pas encore obtenu: la victoire sur le péché, cela n’a rien de surprenant. Mais si, année après année, cette personne reste dans le même état, et qu’elle continue à être vaincue par le péché, c’est tout à fait anormal. Rien ne peut empêcher un enfant de grandir, sauf une grave maladie. Et si nous sommes obligés de dire continuellement: «Seigneur, je suis encore charnel», alors nous sommes obligés de dire: «Seigneur, mon âme est malade; elle a besoin d’être guérie.»

 

    Ce qui caractérise le chrétien charnel, c’est, en second lieu, que le péché domine sur lui. Quelle preuve l’apôtre Paul donne-t-il lorsqu’il dit que les chrétiens de Corinthe sont des chrétiens charnels? Après avoir déclaré: «Vous êtes encore charnels», il ajoute: «En effet, puisqu’il y a parmi vous de la jalousie et des disputes, n’êtes-vous pas charnels?» C’est absolument évident. Vous agissez comme les autres hommes; vous n’agissez pas comme des hommes transformés, renouvelés, qui vivent avec la puissance du Saint-Esprit et dont le coeur est rempli: d’amour. Vous savez que le Dieu qui nous aime habite dans la lumière, et que l’amour est le plus grand commandement, et que la Croix de Christ est la plus grande preuve de l’amour de Dieu, et que le premier fruit de l’Esprit, c’est l’amour. L’Evangile de Jean tout entier proclame l’amour de Dieu. Et quand des personnes lâchent la bride à leur animosité, à leur orgueil, à leur envie et provoquent des querelles et des divisions; quand vous les entendez dire du mal des autres; quand un chrétien ne peut pas pardonner à un de ses frères qui lui a fait du tort; quand une femme peut dire, en parlant de sa voisine: «Cette maudite femme!», ou dire, en parlant d’une autre: «Oh! comme je la déteste!», tout cela ce sont les fruits de l’esprit charnel.

 

    Tout manque d’amour provient de la chair. Le mot charnel est un dérivé du mot chair. La chair est égoïste, orgueilleuse et sans amour; c’est pourquoi tout péché contre l’amour chrétien est une preuve que celui qui le commet est encore charnel.

 

    Vous dites: «J’ai essayé de remporter la victoire, mais j’ai échoué.» Je désire vous faire comprendre qu’il est inutile d’essayer de porter des fruits spirituels, alors que vous êtes encore charnels. Vous devez, d’abord être remplis du Saint-Esprit. Alors l’esprit charnel sera vaincu et vous marcherez dans l’amour.

 

    Et ceci n’est pas seulement vrai en ce qui concerne les péchés contre l’amour chrétien, mais en ce qui concerne toutes sortes de péchés. Prenez par exemple la mondanité, dont quelqu’un a dit qu’elle avait «englué l’église»; prenez l’amour de l’argent; prenez l’amour du gain qui conduit tant de gens à la poursuite de la richesse; prenez la recherche du luxe et du plaisir, et des honneurs. Tout cela ne provient il pas de la chair? C’est ce qui satisfait la chair, ce que le monde trouve désirable; c’est là qu’il trouve son plaisir. Et si vous vivez comme les gens du monde, c’est la preuve que l’esprit du monde est en vous, et que vous êtes charnels. Car l’état charnel est prouvé par la puissance du péché.

 

    Quelqu’un me demandait dernièrement: «Que pensez-vous du manque d’amour de la prière?» Il désirait savoir comment on pouvait acquérir l’amour de la communion avec Dieu. Je lui dis: «Mon frère, vous ne pouvez obtenir cet amour de la prière avant d’avoir acquis la certitude qu’il ne peut venir de la chair.»

 

    La chair ne peut se plaire aux choses de Dieu. C’est là que réside votre difficulté. Il ne s’agit pas de dire ou d’écrire dans votre journal: «Je prends la résolution de prier davantage.» Vous ne pouvez pas vous y forcer. Mais que la hache tranche la racine de l’arbre; déracinez l’esprit charnel. Mais comment peut-il être déraciné?

 

    Vous ne pouvez pas le faire, mais laissez le Saint-Esprit venir et condamner le péché, et faire mourir la chair, et le Saint-Esprit viendra en vous. Et alors vous apprendrez à aimer la prière, à aimer Dieu et à aimer votre prochain, et vous serez rempli de l’esprit d’humilité, vos pensées se porteront vers les choses spirituelles et les choses célestes. L’état charnel est la racine de tous les péchés.

 

    J’arrive maintenant au point suivant. Si nous désirons connaître exactement en quoi consiste cet état charnel, nous devons faire bien attention au fait que l’état charnel peut coexister avec de grands dons spirituels.

 

    Souvenez-vous qu’il existe une grande différence entre les dons spirituels et les grâces spirituelles. Beaucoup de gens ne comprennent pas cela. Ainsi, parmi les Corinthiens, il y avait des dons spirituels extraordinaires. Au chapitre premier de la première épître, Paul dit: «Je rends à Dieu de continuelles actions de grâces..., car en Lui vous avez été comblés de toutes les richesses qui concernent la parole et la connaissance.» C’était là une chose magnifique, pour laquelle il fallait remercier Dieu. Et, dans la seconde épître, Paul déclare: «Comme vous excellez en toutes choses..., faites en sorte d’exceller aussi dans cette oeuvre de bienfaisance.». {#2Co 8:7} Au treizième chapitre de la première épître, voyez comment l’apôtre parle du don de prophétie, et de la foi qui peut transporter les montagnes, et de la science de tous les mystères;

 

    mais il leur dit aussi que tout cela ne sert de rien s’ils n’ont pas l’amour. Ils se réjouissaient des dons qu’ils possédaient, et ne recherchaient point les grâces. Mais Paul leur montre «une voie par excellence»: apprendre à aimer Dieu et à être humble. L’amour est la plus grande chose, car l’amour est semblable à Dieu.

 

    Nous devons nous rappeler—et c’est là une chose solennelle—qu’un homme peut avoir le don de prophétie, qu’un homme peut avoir du succès au service de Dieu dans une sphère particulière, et pourtant que par son esprit de jugement, son orgueil et d’autres choses encore, il peut donner la preuve que si ses dons spirituels sont remarquables, il ne possède pas les grâces spirituelles.

 

    Prenons bien garde que Satan ne nous leurre avec cette idée: «Mais je travaille pour Dieu, et Dieu me bénit, et les autres me considèrent, et je suis en aide à bien des gens.» Bien-aimés frères en Christ, le fait qu’un homme charnel puisse posséder des dons spirituels est une chose extrêmement solennelle; et l’homme le plus zélé, celui qui remporte le plus de succès dans l’oeuvre du Seigneur, peut avoir à s’agenouiller devant Dieu et à se poser cette question: «Est-ce que moi-même, malgré les dons que le Saint-Esprit m’a accordés, je ne pèche pas par manque d’humilité, ou d’amour, ou de pureté, ou de sainteté?» Que Dieu nous sonde et nous éprouve!

 

    Considérons maintenant le point suivant: l’état charnel empêche l’homme de recevoir la vérité spirituelle. Vous voyez des centaines de chrétiens qui ont faim de la parole de Dieu, ils l’écoutent avec plaisir et ils disent: «Quelles magnifiques vérités! Quelles belles doctrines! Comme ce prédicateur expose bien l’Evangile!» Mais cela ne les aide pas du tout! Ou bien, cela les aide pendant deux ou trois semaines, et ensuite la bénédiction s’efface. Quelle en est la raison? Le mal est à la racine même; c’est l’état charnel qui empêche la vérité spirituelle de faire son oeuvre dans les coeurs.

 

    Je crains que dans nos églises nous ne fassions souvent une terrible erreur. Nous prêchons à des chrétiens charnels, ce qui ne convient qu’à des hommes spirituels, et ils trouvent cela admirable, et ils en jouissent, et ils. disent: «C’est magnifique! Comme ce prédicateur parle bien! Quelle connaissance profonde des vérités évangéliques!» Mais leurs vies ne sont pas transformées; ils sont charnels, malgré l’enseignement spirituel qu’ils reçoivent. S’il y a une chose que nous devions demander à Dieu, c’est celle-ci: «Seigneur, fais que je ne reçoive pas des enseignements spirituels dans un esprit charnel.» La seule chose qui puisse vous prouver que vous avez reçu une bénédiction, c’est que vous vous trouviez transporté de l’état charnel à l’état spirituel. Dieu désire faire cette oeuvre en nous; demandons-lui donc de l’accomplir, croyons qu’il l’accomplira.

 

    Maintenant, une question très importante et très solennelle se pose: Est-il possible de passer de l’état charnel à l’état spirituel? Et comment est-ce possible?

 

    Je crois qu’en premier lieu il est nécessaire d’avoir une vision exacte de la vie spirituelle et d’y croire. Le fond de nos coeurs est tellement rempli d’incrédulité, sans que nous nous en rendions compte, que nous avons de la peine à accepter l’idée que nous pouvons devenir des hommes spirituels immédiatement. Nous ne le croyons pas.

 

    J’ai entendu un jour une histoire très intéressante. Je parlais avec un chrétien très expérimenté au sujet de mon prochain voyage en Angleterre et je lui dis: «Dites-moi, quel est l’état d’esprit des chrétiens en Angleterre? Vous avez travaillé parmi eux et vous les connaissez bien?» Il me répondit: «Je crois que la pire chose, parmi les chrétiens de ce pays, c’est l’incrédulité.» Et il se mit à me raconter l’histoire d’un jeune homme qui travaillait dans l’oeuvre de Dieu en Angleterre. Ce jeune homme possédait des dons remarquables et mon. ami ne pourrait comprendre pourquoi, avec de tels dons, il n’obtenait pas davantage de bénédictions. Tous deux passèrent une journée entière à chercher quel pouvait être l’obstacle qui empêchait ce jeune homme d’être béni, dans son travail pour Dieu. Peu à peu, ils découvrirent que le motif véritable c’était l’incrédulité. Ce jeune homme ne croyait pas qu’il fût possible d’avoir une vie consacrée. Il n’avait pas la certitude que Dieu était prêt à lui accorder la bénédiction demandée. Ce soir-là, ce jeune homme devait faire une réunion. Mais son ami lui dit: «Je ferai la réunion à votre place. Rentrez chez vous et revenez me voir demain matin à neuf heures.» Le jeune homme revint le jour suivant, et ils recommencèrent à parler ensemble et à prier, et dans le cours: de la journée, le jeune homme saisit ce que c’était que de croire en la puissance de Dieu pour une vie d’entière consécration;

 

    Dieu lui accorda la bénédiction qu’il recherchait, et par la suite son ministère fut dix fois plus fécond qu’auparavant. Oh! croyez que si vous êtes prêt à recevoir cette bénédiction et si vous désirez la recevoir, Dieu peut faire de vous un homme spirituel. Essayez seulement; tout d’abord, tâchez d’avoir une claire vision de ce qu’est la vie spirituelle.

 

    En quoi consiste cette vision? Vous savez que l’Ecriture parle de deux puissances de vie, la chair et l’Esprit: la chair, c’est-à-dire la vie sous la puissance du péché; l’Esprit, c’est-à-dire la vie de Dieu venant prendre la place de notre vie. Ce dont nous avons besoin, et ce que la Bible nous dit, c’est de donner notre vie tout entière, de mourir avec Christ, de devenir comme rien et de recevoir la vie de Christ et la vie de l’Esprit qui agiront pour nous. Croyez que cela peut être.

 

    Vous dites: «C’est une chose si haute, si sainte et si glorieuse, je ne crois pas que je puisse l’atteindre!» Non, vous ne le pouvez pas. Mais Dieu vous l’enverra. Atteindre par vous-même, c’est un grand danger; vous ne pouvez y atteindre, mais si vous croyez que Dieu désire, à cause de son amour éternel, vous accorder du haut du ciel, et d’une façon surnaturelle, la puissance du Saint-Esprit, alors Dieu vous accordera plus que tout ce que vous pouvez demander ou penser.

 

    Je crois qu’il est possible de vivre chaque jour conduit par le Saint-Esprit. J’ai lu, dans la Parole de Dieu, que Dieu répand son amour dans nos coeurs par le Saint-Esprit. J’ai lu, dans la Parole de Dieu, que tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu. J’ai lu, dans la Parole de Dieu, que si nous sommes nés de nouveau, nous marchons par l’Esprit, ou dans l’Esprit. Chers amis, c’est possible; c’est là la vie à laquelle Dieu nous appelle, et pour laquelle Christ nous a rachetés. Dès qu’il eut versé son sang, Christ monta au ciel pour envoyer le Saint-Esprit à son peuple. Dès qu’il fut glorifié, Sa première action fut de donner le Saint-Esprit. Si vous croyez que le sang de Christ vous purifie de tout péché, et que le Christ glorifié a la puissance de répandre le Saint-Esprit dans votre coeur, vous avez fait le premier pas dans la bonne direction.

 

    Si misérable que vous puissiez vous sentir, attachez-vous à Jésus. Il peut vous remplir du Saint-Esprit, car Il vous a donné ce commandement: «Soyez remplis de l’Esprit.»

 

    En second lieu, ce n’est pas suffisant d’avoir une vision exacte de cette vie spirituelle qui doit être vécue; il est aussi très utile d’être réellement convaincu de notre état charnel. C’est là une leçon difficile à apprendre, mais utile.

 

    Il y a une grande différence—je vous prie de le noter—entre les péchés d’un inconverti et les péchés d’un croyant. Un inconverti doit avoir d’abord la conviction du péché, et ensuite il doit confesser son péché; vous admettez tous cela. Mais de quoi avez-vous été convaincu tout d’abord? De la grandeur de votre péché, de l’étendue de votre culpabilité et du châtiment qui vous attendait. Mais à ce moment-là vous n’avez pas pensé aux péchés intérieurs, aux péchés; spirituels. Vous ne saviez même pas que cela existait. Dieu n’accorde pas toujours le sentiment de cette sorte de culpabilité au moment de la conversion. Comment donc peut-on être délivré de ces deux choses: les péchés les plus secrets et les péchés intérieurs? Nous pouvons en être délivrés de la façon suivante: après notre conversion, le Saint-Esprit nous montre notre état charnel, et alors nous commençons à gémir, à être honteux de cet état charnel, et nous nous écrions, comme l’apôtre Paul: «Misérable que je suis! Qui me délivrera de ce corps de mort?» Nous commençons alors à chercher qui peut nous venir en aide et à nous demander: «Où pourrai-je obtenir la délivrance?» Nous cherchons à obtenir cette délivrance de différentes manières, en luttant et en prenant de bonnes résolutions; mais c’est seulement en nous jetant aux pied