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+LES LIVRES VIDE ATTENDS-TOI A DIEU (Murray A.) ATTENDS-TOI À DIEU
L’année, dernière avant de partir pour l’Angleterre, j’avais été frappé de la pensée que dans nos cultes particuliers ou publics, Dieu devrait tenir plus de place. J’avais senti que nos prédications devraient insister davantage sur la nécessité de s’attendre à Dieu, de compter sur sa présence, de se mettre en contact direct avec Lui et de vivre dans une complète dépendance de Lui. C’est là ce que j’exposai en peu de mots au déjeuner de bienvenue d’Exeter-Hall, et je fus étonné de trouver sur ce point autant d’écho dans les esprits. Je vis que l’Esprit de Dieu avait fait naître le même désir dans le coeur d’un grand nombre de croyants.
Cette conviction a été confirmée encore par les expériences que j’ai faites dès lors. Il me semble que je commence à peine à bien saisir moi-même que tout ce qui gouverne nos rapports avec Dieu se concentre dans la nécessité de nous attendre à Lui et que ceci a trop peu présidé jusqu’à présent à la direction de notre vie et de notre travail. Les pages qui suivent sont le fruit de cette conviction et du désir d’attirer l’attention de tous les enfants de Dieu sur ce grand moyen de remédier à tout ce qui leur manque.
Plus de la moitié de ces pages ont été écrites sur mer. Je crains qu’elles n’offrent le caractère d’une rapide ébauche et j’aurais voulu pouvoir les écrire de nouveau. Ne le pouvant pas, je les publie telles qu’elles sont, priant Celui qui aime à se servir«des choses faibles» d’en bénir la lecture.
Je ne sais pas s’il me sera possible d’écrire plus tard quelques mots sur les principales choses que nous avons besoin d’apprendre encore j’en ai indiqué quelques-unes à la fin de ce livre, dans une note qui parle du livre de La. Pour le moment je tiens à signaler ici ce qui manque à notre vie religieuse, en disant que généralement on ne connaît pas Dieu. À tous ceux qui se plaignent de manquer de force et de vie spirituelle, à toute réunion de chrétiens avides de s’enquérir de la sanctification, il faudrait simplement dire:
Que vous manque-t-il donc? N’avez vous pas Dieu? Si VOUS croyez réellement en Dieu, vous avez tout en Lui. Il put et Il veut tout faire en vous par son Saint-Esprit. Renoncez à rien attendre de vous-mêmes, à chercher aucun secours en l’homme; mais abandonnez-vous à Dieu sans réserve et c’est Lui qui agira en vous.
Que ceci est simple et pourtant que cet Évangile-là est peu connu! Dieu veuille se servir de ces méditations, tout imparfaites qu’elles soient pour nous attirer tous à Lui-même et nous faire éprouver pratiquement le bonheur de nous attendre à Lui seul. Oui, que Dieu nous donne de comprendre mieux quelle influence aurait une vie chrétienne qui s’attendrait à Dieu seul, non plus par le travail de l’intelligence et de l’effort humain, mais par la puissance du Saint-Esprit.
J’adresse mes salutations en Christ à tous les saints de Dieu que j’ai eu le privilège de rencontrer, ainsi qu’à tous ceux aussi que je n’ai pas vus. Votre frère et serviteur.
Andrew MURRAY.
Wellington, Cap de Bonne-Espérance, 3 mars 1896,
ATTENDS-TOI À DIEU
Un Dieu de notre Salut.
«Mon âme soupire après toi, ô Dieu! mon âme...attends-toi à Dieu! Il est la délivrance à laquelle je regarde.» #Ps 42:1,11
Si notre salut est l’oeuvre de Dieu aussi bien que le fut notre création, notre premier devoir sera nécessairement d’attendre de Dieu qu’il accomplisse en nous son oeuvre selon qu’il l’entend. Ce n’est qu’en nous attendant à lui que nous pourrons saisir ce qu’est pour nous la rédemption. La difficulté qu’on éprouve souvent à recevoir le salut dans sa plénitude vient de ce qu’on ne sait pas s’attendre à Dieu, de ce qu’on répugne à le faire. Pour voir la puissance de Dieu se manifester ici-bas, il faut que chacun reprenne la position qui lui est assignée soit dans la création, soit dans la rédemption, la position d’une entière et continuelle dépendance de Dieu. Cherchons à bien comprendre ce qu’est cette attente à Dieu et alors nous comprendrons mieux aussi pourquoi cette grâce est si peu recherchée; nous en apprécierons mieux la valeur et nous sentirons qu’à tout prix nous devons l’obtenir.
La nécessité de s’attendre à Dieu résulte de la nature de l’homme aussi bien que de la nature de Dieu. Dieu, comme Créateur, avait formé l’homme pour qu’il servit à manifester sa puissance et sa bonté divines. L’homme ne possédait en lui-même aucune source de vie, de force et de bonheur. C’était du Dieu vivant et éternellement vivant que devait lui venir à chaque instant tout ce dont il avait besoin. Ce n’était donc pas l’indépendance de l’homme, c’est-à-dire le fait de ne dépendre que de lui-même, qui devait faire sa gloire et son bonheur, mais bien plutôt sa dépendance d’un Dieu si infiniment riche et plein d’amour. Tout recevoir à chaque instant de la plénitude de Dieu, voilà ce qui faisait la joie de l’homme avant sa chute.
Quand plus tard l’homme fut séparé de Dieu par le péché, sa dépendance de Dieu s’accrut encore. Nul espoir pour lui de sortir de cet état de mort sinon en recourant à la puissance et à la miséricorde de Dieu. C’est Dieu seul qui opéra sa rédemption. C’est Dieu seul qui encore à présent poursuit et accomplit cette oeuvre de rédemption en tout croyant. Même l’homme régénéré ne possède aucunement la grâce d’être bon par lui-même. Il n’a rien, ne peut rien avoir sans recevoir tout de Dieu d’instant en instant. L’acte de s’attendre à Dieu lui est donc tout aussi indispensable que l’acte de respirer est nécessaire au maintien de sa vie terrestre.
C’est parce que les chrétiens ne connaissent pas leur misère, leur incapacité absolue, qu’ils n’ont aucune idée non plus de la nécessité de s’attendre à Dieu, de vivre dans une dépendance continuelle de lui. Mais quand le croyant en vient à entrevoir cette vérité, quand enfin il consent à recevoir à chaque instant par le Saint-Esprit ce que Dieu peut lui communiquer à chaque instant, l’acte de s’attendre à Dieu devient toute son espérance, fait toute sa joie. Quand il saisit bien que, dans son amour infini, Dieu prend plaisir à communiquer à son enfant sa nature divine et que jamais il ne se lasse de prendre soin de lui, de lui renouveler force et vie de jour en jour, il s’étonne d’avoir pu regarder à Dieu autrement qu’en s’attendant à lui du matin au soir. D’un côté Dieu, toujours prêt à donner, à agir, de l’autre son enfant, regardant sans cesse à lui et recevant tout de lui, voilà la vie heureuse et bénie qui est offerte à tous.
«Mon âme, attends-toi à Dieu, il est la délivrance à laquelle je regarde.» C’est pour notre salut que nous commençons à nous attendre à Dieu; ensuite nous apprenons que le but du salut est de nous ramener à Dieu, de nous enseigner à nous attendre à lui avec confiance; après quoi nous trouvons mieux encore, nous découvrons que l’acte de nous attendre à Dieu nous initie au plus haut degré du salut, en nous faisant attribuer à Dieu la gloire d’être tout et en nous faisant éprouver aussi qu’il est tout pour nous. Que Dieu nous apprenne combien on est heureux de s’attendre à lui!
«Mon âme, attends-toi à Dieu!»
ATTENDS-TOI À DIEU
Souverain régulateur de ta vie.
«O Éternel! J’ai attendu ton salut.» #Ge 49:18
Il n’est guère possible de déterminer quel sens Jacob donnait à ces mots, lorsqu’il les prononça au milieu des prédictions qui concernaient ses fils; mais ils nous disent clairement que soit pour lui, soit pour ses enfants il s’attendait à Dieu seul. C’était le salut de Dieu qu’il attendait, le salut que Dieu avait promis et que Dieu seul pouvait accomplir. Il savait que lui et ses fils étaient sous la garde de Dieu et que Jéhovah, le Dieu d’éternité, leur ferait voir quelle est sa puissance pour sauver. Ces mots faisaient allusion à cette merveilleuse histoire de la rédemption qui n’est pas encore achevée, ainsi qu’à l’avenir de gloire qu’elle nous ouvre. Il nous font entendre aussi qu’il n’y a point de salut pour nous hors de ce salut divin, et que par conséquent notre devoir autant que notre bonheur nous pressent de nous attendre à Dieu, soit pour les détails de notre vie terrestre, soit pour ce qui nous attend au delà encore.
Réfléchissons à ce qu’est pour nous le salut indiciblement glorieux que Dieu nous a préparé en Christ, et qu’il veut dès à présent réaliser, perfectionner en nous par son Esprit. Arrêtons notre pensée sur ce grand salut jusqu’à ce que nous en venions à bien saisir que Dieu seul peut nous faire participer à cette grâce. Dieu ne se sépare pas des grâces qu’il nous offre, de sa force, de sa bonté, pour nous les communiquer. Ces grâces ne le quittent pas pour s’attacher à nous comme les gouttes de pluie tombent du ciel sur la terre. Non, Dieu ne nous les accorde, et nous ne pouvons en jouir, qu’autant que lui-même vient agir en nous sans interruption. Si donc nous n’éprouvons pas plus habituellement et plus fortement l’effet de ses grâces, c’est parce que nous ne le laissons pas agir en nous, mais que nous l’en empêchons soit par notre indifférence, soit par nos propres efforts, nous privant ainsi de ce qu’il voudrait faire lui-même en nous. Ce que Dieu demande de nous en fait
d’obéissance, de confiant abandon, de volonté et de foi, se trouve résumé dans ces mots: S’attendre à lui, s’attendre à son salut, à sa pleine rédemption. C’est quand nous nous reconnaissons incapable de faire ce qui est bon aux yeux de Dieu et que nous lui témoignons une entière confiance, que Dieu fait en nous par sa puissance divine tout ce dont nous sommes incapable.
Encore une fois je le répète: Méditons sur la divine gloire du salut que Dieu veut accomplir en nous. Cherchons à bien saisir toutes les vérités qu’il nous offre. Aujourd’hui Dieu vent faire son oeuvre dans notre coeur comme il l’a fait au jour de la création. Nous ne pouvons pas mieux concourir à son oeuvre en nous que nous n’avons pu jadis mettre la main à la création du monde; il faut que ce soit lui qui «produise en nous le vouloir et le faire». {#Php 2:13} Dieu nous demande seulement de consentir à le laisser faire, de nous attendre à lui, et alors il se charge de tout. Oui, méditons en silence sur ces vérités jusqu’à ce que nous puissions entrevoir tout le bonheur qu’on éprouve à laisser agir Dieu et que notre âme puisse dire avec humilité: «O Éternel, j’ai attendu ton salut.» Alors soit nos prières, soit nos travaux offriront le reflet de ces mots: «Quoi qu’il en soit, mon âme se repose sur Dieu»
Il serait facile d’étendre encore l’application de cette vérité à ceux qui travaillent avec nous, à ceux pour lesquels nous intercédons auprès de Dieu, à toute l’Église de Christ, soit autour de nous, soit dans le monde entier. La aussi il ne peut se faire aucun bien à moins que ce ne soit Dieu qui le fasse; aussi notre seule force sera-t-elle toujours et partout de nous attendre à Dieu, d’avoir le coeur plein de foi en son intervention divine, et par cette foi de réclamer sa présence toute puissante. Oh! puissent les yeux de notre esprit s’ouvrir et nous faire voir l’action directe de Dieu en nous-mêmes et dans les autres, nous faire connaître le bonheur d’attendre avec adoration son salut.
Nos prières particulières ou publiques sont l’expression de nos rapports avec Dieu; c’est donc pour nos prières surtout que nous devrons nous exercer à nous attendre à Dieu. Si notre «attente à l’Éternel» tempère et réduit au silence notre activité naturelle, si elle nous amène à nous incliner devant Dieu et à voir sa main dans tout l’univers, si elle nous affermit dans l’assurance qu’il agit et continuera à agir en nous, si elle nous maintient dans l’humilité d’un coeur qui s’abandonne à lui jusqu’à ce que le Saint-Esprit vivifie et perfectionne son oeuvre en nous, elle sera réellement la force et la joie de notre âme, et nous nous écrierons avec conviction et bonheur: «O Éternel, j’ai attendu ton salut».
«Mon âme, attends-toi à Dieu!»
ATTENDS-TOI À DIEU
Ton Créateur.
Tous, ils s’attendent, à toi pour que tu leur donnes leur nourriture en son temps. Tu la leur donnes et ils la recueillent. Tu ouvres ta main et ils sont rassasiés de bien!» #Ps 104:27,28.
Ce cantique de louange au Créateur parle des oiseaux et des bêtes des forêts, des lionceaux et de l’homme qui va à son travail, de la grande mer où vivent des animaux sans nombre, petits et grands, et il conclut ce récit de la création en remontant au Créateur dont tous dépendent: «Tous s’attendent à toi». Si l’oeuvre de Dieu est de créer, son Oeuvre aussi est de maintenir ce qu’il a créé. Sa créature, incapable de se créer elle-même, ne peut pas mieux suffire seule à ses besoins. La confiance en Dieu est donc la loi qui régit toute, la création.
Cette confiance en Dieu nous dit pourquoi la créature a reçu l’existence. En lui donnant la vie, en pourvoyant ensuite à l’entretien de cette vie et à son bonheur, le but de Dieu était de manifester sa sagesse, sa puissance et sa bonté; et comme la nature même de Dieu le porte à pourvoir à tout ce que réclament ses créatures, celles-ci sont appelées par leur nature même à s’attendre à lui, à recevoir de lui ce que lui seul peut leur donner et ce qu’il prend plaisir à leur donner.
Si la lecture de ces pages nous fait saisir ce que doit être pour le croyant celle attente à Dieu, si elle nous amène à en éprouver pratiquement l’utilité et le bienfait, elle nous fera reconnaître aussi pourquoi Dieu nous appelle à regarder à lui avec confiance. Nous comprendrons qu’il s’agit là d’obéir à un commandement qui n’a rien d’arbitraire et que cette attente à Dieu, rendue nécessaire par nos péchés et notre incapacité, devient en outre une restauration qui nous ramène à notre destinée première, nous rend nos droits de très haute noblesse, nous replace dans la position glorieuse de créature directement dépendantes du Dieu de gloire.
Aussitôt que nos yeux s’ouvrent à cette vérité, la nature entière devient pour nous une vivante prédication. Elle nous rappelle que tout ce que Dieu a fait au commencement dans la création, il le fait à présent en nous par son oeuvre de rédemption. Quand le psaume 104e nous fait voir la main de Dieu active à entretenir tout ce qui a vie dans la nature, nous comprenons qu’il est nécessaire de nous attendre à Dieu pour tout notre être. Les lionceaux et les corbeaux qui crient à lui, les oiseaux, les poissons et tous les insectes qui reçoivent de lui la nourriture au temps voulu nous rappellent ce qu’est la nature de Dieu et sa gloire; ils nous disent qu’il est un Dieu auquel on doit s’attendre. À mesure que notre pensée saisit mieux ce qu’est la nature et ce qu’est Dieu, nous sentons mieux aussi toute la valeur de ces mots: «Attends- toi à Dieu,»
Tous s’attendent à toi afin que tu leur donnes. C’est Dieu qui donne tout. Puisse cette confiance s’implanter profondément dans notre coeur! Avant même de comprendre tout ce que comporte cette attente, avant de prendre l’habitude de nous attendre a Dieu, pénétrons-nous de cette vérité: S’attendre à Dieu, dépendre de lui continuellement et entièrement, voilà sur la terre comme au ciel la seule vraie religion, la seule véritable manière d’exprimer ce que doivent être nos relations avec le Dieu saint et béni en qui nous avons la vie.
Prenons aussitôt la résolution de nous attendre à Dieu continuellement avec humilité et confiance. Que désormais ce soit là le trait dominant et distinctif de notre vie et de notre culte. Soyons certains que celui qui nous a créés pour se donner lui-même à nous et habiter en nous, ne permettra pas que nous soyons jamais déçus. En nous attendant à lui, nous trouverons repos, joie et force, car il pourvoira à tous nos besoins.
«Mon âme, attends-toi à Dieu!»
ATTENDS-TOI À DIEU
Pour être soutenu, vivifié.
«L’Éternel soutient tous ceux qui sont près de tomber et il redresse tous ceux qui sont courbés. Les yeux de tous s’attendent à toi et tu leur donnes! leur nourriture en son temps.» #Ps 145:14,15.
Le psaume 104e chante la création, et là c’est de la création des animaux qu’il est dit: «Tous s’attendent à toi,» taudis qu’ici, le psaume chante le royaume de Dieu et que les mots: «Les yeux de tous s’attendent à toi» nous paraissent parler des saints de Dieu dans leurs détresses, de tous ceux qui succombent et sont abattus. Ce que font les animaux instinctivement, c’est là aussi ce que les enfants de Dieu sont appelés à faire par l’élan de la volonté et de l’intelligence, L’homme doit être l’inter. prête de la nature, C’est donc à lui de montrer que l’emploi le plus noble qu’il puisse faire de sa libre volonté est de s’attendre à Dieu.
Quand une armée s’avance en pays ennemi puis reçoit l’ordre de s’arrêter, ou se demande d’où vient ce retard. C’est souvent au manque de vivres qu’il faut l’attribuer. Approvisionnements et munitions ne sont pas arrivés à temps. Impossible d’aller plus loin. C’est aussi ce qui se voit dans la vie chrétienne; jour après jour, à chaque pas, nous avons besoin de recevoir d’en haut le nécessaire et rien ne saurait être plus utile au croyant que cet esprit de dépendance de Dieu, de confiance en lui par lequel il refuse de continuer sa marche sans avoir d’abord reçu la grâce et la force requises.
Et si l’on se dit que c’est à peu près là ce qu’on fait chaque fois qu’on prie, nous ferons observer qu’on peut prier beaucoup sans guère s’attendre à Dieu. En priant on peut être très préoccupé de soi-même et de ses propres efforts. Quand ou s’attend à Dieu, tout s’efface devant la pensée de Dieu, du Dieu auquel on s’attend. En sa présence tout fait silence, laissant Dieu dominer et tout de son ombre. Dieu veut se révéler à nous, il cherche à nous remplir de lui-même, mais il faut pour cela que nous nous attendions à lui. Nous lui donnons alors le temps de s’approcher de nous selon qu’il sait le faire par sa divine puissance.
C’est donc surtout au moment de la prière que nous devoirs chercher à avoir cette disposition d’esprit. Avant de prier, prosternez-vous en silence devant Dieu et cherchez à réaliser qui il est, à saisir qu’il est tout près et qu’il peut, qu’il veut vous secourir. Restez tranquille devant lui et laissez le Saint-Esprit éveiller en vous la pensée de la dépendance, de la confiance de l’enfant devant son père. Attendez-vous à Dieu comme au Dieu vivant qui vous connaît et qui veut vous remplir des grâces de son salut. Attendez-vous à Dieu jusqu’à ce que vous l’ayez rencontré. Combien la prière alors deviendra différente pour vous!
Et pendant que vous priez, qu’il y ait des intervalles, des moments de révérencieux silence, d’abandon de vous-même à Dieu, le laissant vous enseigner et agir en vous. Vous attendre à Dieu deviendra ainsi la partie la plus bénie de la prière et les grâces que vous obtiendrez vous seront doublement précieuses car elles seront le fruit de votre communion avec le Dieu saint. Dieu a trouvé bon que nous l’honorions en nous attendant à lui. Rendons-lui cet hommage avec confiance et joie. Il nous en récompensera richement.
«Les yeux de tous s’attendent à toi et tu leur donnes la nourriture en son temps?» Oui, Dieu pourvoit dans la nature aux besoins des créatures sorties de sa main; ne pourvoirait-il pas bien plus encore aux besoins spirituels de ceux qu’il a rachetés? Apprenez donc à dire en face de tout manquement, de toute lacune, de toute soif spirituelle: Je me suis trop peu attendu à Dieu, sinon il m’aurait donné en son temps tout ce dont j’avais besoin. Et de nouveau répétez- vous ces mots:
«Mon âme, attends-toi à Dieu!»
ATTENDS-TOI À DIEU
Pour qu’il t’enseigne
«Éternel, fais-moi connaître tes voies, enseigne-moi tes sentiers! Fais-moi marcher dans ta vérité et m’enseigne, car tu es le Dieu de ma délivrance. Je m’attends à toi tout le jour.» #Ps 25:4,5.
Nous avons parlé d’une armée qui, faute de vivres et de munitions, doit arrêter sa marche au moment d’entrer en pays ennemi. Le retard pourrait aussi venir de ce qu’elle attend des ordres. Avant d’avoir reçu la dépêche qui lui apporte l’ordre du général, une armée n’ose pas se mettre en marche. Il en est de même dans la vie du chrétien. La nécessité d’attendre ses instructions a pour lui autant de valeur que celle d’attendre des vivres.
Voyez comme le psaume vingt-cinquième nous indique bien tout cela, Le psalmiste connaissait et aimait la loi de Dieu, Il la méditait jour et nuit; mais il savait que ce n’était pas assez. Il savait que pour saisir le sens spirituel de la vérité et s’en faire l’application selon ses circonstances particulières, il avait besoin d’être directement enseigné de Dieu.
Ce psaume a toujours été l’un de ceux qu’on aime le mieux parce qu’il exprime très bien le besoin de recevoir de Dieu lumière et direction et aussi la confiance que Dieu veut conduire son enfant. Étudiez-le jusqu’à ce que vous ayez vous-même le désir d’être enseigné de Dieu, l’assurance que Dieu veut vous éclairer et vous guider. Puis remarquez que c’est avec cette même assurance que le psalmiste peut s’écrier: «Je m’attends à toi tout le jour.» Pouvoir compter sur la direction de Dieu du matin au soir, voilà ce que réalise celui qui s’attend à Dieu.
Notre Père qui est aux cieux prend un si vif intérêt à soi] enfant, il désire tellement le voir marcher selon sa volonté divine et son amour, qu’il veut le guider sans cesse de sa main. Il sait si bien que nous sommes incapables d’avoir une vie sainte s’il ne nous la donne pas lui-même que nous devons voir dans ses commandements autant de promesses de ce qu’il veut accomplir en nous. «Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même tout entiers, et que tout votre être, l’esprit, l’âme et le corps, soit conservé irrépréhensible lors de l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ. Celui qui vous a appelés est fidèle et c’est lui qui le fera.» #1Th 5:23. Et c’est non seulement dans les moments de grande difficulté et perplexité que nous pouvons compter sur lui, mais c’est dans le courant ordinaire de chaque journée qu’il veut nous enseigner ses voies et tracer notre sentier.
Qu’avons-nous donc à faire pour être ainsi guidé d’en haut? Nous n’avons qu’à nous confier en Dieu: «Je m’attends à toi tout le jour.» Quand nous prions, faisons-le en exprimant clairement à Dieu soit nos besoins, soit notre foi en son secours. Il faut que nous sentions notre ignorance des voies de Dieu et que nous sentions aussi l’absolue nécessité d’être éclairé de la lumière divine afin que «notre sentier soit comme la lumière resplendissante dont l’éclat va croissant jusqu’au milieu du jour.». {#Pr 4:18} Il faut aussi que nous attendions patiemment devant Dieu dans nos prières jusqu’à ce que nous soyons rempli de cette paisible assurance: Dieu m’exaucera. «Il enseigne sa voie aux humbles». {#Ps 25:9}
«Je m’attends à toi tout le jour.» Ce que nous disons et demandons à Dieu dans nos prières doit être ensuite confirmé par notre regard en haut «tout le jour.» Quelqu’un qui a les yeux ouverts trouve tout simple de marcher à la lumière du soleil tout le jour; il en est de même pour l’âme qui a pris l’habitude de s’attendre à Dieu, il lui semble tout naturel et délicieux de marcher tout le jour en pleine lumière divine, recevant les enseignements du Seigneur. Pour parvenir à cette vie-là, chacun de nous a besoin d’apprendre à connaître Dieu, à recevoir la foi de Dieu, à voir en lui la source de toute sagesse et sainteté, source toujours ouverte, toujours prête à satisfaire toute notre soif spirituelle. Oui, voilà ce qu’il nous faut. Si nous pouvions mieux nous représenter quel est l’amour de Dieu, si nous pouvions mieux croire qu’il nous attend pour nous faire part de ses grâces, pour être notre vie même et pour faire tout en nous, quelle joie serait pour nous cette attente confiante qui répondrait spontanément à son grand amour pour nous!
O Dieu, fais-nous toujours mieux saisir que «tout le jour» et à chaque instant tu es autour de, nous et en nous. Enseigne-nous que tu demandes seulement de nous notre pleine confiance. Apprends-nous à dire avec sincérité: «Je m’attends à toi tout le jour.»
«Mon âme, attends-toi à Dieu!»
ATTENDS-TOI À DIEU
Pour tous les saints
«Certainement aucun de ceux qui s’attendent à toi ne sera confus.» #Ps 25:3.
Dans notre méditation d’aujourd’hui, que chacun s’oublie lui-même pour penser à la multitude des saints de Dieu qui dans le monde entier s’attendent à lui avec nous. Tous, prions les uns pour les autres en présentant à Dieu ces mots: «Aucun de ceux qui s’attendent à toi ne sera confus.»
Représentons-nous un instant la foule de tous ceux qui ont besoin de nos prières. Que de malades, d’isolés, de gens fatigués qui voient leurs prières sans réponse et sont tentés de désespérer, que de serviteurs de Dieu, pasteurs ou missionnaires, évangélistes ou autres sont découragés dans leur travail ne recevant ni la puissance, ni les bénédictions demandées. Que de chrétiens ont entendu parler d’une vie de repos et de par. faite paix, de lumière et de communion avec Dieu, de force et de victoire sans savoir comment y parvenir. Tous ceux-là n’ont pas encore cherché à s’attendre à Dieu pour toutes choses. Ils ont besoin d’apprendre ce qu’il faut que tous apprennent, c’est que la confiance en Dieu ne reste jamais sans réponse. Souvenons-nous donc de tous ceux qui sont près de se lasser et de succomber. Répétons-nous pour eux et avec eux: «Aucun de ceux qui s’attendent à toi ne sera confus!»
Si ce cri d’intercession et de foi pour tous ceux qui s’attendent à Dieu fait partie de notre propre attente, nous accomplirons ainsi la loi de Christ en «portant les fardeaux les uns des autres.» {#Ga 6:2} Par là notre confiance en Dieu se dépouillera. de tout égoïsme pour se revêtir de l’amour divin, vrai moyen d’obtenir les grâces les plus élevées et de jouir d’une pleine communion avec Dieu. L’amour pour Dieu et l’amour pour les frères sont indissolublement unis et liés. En Dieu se trouve un même amour pour son Fils et pour nous: «Que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux.» {#Jn 17:26} En Christ aussi se trouve ce même amour, celui du Père pour son Fils et celui du Fils pour nous: «Comme mon Père m’a aimé, je vous ai aussi aimés. {#Jn 15:9} En nous pareillement, Dieu veut voir son amour pour nous se traduire en amour pour nos frères: «Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés {#Jn 13:34} L’amour de Dieu et l’amour de Christ pour nous sont étroitement liés avec notre amour pour nos frères. Et comment pourrions-nous mieux prouver et entretenir cet amour qu’en priant les uns pour les autres. Christ n’a pas cherché à jouir seul de l’amour du Père, il nous en a fait part. De même tous ceux qui cherchent Dieu et qui veulent être aimés de lui doivent aimer leurs frères et penser à eux dans leurs prières.
«Aucun de ceux qui s’attendent à toi ne sera confus.» Deux fois dans ce psaume, David parle de sa confiance en Dieu pour ce qui le concerne lui-même; ici il pense à tous ceux qui s’attendent à Dieu. Puisse cette page rappeler à tous ceux qui sont éprouvés et abattus qu’on prie pour eux bien plus qu’ils ne le savent. Puisse-t-elle être pour chacun de nous un stimulant à nous oublier nous-mêmes et à élargir notre coeur pour dire à notre père: «Tous Ceux-là s’attendent à toi et tu leur donnes la nourriture en son temps.» Que ceci nous anime d’un nouveau zèle, car qui de nous n’est sujet à faiblir parfois, à se laisser abattre. «Aucun de ceux qui s’attendent à toi ne sera. confus.» Quelle promesse nous avons là! Combien de croyants peuvent témoigner de la vérité, de ces mots et dire à tous ceux qui ont besoin de secours: Frères, soeurs, âmes éprouvées, attendez-vous au Seigneur! «Attends-toi à l’Éternel et demeure ferme et il fortifiera ton coeur attends-toi, dis-je à l’Éternel.»
Daigne, ô notre Père, accomplir cette promesse. Qu’aucun de ceux qui s’attendent à toi, que pas un seul ne soit confus. Plusieurs de tes enfants sont fatigués et abattus. Le temps de cette attente leur parait long D’autres sont faibles et ne savent guère comment faire pour s’attendre à toi. D’autres encore sont enlacés et retenus par leurs propres efforts et par l’excès du travail; ils se figurent n’avoir pas le temps de s’attendre à Dieu continuellement. Notre Père, enseigne à tous à s’attendre à toi. Apprends-nous à nous souvenir les uns des autres, à prier les uns pour les autres. Enseigne-nous à penser à toi, le Dieu de tous ceux qui s’attendent à toi. O Père, qu’aucun de ceux qui s’attendent à toi, ne soit confus. Nous te le demandons au nom de Jésus. Amen.
«Mon âme, attends-toi, à Dieu!»
ATTENDS-TOI À DIEU
Moyen de rendre efficace la prière
«Que l’intégrité et la droiture me préservent, car je me suis attendu à toi.» #Ps 25:21.
Une, troisième fois voici le mot «s’attendre à Dieu» qui revient dans ce psaume. Dans le cinquième verset le psalmiste s’écrie: «Je m’attends à toi tout le jour.» ici, le croyant en prière demande à Dieu de se souvenir qu’il regarde à lui et attend de lui une réponse. Quel puissant secours pour l’âme de savoir qu’elle est dans l’attitude de l’attente, si bien qu’elle puisse dire avec une confiance d’enfant: Seigneur, tu sais que je m’attends à toi. Ceci fait de la prière un plaidoyer plein de force, et donne au croyant toujours plus de hardiesse pour réclamer de Dieu ses promesses et en attendre l’accomplissement. «Certainement aucun de ceux qui s’attendent à toi ne sera confus.» {#Ps 25:3}
Ce genre de prière est de grande importance pour notre vie spirituelle. Quand nous nous approchons de Dieu, il faut que nous le fassions avec droiture. Sincérité et droiture de coeur doivent présider à tous nos rapports avec Dieu, comme nous le dit le psaume vingt-sixième: «Rends-moi justice, Éternel, car je marche dans l’intégrité...Moi, je marche dans l’intégrité délivre-moi et aie pitié de moi.» {#Ps 26:1,11} Il est écrit que Dieu «déploie sa justice sur ceux qui ont le coeur droit.» {#Ps 36:10} Sachons-le bien, pour s’approcher du Dieu saint et être abondamment béni, il faut que le coeur soit voué à faire sa volonté, sans tolérer en lui ni doute, ni souillure. Le croyant qui s’attend à Dieu doit être animé d’un esprit toujours prêt à dire: «Que l’intégrité et la droiture me préservent.» Tu vois, Seigneur, que c’est bien ainsi que je désire aller à toi, tu sais que c’est de toi que j’attends la force de pouvoir le faire, Daigne donc me préserver, «car je me suis attendu à toi.»
Si nos tentatives pour vivre toujours de cette vie-là nous font découvrir combien nous sommes loin encore de cette droiture, de cette intégrité, voyons là un des premiers fruits d’une vie tournée vers Dieu. L’âme ne peut pas entrer en communion intime avec Dieu, ni obtenir l’assurance qu’elle «s’attend à lui tout le jour» sans une consécration sincère, un abandon complet à sa volonté, «Car je me suis attendu à toi.» Toute prière peut s’appuyer de ces mots pour réclamer du Seigneur une réponse. Nous trouverons grande bénédiction à nous en servir souvent. Cherchons donc à en comprendre toute la portée. Soyons bien au clair sur ce qui doit faire le sujet de notre attente. Nos prières peuvent présenter à Dieu des requêtes très diverses. Nous pouvons nous attendre à lui pour qu’il vienne agir souverainement en nous et nous l’aire sentir sa présence divine, ou bien pour quelque sujet plus spécial, ou aussi pour notre vie religieuse qui réclame une nouvelle effusion de la puissance d’en
haut, ou bien encore pour l’état général de l’Église et des saints, ou enfin pour telle ou telle fraction de son oeuvre qui nous oblige à toujours regarder à lui. Il nous sera bon parfois de nous énumérer les divers sujets de prière pour lesquels nous regardons à Dieu et lorsqu’en précisant chacun d’eux, nous pourrons ajouter «Je m’attends à toi, Seigneur,» nous serons enhardis à réclamer une réponse du Seigneur en lui disant: «Car je me suis attendu à toi.»
Voyons clairement aussi à qui nous nous attendons. Il ne s’agit pas là d’une idole, d’un Dieu de notre imagination, mais du Dieu vivant tel qu’il est dans sa gloire, dans son infinie. sainteté, sa puissance, sa sagesse, sa bonté, son amour, et aussi d’un Dieu qui est tout près de nous. La présence du maître éveille l’attention du serviteur; c’est la présence de Dieu se révélant en Christ et par le Saint-Esprit qui ranime et vivifie le croyant. Sachons donc faire silence et attendre avec adoration jusqu’à ce que nous puissions sentir Dieu tout près de nous et lui dire: «Oui, c’est à toi que je m’attends.»
Que cette attente devienne en outre très précise et certaine. Soyons-en si pénétré que nous puissions nous écrier spontanément: «Je m’attends à toi tout le jour.» C’est bien à toi que je m’attends! Ceci ne se peut que lorsque l’âme s’est entièrement donnée, abandonnée à Dieu, et que Dieu devient son tout, sa seule joie. S’attendre ainsi à Dieu est le seul véritable christianisme; mais qu’on est loin généralement de le reconnaître. Et pourtant s’il est vrai que Dieu seul soit pour nous bonté, joie, amour, s’il est vrai que notre plus grand bonheur consiste à recevoir de lui le plus possible, s’il est vrai que Christ nous a rachetés pour que nous soyons entièrement à Dieu et pour nous rendre possible cette vie d’habituelle confiance en lui, pourrions-nous vivre autrement qu’en, nous attendant constamment à lui?
«Mon âme, attends-toi à Dieu!»
ATTENDS-TOI À DIEU
Plein de courage et de force
«Attends-toi à l’Éternel et demeure ferme, et il fortifiera ton coeur. Attends- toi, dis-je, à l’Éternel.» #Ps 27:14.
Le psalmiste venait de dire: «N’eût été que j’ai cru que je verrais les biens de l’Éternel dans la terre des vivants, c’était fait de moi.» N’eût été sa foi en Dieu, le coeur lui aurait défailli, mais s’assurant en Dieu, au Dieu qui donne la foi, il s’exhorte lui-même et nous invite, nous aussi, à avoir confiance en Dieu: «Attends-toi à l’Éternel et demeure ferme et il fortifiera ton coeur. Attends-toi, dis-je, à l’Éternel.» Lorsque nous cherchons à nous attendre à Dieu, il importe d’être intimement convaincu que notre confiance ne sera pas déçue. C’est là le secret qui obtient toute grâce et dont il faut se souvenir. Croyons, osons croire que Dieu est prêt à nous écouter, à nous secourir, et que nous nous attendons à un Dieu qui n’a jamais trompé la confiance de ses enfants.
«Demeure ferme et il fortifiera ton coeur.» On cite souvent ces mots dans les occasions où il est question de quelque entreprise difficile, de quelque lutte à soutenir, de quelque ennemi redoutable contre lequel toute force humaine parait insuffisante. Est-il donc si difficile de se confier en Dieu qu’il soit nécessaire d’y être invité par ces mots,: «Demeure ferme et il fortifiera ton coeur.» Oui, c’est difficile. Le secours que nous demandons se fait souvent attendre. Il doit nous délivrer d’ennemis contre lesquels nous sentons notre impuissance. Les grâces que nous implorons sont spirituelles et invisibles, elles sont au-delà du pouvoir de l’homme, ce sont des réalités surnaturelles et divines. Nous sommes généralement peu habitués à rester en communion avec Dieu, et souvent ce Dieu en qui nous nous confions paraît se dérober à notre foi. Nous sommes donc tentés de craindre que notre foi ne soit trop faible pour pouvoir s’attendre à lui avec efficace, que notre volonté de le faire ne soit pas assez sérieuse, que notre abandon au Seigneur ne soit pas complet. N’y a-t-il pas là de quoi faire défaillir notre coeur? Au milieu de toutes ces craintes, de tous ces doutes, quel bonheur d’entendre cet appel du Seigneur: «Attends-toi à l’Éternel et demeure ferme, et il fortifiera ton coeur. Attends-toi, dis-je, à l’Éternel. Que rien, dans le ciel, sur la terre, ni dans l’enfer, ne t’empêche de t’attendre à ton Dieu; fais-le avec la parfaite assurance que ce ne sera pas en vain.
Notre texte nous appelle donc à compter sur notre Dieu avec l’assurance que nous allons le rencontrer et qu’il va nous bénir. Disons-nous bien que rien n’est plus certain, et que ‘cette confiance en Dieu obtiendra de lui des grâces bien au delà de ce que nous attendons. Nous sommes si enclins à juger l’oeuvre de Dieu en nous d’après ce que nous sentons, que si nous ne recevons pas immédiatement telle ou telle grâce demandée, nous tombons bientôt dans le découragement. Souvenons-nous donc avant tout que pour s’attendre à Dieu, il faut le faire avec bonne espérance, avec la confiance que c’est le Dieu de gloire, de puissance et d’amour qui nous attend pour nous bénir.
Direz-vous que vous craignez de vous bercer d’un vain espoir parce que vous ne trouvez en vous aucune garantie d’être prêt à recevoir autant du Seigneur? Je réponds aussitôt que Dieu lui-même vous garantit l’accomplissement des grandes choses promises à votre foi. Comprenez bien que ce n’est pas sur vous-même que vous devez compter, ni sue ce que vous sentez en vous, mais que c’est sur Dieu, sur ce qu’il est tout d’abord, puis sur ce qu’il veut faire en vous. Ce qui nous fait de cette attente habituelle à Dieu un devoir et un bonheur, c’est la nature même de Dieu, d’un Dieu si infiniment riche en bonté, en puissance, en vie et en joie que nous, pauvres et misérables que nous sommes, nous ne pouvons pas avoir de contact avec lui sans que sa puissance et sa vie ne passent de lui en nous, ne nous apportent mystérieusement et en silence ses grâces et ses bénédictions. Dieu est amour! Voilà la meilleure, la seule garantie que votre attente ne sera pas déçue. L’amour ne cherche point son intérêt; et. l’amour de Dieu prend plaisir à se communiquer à ses enfants, il les combler de ses grâces. Venez donc, et tout faible que vous vous sentez, attendez en sa présence. Un pauvre infirme se fait porter au soleil pour se laisser pénétrer de sa bienfaisante chaleur. Faites de même Que tout ce qui est froid, sombre et triste en vous, reçoive le regard vivifiant du Dieu d’amour. Attendez sa sainte présence en vous répétant: «Oui, me voici au soleil de son amour. Et le Seigneur fera son oeuvre en vous. Oh! confiez-vous à lui sans réserve. Attends-toi à l’Éternel et demeure ferme et il fortifiera ton coeur. Attends-toi, dis-je, à l’Éternel»
«Mon âme, attends-toi à Dieu»
ATTENDS-TOI À DIEU
De tout ton coeur
«Demeurez fermes et que, votre coeur se fortifie, vous tous qui vous attendez à l’Éternel.» #Ps 31:24.
Ce texte est à peu près le même que celui de la méditation précédente, mais il va nous servir à insister sur un enseignement très important pour ceux qui veulent réellement s’attendre à Dieu. C’est par le coeur que nous devons nous attendre à Dieu. «Que votre coeur se fortifie.» C’est de l’état de notre coeur devant Dieu que dépendra notre attente. Ce n’est qu’autant que notre coeur est préparé par le Saint-Esprit, que nous pouvons entrer plus ou moins en la sainte présence de Dieu et attendre de lui ses grâces. Souvenons-nous donc de ces mots:
«Demeurez fermes et que votre coeur Se fortifie, vous tous qui vous attendez à l’Éternel».
Ceci paraît si simple et si naturel qu’on pourrait se demander: Chacun n’admet- il pas cette vérité? À quoi bon insister autant là-dessus? Il le faut pourtant, parce qu’un très grand nombre de croyants n’ont aucune idée de la différence qui existe entre la religion du coeur et la religion de l’intelligence, et que celle-ci est en général celle qui prévaut sur l’autre. On ne comprend pas qu’en ceci le coeur a plus d’importance que l’intelligence. Il faut voir dans cette erreur l’une des principales causes de la faiblesse de notre vie chrétienne, et ce n’est qu’en le comprenant bien qu’on recevra pleine bénédiction de la foi qui s’attend à Dieu.
Voici un passage des Proverbes qui m’aidera à me faire comprendre: «Confie-toi en l’Éternel de tout ton coeur et ne t’appuie pas sur ta sagesse.» {#Pr 3:5} En toute religion nous avons à faire usage de ces deux forces-là. Notre intelligence doit recueillir la connaissance que nous offre la Parole de Dieu; elle prépare ainsi la nourriture que le coeur doit s’assimiler; mais ici nous sommes en grand danger de nous appuyer sur la force de notre intelligence pour saisir les choses de Dieu. On s’imagine qu’en s’occupant de la vérité, on fortifie par là-même sa vie spirituelle; il n’en est rien. L’intelligence nous fait saisir l’idée ou l’image des choses de Dieu, mais elle ne peut agir sur la vie de l’âme. C’est là ce dont nous avertit ce commandement: «Confie-toi en l’Éternel de tout ton coeur et ne t’appuie pas sur ta sagesse, ou ton intelligence». C’est par le coeur que l’homme peut croire et se mettre en contact avec Dieu. C’est dans le coeur que Dieu envoie son Esprit qui nous communique sa présence divine. Dans tout ce qui constitue notre religion, c’est le coeur qui est appelé à se confier et à aimer, à adorer et à obéir. Notre intelligence est absolument incapable de créer on de maintenir en nous la vie spirituelle, c’est notre coeur qui doit s’attendre à Dieu pour recevoir de lui cette vie spirituelle.
Il en est de ceci comme de la vie physique. Ma raison peut me dire ce que je dois manger et boire et comment les aliments nourrissent mon corps; mais elle ne peut me nourrir elle-même; c’est mon corps qui possède les organes chargés de le faire. De même quant au domaine spirituel: ma raison peut m’informer de ce que dit la Parole de Dieu, mais elle ne saurait me nourrir du «pain de vie»; c’est Là ce que le coeur seul peut faire par sa foi et sa confiance en Dieu. On peut bien étudier la nature et les effets de la nourriture et du sommeil, mais dès qu’il s’agit de manger on de dormir, on laisse de côté toute étude, toute spéculation de ce genre pour user de la faculté de manger et de dormir. C’est ainsi qu’après avoir entendu ou médité la parole de Dieu, le chrétien ne doit pas se confier en ses pensées, mais s’en détourner pour appeler son coeur à s’ouvrir devant Dieu, à entrer en communion avec lui.
Voici donc ce qui nous assure la grâce de pouvoir nous attendre à Dieu: c’est de reconnaître l’incapacité de toute pensée et tout effort venant de nous-même, de faire taire tout ce qui vient de notre intelligence, pour laisser notre coeur adorer en silence, se confier eu Dieu et attendre de lui qu’il renouvelle et consolide son oeuvre en nous. C’est précisément là ce que nous enseigne notre texte: «que votre coeur se fortifie, vous tous qui vous attendez à l’Éternel.» Souvenez-vous bien de la différence qui existe entre la connaissance, fruit de l’intelligence, et la foi qui vient du coeur. Gardez-vous de la tentation de vous appuyer sur votre intelligence et ses pensées claires ou profondes. Celles- ci ne sont que reflets et images fugitives; elles ne servent qu’à vous faire connaître ce que le coeur doit recevoir de Dieu. «Que. votre coeur se fortifie, vous tous qui vous attendez à l’Éternel.» Offrez à Dieu votre coeur, c’est à ce merveilleux organe de votre nature spirituelle
que Dieu se révèle, c’est lui qui! vous permet de connaître Dieu. Avec une entière confiance, croyez que Dieu agit dans votre coeur par le Saint-Esprit quoique vous ne puissiez pas le voir. Que votre coeur attende en repos et en silence devant Dieu et c’est là, tout au fond de votre être, que Dieu agira, soyez-en bien certain.
Pour entretenir ma vie terrestre, il ne me suffit pas de, savoir quel air et quelle nourriture me conviennent. Il faut encore que je respire cet air et que je mange cette nourriture, les assimilant ainsi à mon corps. De même ce n’est pas la connaissance des vérités divines qui pourra seule me faire du bien; il faut que par son Esprit le Seigneur lui-même entre au dedans de moi et fasse sa demeure en moi. C’est par le coeur que je dois m’attendre à Dieu, c’est dans mon coeur que je dois recevoir Dieu, c’est dans mon coeur que Dieu me communiquera son Esprit et par là toutes les grâces spirituelles de Christ. Donnez, abandonnez continuellement tout votre coeur à Dieu. C’est là ce qu’il demande de vous pour pouvoir demeurer en vous. Oui, «que votre coeur se fortifie, vous tous qui vous attendez à l’Éternel.»
«Mon âme, attends-toi à Dieu!»
ATTENDS-TOI À DIEU
Avec humilité, crainte et confiance
«Voici, l’oeil de l’Éternel est sur ceux qui le craignent, sur ceux qui s’attendent à sa gratuité, afin qu’il les retire de la mort et qu’il les entretienne en vie durant la famine.
Notre âme s’est attendue à l’Éternel, il est notre aide et notre bouclier.
Certainement notre coeur se réjouira en lui parce que nous avons mis notre confiance en son saint nom. Que ta bonté soit sur nous, Ô Éternel, comme nous nous sommes attendus à toi.» #Ps 33:18-22.
Dieu abaisse ses regards sur ses enfants, et ceux-ci élèvent leurs regards vers lui. Quand nous nous attendons à lui, nous regardons à lui et nous rencontrons son regard paternel.
Nous attendre à Dieu, voilà ce qui détourne nos yeux et nos pensées de nous- mêmes, de nos désirs et nos besoins, pour nous occuper de notre Dieu. Nous l’adorons alors, lui et son amour qui veille sur nous, clairvoyant et prêt à subvenir à tout ce qu’il nous faut. Remarquons bien ici ce qui nous est dit de «l’oeil de l’Éternel,» de ce qu’il est pour ceux sur lesquels s’arrêtent ses regards, pour ceux qui regardent à lui.
«L’oeil de l’Éternel est sur ceux qui le craignent, sur ceux qui s’attendent à sa gratuité.» La crainte et la confiance paraissent généralement opposées l’une là l’autre, mais en la présence de Dieu et dans l’adoration que nous lui offrons, la crainte se trouve en parfait accord avec la confiance, car en Dieu se concilie toute contradiction apparente. La justice et la paix, le jugement et la miséricorde, la sainteté et l’amour, la toute puissance et la plus grande douceur, la majesté suprême et la condescendance qui sait s’abaisser, toutes ces choses se rencontrent et s’allient en lui. Il y a en effet une crainte qui fait souffrir, et que le parfait amour peut seul dissiper; mais il y a aussi une crainte d’un autre genre qui se trouve dans le ciel même. Dans le cantique de Moïse et de l’Agneau, voici ce que disaient ceux qui le chantaient «O Seigneur! qui ne te craindra et qui ne glorifiera ton nom!» Et du trône même de Dieu sortait une voix qui disait: «Louez notre Dieu, vous tous ses serviteurs et vous qui le craignez, petits et grands!» {#Ap 15:3 19:5} En nous attendant au Seigneur notre Dieu, souvenons-nous toujours que «son nom est saint et redoutable.» {#Ps 111:9} Plus nous nous abaisserons devant lui avec crainte, adoration et sainte révérence, plus nous nous humilierons comme les anges qui se voilent la face devant son trône, plus aussi sa sainteté rayonnera sur nous, préparant notre âme à écouter Dieu et à le laisser se révéler à nous. C’est quand nous sommes pénétrés de la vérité de ces mots: «Que nulle chair ne se glorifie devant Dieu», {#1Co 1:29} que nous sommes préparés à voir sa gloire. «L’oeil de l’Éternel est sur ceux qui le craignent.»
«Sur ceux qui s’attendent à sa gratuité.» La vraie crainte de Dieu, bien loin d’entraver notre confiance, ne fera que la stimuler et la fortifier. Plus nous nous abaisserons devant Dieu, sentant que nous ne pouvons nous confier qu’en sa miséricorde, plus aussi Dieu se rapprochera de nous, nous donnant la sainte hardiesse de nous confier en lui. Que toujours notre attente à Dieu soit remplie de confiance et d’espérance, d’une espérance aussi rayonnante et inépuisable que la miséricorde de Dieu. Sa paternelle bonté envers nous est telle que toujours et quel que soit l’état de notre âme, nous pouvons compter sur sa miséricorde chaque fois que nous allons à lui.
Voilà ce que sont ceux qui s’attendent à Dieu. Et maintenant voyons ce qu’est le Dieu auquel nous nous attendons. «L’oeil de l’Éternel est sur ceux qui le craignent, sur ceux qui s’attendent à sa gratuité, afin qu’il les retire de la mort et qu’il les entretienne en vie durant la famine.» Non pas pour leur éviter le danger de la mort et de la famine, car ceci est parfois nécessaire pour les pousser à s’attendre à lui, mais pour les délivrer et les garder en vie. Les dangers qui nous menacent sont souvent très réels et effrayants, notre situation soit quant à la vie temporelle, soit quant à la vie spirituelle, pourra nous paraître désespérée, mais toujours voici l’espoir du croyant: «L’oeil de l’Éternel est sur ceux qui le craignent.» Cet oeil divin voit le danger, il suit avec sollicitude son enfant éperdu, mais confiant, il sait à quel moment son coeur sera prêt à recevoir la bénédiction, fruit de l’épreuve, il sait aussi de quelle manière elle doit lui être envoyée. Oh! craignons le Dieu vivant, tout puissant, et confions-nous en sa miséricorde. Avec humilité, mais avec assurance aussi, écrions-nous: «Notre âme s’est attendue à l’Éternel, il est notre aide et notre bouclier. Que ta bonté soit sur nous, ô Éternel, comme nous nous sommes attendus à toi!»
Quel bonheur de pouvoir s’attendre à un tel Dieu, secours toujours présent en toute circonstance, bouclier et rempart coulpe tout danger. Enfants de Dieu, dans votre complète incapacité, ne voulez-vous pas vous jeter à ses pieds pour attendre en silence son secours? Dans la plus grande disette spirituelle comme à l’approche imminente de la mort, attendez-vous à Dieu, c’est lui qui délivre et qui maintient en vie. Ne vous bornez pas à vous le répéter à vous-même seulement, dites-le vous les uns aux autres. Ce psaume ne s’adresse pas à tel individu isolé’, mais à tout le peuple de Dieu, «Notre âme s’est attendue à l’Éternel, il est notre aide et notre bouclier.» Fortifiez-vous mutuellement dans ce saint exercice de foi et d’attente, afin que chacun puisse dire de ses frères aussi bien que de lui-même: «Nous t’avons attendu, nous nous égaierons et nous réjouirons de son salut.» {#Esa 25:9}
«Mon âme, attends-toi à Dieu!»
ATTENDS-TOI À DIEU
Avec patience
«Sois tranquille en regardant à l’Éternel et, attends-le. Ceux qui s’attendent à l’Éternel hériteront la terre» {#Ps 37:7,9}
«Possédez vos âmes par votre patience.» {#Lu 21:19} «Vous avez besoin de patience.» {#Heb 10:36} «Que l’ouvrage de la patience soit parfait, afin que vous soyez parfaits et accomplis.» {#Jas 1:4} Ces mots dictés par le Saint-Esprit nous montrent de quelle importance est la patience dans la vie et le caractère du chrétien. Et plus que jamais c’est quand ou s’attend à Dieu qu’il faut user de patience. C’est alors que nous découvrons combien nous sommes impatients et ce que signifie cette impatience. Nous savons bien que parfois nous sommes impatients envers les hommes, impatient aussi envers nous-même quand nous constatons la lenteur de nos progrès dans la vie chrétienne. Dès que nous cherchons réellement à nous attendre à Dieu, c’est envers lui que nous voilà impatient s’il ne répond pas à l’instant aux volontés que nous lui exprimons. C’est eu nous attendant à Dieu que nous apprenons à avoir foi en sa souveraine et sage volonté. Nous voyons alors que plus nous cédons promptement à sa volonté, plus aussi nous pouvons avoir part à ses grâces.
«Cela ne dépend ni de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde.» {#Ro 9:16} Nous sommes aussi incapables d’augmenter et de fortifier notre vie spirituelle que de la faire naître. «Ce n’est ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme» que nous sommes liés, mais «de la volonté de Dieu.» {#Jn 1:13} Puisqu’il en est ainsi rien ne vient de celui qui veut, ni de celui qui court, ni de nos désirs, ni de nos efforts, mais tout nous est donné par «Dieu qui fait miséricorde.» Sans doute nos exercices spirituels, la lecture, la prière, «le vouloir et le faire» ont leur valeur pour nous indiquer le chemin, mais ils ne sauraient aller au delà; ils ne servent qu’à nous amener à dépendre humblement de Dieu seul et à attendre patiemment sa miséricorde «en son temps.» Le but de cette attente est donc de nous apprendre à nous placer dans une dépendance absolue à l’égard de Dieu et de son couvre en nous, à nous mettre avec patience à sa disposition. «Ceux qui s’attendent à l’Éternel hériteront la terre,» la terre promise avec ses bénédictions. Un héritier doit attendre, il peut attendre.
«Sois tranquille en regardant à l’Éternel et attends-le.» Une autre version dit: «Garde le silence devant l’Éternel.» C’est quand nous restons tranquilles en regardant à l’Éternel, à sa volonté, à sa promesse, à sa fidélité et à son amour, que la patience nous devient facile. Faisons taire devant lui toute volonté, toute crainte et toute espérance, laissant s’établir en nous ce calme, cette grande paix de Dieu qui surpasse toute intelligence. C’est cette paix-là qui garde notre coeur et notre esprit de toute inquiétude quand nous avons «exposé à Dieu nos besoins.» Repos, silence, tranquillité et attente patiente nous font trouver force et joie en Dieu lui-même.
C’est à l’âme qui s’attend à Dieu que sont révélés les fruits bénis de la patience. Notre patience devient alors la contrepartie de la patience de Dieu. Dieu veut nous bénir abondamment, il le désire bien plus que nous ne le désirons nous-mêmes; mais «comme le laboureur attend avec patience le précieux fruit de la terre,» {#Jas 5:7} Dieu aussi se ploie à notre lenteur et nous supporte longtemps. Souvenons-nous de ceci et attendons avec patience. Pour toute promesse de Dieu ainsi que pour tout exaucement de prière, cette parole est toujours vraie: «Moi, l’Éternel, je hâterai ces choses en leur temps.» {#Esa 60:22}
«Sois tranquille en regardant à l’Éternel et attends-le.» Oui, «attends-le,» non pas seulement son secours, ou quelque grâce de sa part, mais lui-même. Rendez à Dieu la gloire qui lui appartient en vous confiant en lui complètement, en l’attendant patiemment. Cette patience honore notre Dieu; elle reconnaît en lui le Dieu souverain sur son trône et elle le laisse faire son oeuvre, elle abdique le moi entre ses mains,elle laisse Dieu être Dieu. S’il s’agit de quelque requête spéciale, attends-le patiemment; s’il s’agit plutôt de progrès dans ta vie spirituelle, de recevoir davantage de Dieu, attends-le patiemment. Soit que cette attente ne doive s’exercer que pour un temps limité, soit qu’elle doive devenir une sainte habitude de l’âme, «sois tranquille en regardant à l’Éternel et attends-le. Ceux qui s’attendent à l’Éternel hériteront la terre.»
«Mon âme, attends-toi à Dieu!»
ATTENDS-TOI À DIEU
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