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+LES LIVRES Simples Entretiens sur le Tentateur (S. D. GORDON) Traduit de l'anglais par Mlle Jeanne EBERHARD NOUVELLE SOCIÉTÉ D'ÉDITIONS DE TOULOUSE — DIEULEFIT Drôme TABLE DES MATIERES Les bons livres sur Satan sont rares. La littérature religieuse de toute langue en est relativement pauvre. En français, à part certains volumes d'une théologie spéciale, nous serions bien en peine de nommer des oeuvres de pensée sûre et d'expression juste. Nous connaissons les « Discours sur le Tentateur » d'Adolphe Monod, quelques études de G. Tophel, et, ci et là, dans certains ouvrages sur la Puissance de Dieu et le Problème du Mal, des pages plus ou moins complètes pour un si vaste sujet. Nous n'avons certes pas la prétention d'offrir au public religieux un recueil d'Entretiens qui épuiseraient la question. Nous avouons volontiers que S. Gordon est loin d'avoir, en la matière, les aperçus théologiques d'un saint Thomas d'Aquin. Le Docteur Angélique, en effet, a apporté aux questions que l'on se pose et se posera toujours : D'où vient Satan ? Qui donc l'a fait tomber ? Pourquoi Satan ? des réponses admirables par leur profondeur de pensée, sur lesquelles nous ne pouvons pas revenir ici. Sur les données de ces réponses, on le sait, toute une doctrine de la destinée humaine et chrétienne a été construite. S. Gordon, prédicateur biblique et peu théologien, sans manquer de grandeur, s'il avait lu la Somme, aurait certainement plus d'envergure. Adolphe Monod lui-même, dans ses discours, pose des problèmes essentiels qui échappent à notre auteur. Il est vrai que ce grand prédicateur ne leur donne aucune solution. Du moins, il les résout par la foi. Gordon, qui s'en tient à l'enseignement de la Bible et l'accepte tel qu'il est, aboutit au même résultat. Et c'est là tout le charme profond de ce livre, déjà ressenti dans les autres oeuvres de S. Gordon qui ont été traduites : « Simples Entretiens sur la Puissance Spirituelle » et « Simples Entretiens sur la Prière ». Notre auteur est foncièrement biblique. A tout ce qu'il avance, il ajoute un texte. Non un texte détaché de l'ensemble scripturaire, mais apporté avec tout le respect dû aux principes de l'analogie de la foi. De ce fait, ces Entretiens, sur un sujet si délicat, observent une mesure, une sagesse, une pondération, un équilibre parfait. D'autres livres sur le Tentateur insistaient tant sur la puissance de notre Ennemi et sur sa force que le lecteur les refermait avec effroi. Nous connaissons même des cas de troubles mentaux causés par une telle lecture. Au contraire, ici, tout est tonique et bienfaisant. Satan, sans doute, est montré comme « celui qui est fort », mais le Fils de Dieu est démontré le « plus fort ». A insister sur la victoire de Jésus, comme notre auteur le fait ; à expliquer comment et pourquoi le Maître l'a remportée pour nous ; à prouver que cette victoire est toujours à notre disposition, Gordon détourne de Satan les regards du lecteur et les reporte sur le Vainqueur. Tel est le secret de la valeur et de la beauté de ces Entretiens. L'Ennemi perd sa place dans nos préoccupations ; il n'est plus le premier. « Celui qui résume toute chose » devient le centre même de ces études. Et cependant, le Tentateur, son histoire, son rôle, son sens, ses méthodes, ses ruses, sa force, ses limites, sa défaite, sont admirablement décrits. Que de conseils précieux nous sont donnés avec une incomparable perspicacité Or, à l'heure que nous vivons, nous avons particulièrement besoin de ces conseils. Un peu partout, nous entendons parler de chutes retentissantes de chrétiens marquants. D'autant plus retentissantes que ces chrétiens étaient marquants. Église en est honteuse et perplexe. Elle se prend parfois à douter. Elle se demande si Évangile détient vraiment cette puissance qu'il prétend posséder, ou du moins, si la force reçue par les enfants de Dieu n'est pas un leurre. Elle connaît des heures de défaite. Nous croyons, nous, qu'à cet état de chose, deux causes profondes sont à affirmer. Notre piété moderne est trop sentimentale, charnelle, et pas assez spirituelle. Et puis, elle ignore trop, précisément, le Tentateur. Elle se croit forte de l'ignorer. Elle voit là une marque de sagesse et de libération de préjugés passés. Politique d'autruche qui cache sa tête dans le sable pour ne plus voir son ennemi devant elle. Or, l'Ennemi le sait et en profite. Que de frères en la foi, s'ils avaient été mieux avertis, ne seraient pas tombés. Mieux armés, ils eussent été vainqueurs. Ignorants du vrai sens de la tentation et de ses pièges, ils ont été vaincus. Ces « Entretiens » viennent à leur heure, croyons-nous. Ils n'ont rien d'effroyable. Toujours calmes, empreints de paix et de sérénité vraies, puisées en Jésus, le Vainqueur, ils n'inquiètent personne. Au contraire, ils peuvent être mis entre les mains de chrétiens jeunes en la foi, débutants ou hésitants sur le chemin du « bon combat ». // nous faut remercier la traductrice de l'effort qu'elle a fait pour rendre simple son expression et claire sa traduction. Celle-ci n'a rien de théologique. Le livre anglais a été, aussi, abrégé, car certaines répétitions sont moins utiles au lecteur qu'à l'auditeur d'un message. Nous avons nous-même revu les épreuves avec soin et travaillé, dans la mesure de nos moyens, à la netteté du style et de la pensée. Nous avons retiré de ce travail le plus grand bien spirituel. C'est pourquoi nous recommandons ce livre. Que Dieu bénisse, pour beaucoup d'âmes, cette lecture. Henri Eberhard, Pasteur. Ces simples entretiens sur le Tentateur sont, au fond, des entretiens sur la vie de l'Esprit. De ce fait, la place prédominante y est réservée au Seigneur Jésus, le Vainqueur ; au Calvaire, lieu de la Victoire ; à l'Obéissance, chemin de la Victoire ; à l'étude de la Bible, à la Prière, les armes de la Victoire ; et au Courage — foi dans le combat — esprit de la Victoire. Ce sont d'humbles entretiens, d'une grande simplicité, qui vont droit au but. Les répétitions qui s'y trouvent sont voulues. Elles sont le propre de la conversation 0). Ces discours furent prononcés devant des foules à qui le tourbillon du monde faisait perdre l'équilibre de la vie spirituelle. Pour répondre au désir de beaucoup d'auditeurs, ils ont été imprimés tels quels ou à peu près, dans le dessein d'aider et d'encourager ceux qui luttent et de les conduire plus rapidement et plus sûrement à la victoire. (1) Nous en avons toutefois supprimé plusieurs. L'esprit français n'aime guère, en effet, les répétitions. Nous avons gardé celles qui apportaient avec elles quelques idées nouvelles. (N. du traducteur). Ils ne sont ni pour le savant ni pour le critique, à moins que ceux-ci ne consentent à s'abaisser jusqu'à leurs frères qui, sur le chemin de la vie, cherchent humblement à être éclairés. Si, par la grâce du Maître, ces entretiens pouvaient relever ceux qui sombrent dans la lutte, et leur permettre dorénavant de combattre mieux armés, de chanter plus joyeusement, de suivre Jésus plus fidèlement ; s'ils orientaient, ne serait-ce qu'un petit nombre de vies, vers plus de pureté, plus de compréhension, plus de consécration dans le service, plus de vigilance, plus d'esprit de prière, ils auraient accompli l'oeuvre pour laquelle ils ont été écrits, à la gloire de notre souverain Maître et Sauveur, Jésus-Christ. Elle emprunte les chemins de Dieu Nous connaissons tous la tentation. Tout homme qui respire est tenté. Ce corps, dans lequel il habite, lui est une cause de tentation. Ce cerveau même, avec lequel il pense, peut lui dresser des embûches. C'est une tentation pour un tempérament sociable que d'accorder trop d'importance aux humains, ses frères. C'est une tentation que l'ambition, même légitime, de jouer un rôle dans la vie, de lutter avec ses propres moyens et — dans un bon sentiment — de remporter des victoires personnelles. Car la tentation ne s'égare pas. Elle suit les voies naturelles de la vie. Satan chemine sur les sentiers de Dieu. Il n'en crée jamais de particuliers. Il se sert de ceux que Dieu a tracés. Rien n'est mauvais en soi. Mais tout peut devenir condamnable. Le péché réside dans le mauvais motif d'une action ou dans le mauvais mobile qui l'inspire. Il se trouve dans tout excès, dans toute exagération. La parole est un don de Dieu. Mais le désir de tremper par elle et de faire usage de sa langue pour dire ce qui n'est pas vrai vient du malin. L'action d'ouvrir un tiroir, d'y plonger la main pour en sortir de l'argent peut être bonne ou mauvaise. Tout dépend de la main qui pénètre dans ce tiroir et du mobile qui la meut. Cet acte peut devenir la manifestation de ces deux extrêmes : le bien ou le mal. Si ce tiroir et son contenu sont à moi, et que dans un esprit de prière je me saisisse de l'argent pour le faire servir à répandre Évangile dans les pays païens, l'acte est non seulement bon, mais louable. Car les païens ont besoin de l'Évangile et l'argent donné peut ainsi, par la grâce du Saint-Esprit, être transformé en moyen d'amener une âme au salut. Si, au contraire, ni le tiroir, ni l'argent ne sont à moi, l'acte est alors condamnable et par la justice des hommes et par la justice de Dieu. C'est tout à la fois crime et péché. Si le tiroir est à moi ainsi que l'argent qu'il contient (autant qu'il m'est possible de le déclarer) et que je m'en serve pour satisfaire mes goûts de luxe, je commets un péché et non un crime. C'est le péché d'égoïsme. Il n'en est pas de plus grave ni de plus commun. C'est un détournement, pour des jouissances personnelles, de biens que Dieu m'avait confiés pour être employés à la divulgation de son Évangile parmi ceux qui ne le connaissent pas encore. Car c'est ici la seule préoccupation qui devrait nous guider dans la gestion de nos biens. J'ai donc commis exactement un abus de confiance. Il en va de même dans tous les actes de la vie. Le motif ou l'intention les rendent bons ou mauvais. Le même acte peut être saint ou diaboliquement égoïste. Satan hardiment ou sournoisement s'approprie tout pour son usage et pour accomplir ses desseins. Ses longs doigts s'emparent de tout ; ils ne respectent rien. Il détourne de leur but véritable pour servir à ses fins les occupations les plus pures, les passe-temps les plus innocents. C'est parce que nous sommes qu'elles où le péché règne, où les choses sont ce sont, que nous sommes tentés et que nous serons toujours tentés, jusqu'à notre dernier souffle. Le démon le sait. Sans se lasser, usant de ruse et de perfidie, il tend ses pièges. Comment marcher à la rencontre de la tentation Il est navrant de constater avec quelle facilité certains succombent à la tentation sans lui offrir la moindre résistance. Mollement couchés sur le sol, ils s'endorment et se laissent piétiner — comment dirai-je? —comme un chien ! et j'ajoute : comme un chien mort, car quel est le chien vivant qui le tolérerait ? Un homme, c'est tout différent ! D'autres jouent avec la tentation. Leur conscience, bien que rouillée par le manque d'exercice, n'est pas morte. Ils feignent un semblant de résistance et satisfaits d'avoir ainsi calmé les reproches intérieurs, ils se couchent et se laissent aussi fouler aux pieds. D'autres encore luttent contre la tentation. Ils la pressentent et lui résistent. « Veillez et priez », c'est leur mot d'ordre. Veiller, c'est la part de l'homme; prier, c'est la part de Dieu. Le veilleur, dans sa tour, est fidèle au poste ; il a découvert que Satan et ses aides ne sommeillent jamais. Aussi raffermit-il sa volonté, assouplit-il ses genoux pour la lutte. Il se dit : même si je bronche, je tiendrai jusqu'au bout, face à l'ennemi, les armes à la main. La lame de mon épée se romprait-elle, que je frapperais du fourreau. Je ne reculerai pas d'un pouce. Tel est l'esprit qui l'anime. Dans une importante aciérie, un Ecossais d'une force herculéenne était réputé, parmi ses camarades, pour son coup de marteau. Presque tous les ouvriers de sa partie étaient de grands buveurs, et lui ne faisait pas exception à la règle. Un changement survint. Il se convertit. Désormais, lorsque ses camarades le pressaient de boire, il refusait. « Plus jamais je ne toucherai à la boisson, leur disait-il, d'un ton calme et décidé, car il est écrit qu'aucun buveur n'héritera la vie éternelle. » Ils le narguaient et lui disaient : « Tu verras quand la grosse chaleur sera revenue ! Nous t'attendons au mois de juillet... et nous verrons, quand ton palais sera desséché comme une sablonnière, si tu résisteras longtemps. » Les grosses chaleurs survinrent. Le lourd marteau frappait avec la même ardeur et du même mouvement lent et cadencé. La sueur inondait le corps de l'homme et pourtant la tentation ne semblait avoir aucune prise sur lui — elle avait fuit. Le surveillant de l'usine, étonné du changement survenu chez cet ouvrier, le questionna : « Vous buviez beaucoup autrefois. Cela ne vous manque-t-il pas ? Oh si ! répondit l'homme. Alors, comment pouvez-vous résister ? Eh bien, voilà, je procède ainsi. Quelle heure est-il en ce moment ? — dix heures ? Exactement. Nous sommes le 20 du mois. De sept heures à huit heures, j'ai demandé au Seigneur de m'aider. Il a exaucé ma prière et j'ai mis un point contre le 20 du calendrier. De huit à neuf, Il m'a de nouveau gardé de la tentation et j'ai ajouté un autre point. De 9 à 10, il en a été de même. Et en faisant ce point, je Lui rends grâce. Et chaque fois, je prie. « O Seigneur, aide-moi, aide-moi à repousser la tentation pendant l'heure qui vient. » Voilà dans quel esprit il faut combattre. Quelle que soit la tentation, ce n'est que par une lutte acharnée et incessante qu'on lui résiste avec succès. Du point faible de la tentation J'aimerais maintenant attirer votre attention de façon toute particulière sur ceci : la tentation n'a aucune puissance par elle-même. Il lui faut l'aide de l'homme qui est tenté. Rien n'est plus faible, plus ridiculement faible, qu'une tentation. Elle ne peut rien faire, absolument rien, sans le consentement de l'homme tenté. Elle peut séduire, elle peut chanter des airs ensorceleurs, elle peut créer une atmosphère irrespirable autour de nous, mais elle ne peut s'infiltrer dans la vie d'un homme sans qu'il y ait consenti. Tant qu'elle n'a pas pénétré à l'intérieur, son impuissance est comparable à celle d'un petit enfant. La vie d'un homme ne s'ouvre que par un seul bouton de porte. Ce bouton se trouve à l'intérieur. Et c'est avec le plus grand respect que nous ajouterons : Dieu ne rentrera pas sans notre joyeux consentement. Dieu ne forcera jamais notre porte. Il ne rentre que sur notre libre permission. Et remarquez-le bien, Satan ne peut pas entrer non plus sans la volonté consentante de l'homme. Que celui qui est tenté souligne à gros traits cette affirmation afin qu'elle ressorte clairement et nettement. Ensuite, il pourra souligner à nouveau et de manière plus évidente encore cette autre affirmation dans le livre de son expérience : il faut être deux pour qu'une tentation ait chance de succès et il est l'un de ces deux. Sans notre autorisation, la tentation est infailliblement condamnée à l'insuccès, elle devra se retirer, totalement défaite, et démoralisée. Un jeune homme de dix-sept ans narrait l'une de ses expériences à un ami plus âgé. C'était l'apprenti d'un menuisier. Celui-ci l'avait envoyé prendre les mesures d'une nouveau comptoir chez un cafetier. Le froid était vif et son paletot bien mince. Il arriva claquant des dents. Le cabaretier lui prépara un grog chaud qu'il lui présenta. « Tiens, dit-il, avale-moi ça et ton tremblement ne tardera pas à cesser. Bois vite, c'est moi qui te le paie. » - « C'était vraiment un bon mouvement de sa part. Il était loin de penser à mal », ajouta le garçon, en racontant l'histoire. « Cette considération rendait mon refus moins facile et le geste de repousser la boisson plus pénible. » « La lutte a dû être fameuse ! dit l'ami. Ce cafetier aurait pu vous induire en tentation et vous faire faire le premier pas sur le chemin de la ruine ! — Oh ! répondit franchement le jeune homme, je préférais celle-ci à une autre. Car après tout, il faut l'accord de deux volontés pour qu'une tentation l'emporte. Ni temps froid ni cafetier ne peuvent me pousser à boire. La tentation dont j'ai peur est celle qui me trouvera désarmé par le désir ardent que j'aurai de lui céder. Et si j'avais absorbé ce breuvage, je ne m'en serais certes pas pris au cafetier ! Pour qu'une tentation ait quelque chance de succès, il faut être deux parties consentantes. » Par elle-même la tentation est donc totalement impuissante. L'homme qui cède est naturellement vaincu dès le début. Toute chance de victoire s'éloigne sans que le moindre combat digne de ce nom ait été esquissé. Si un homme s'amuse avec la tentation, ce qui est souvent le cas, s'il badine et plaisante avec elle, s'il joue avec le feu en y jetant des fétus de paille sèche, comme tant le font, lui aussi, à son tour, se brûle. Sa défaite est certaine. Il donne toutes les chances de la victoire à son assaillant sans même lui avoir opposé une lutte honorable. Que l'homme accepte le combat, qu'il ait vraiment pris la décision de lutter, et il gagnera. Car un tel homme se saisira de toutes les possibilités de secours à sa portée. Or, il en est Un qui est là tout proche, qui tonnait tout ce qui concerne la tentation, les tentations de toutes sortes, qui a Lui-même été tenté et qui est toujours prêt à donner son appui. Un homme peut se sentir faible et la tentation lui paraîtra bien subtile et bien forte. Elle peut fondre sur lui avec la violence d'une tempête balayant la vallée. Ou bien, elle peut s'avancer sournoisement avec la ruse du serpent glissant à travers les hautes herbes pour mordre au moment où l'on s'y attend le moins. Mais cet homme dit : « Je veux rester dans le bon chemin. Je veux être bon, foncièrement bon. Mon désir est d'être pur, oui, pur, envers et contre tous ». Et le voilà qui concentre toutes les facultés de sa volonté, qui s'appuie de toute la force de son âme sur l'Aide qui demeure à ses côtés, et il lutte. Celui-là, triomphe. Toute tentation ainsi traitée et combattue est déjà refoulée. Comment remporter la victoire Voulez-vous faire cette remarque et la faire de façon à en être profondément pénétré : il doit y avoir deux facteurs de victoire du côté du gagnant du combat. Sa volonté opiniâtre et, à ses côtés, l'Homme qui fut tenté en toutes choses, tout comme nous, mais qui n'a jamais failli et qui ne faillira jamais. Mettez bien ceci en relief : l'un ne peut se passer de l'autre. Il faut une détermination inébranlable de ne pas céder. Avec le plus profond respect, nous disons que le Seigneur Jésus seul, sans notre volonté, ne peut suffire. Il agit par la volonté de l'homme. Il oeuvre avec nous. Ce n 'est qu'avec notre collaboration qu'il peut travailler. Il fortifie la volonté. Cette volonté peut être faible. Elle peut n'être plus qu'un reste de volonté, décimée, brisée, amoindrie par notre faiblesse à l'égard du péché. Mais qu'il vous en souvienne : si petite qu'elle soit, elle n'est jamais quantité négligeable. Tant qu'il y a manifestation de vie, il y a pouvoir de choisir. Toute faible qu'elle soit, cette volonté a capacité d'option. Et notre Seigneur Jésus, le Vainqueur de la tentation, l'aidera à agir et à bien agir quelle que soit la difficulté. Et quand le choix est fait, Jésus aide. Il accordera une nouvelle vie et de nouvelles forces au moment même où la résolution sera prise. C'est ainsi que petit à petit, lentement peut-être, mais immanquablement, ces forces nouvelles pénètreront la volonté. C'est donc avec notre choix de résister au mal et de faire le bien, que notre victorieux Ami insuffle des forces nouvelles et donne l'inestimable avantage de sa Victoire et de sa Présence. Mais notre volonté seule n'est pas suffisante. Que ceci soit absolument compris. Un homme peut avoir le front bombé, le poing redoutable, une mâchoire proéminente ; en d'autres termes posséder tous les signes extérieurs d'une volonté forte et indomptable ; malgré la sûreté avec laquelle il pourra marcher seul, il trébuchera et sera précipité à terre. Il s'y traînera lamentablement et portera visiblement les signes de sa chute jusqu'à la fin de sa vie. Il se peut que la chute tarde à venir et que de ce fait, il se fasse des illusions qui accroîtront sa confiance en lui-même ; infailliblement, la chute sera le lot de celui qui va seul. « Aller seul » c'est fatalement tomber avant d'avoir touché le but. Et plus la chute sera retardée, plus grave et plus douloureuse elle sera quand elle surviendra. Il faut de la volonté mais il faut davantage. Il faut aussi un Sauveur, un Ami, un Appui. Non pas l'un ou l'autre, mais l'un et l'autre. Une volonté et un Sauveur. Une volonté rendue forte et soutenue par un Sauveur. Un Sauveur tenté en tous points, qui peut donc sympathiser. Vainqueur en toute chose, il peut aider avec efficacité. Et c'est Celui-là même qui agit à travers notre volonté. Si nous refusions à ce merveilleux Vainqueur du Désert et du Calvaire l'aide qu'Il nous offre, il y aurait dans nos vies un Waterloo. Les Français ne parlent jamais de leur Waterloo. Ils feignent ne pas entendre quand la conversation tombe sur ce sujet. Waterloo a été omis sur le fameux monument de Napoléon à Paris. Il y eut certainement un « blanc » fort commode dans la mémoire du sculpteur. La bataille la plus décisive fut oubliée. Si vous ne permettez à ce Sauveur qui fut humain et divin tout à la fois, de se tenir à vos côtés et de vous aider, il y aura un Waterloo dans votre vie. Toute tentation peut être changée en victoire. C'est un signal pour faire flotter le drapeau de notre Vainqueur. C'est une occasion nouvelle de faire savoir au Tentateur qu'il est défait. C'est le moment d'entonner un chant de triomphe. Écoutez, écoutez bien : Une volonté est au-dedans de nous et un Ami la soutient. Une victoire est à venir dont le drapeau est déjà hissé. Que des chants d'allégresse retentissent ! « Reste ferme dans ta foi, ô mon coeur Une couronne est pour qui persévère. Quand déferlent les vagues en fureur, Reste ferme dans ta foi, lutte et espère I ** Reste ferme ! Les larmes tariront. L'espoir, vainqueur, naîtra de ta poussière ; Les sombres jours d'orage finiront. La Croix triomphera au ciel du Père. ** Tiens ferme, mon coeur, jusqu'à la fin, tiens bon ! » (1) (1) Schmolke. Récit de sa carrière La note qui donne le ton Là où est la tentation, là aussi est le Tentateur. Elle le démasque. A quelque moment qu'elle vienne, si vous voulez bien vous donner la peine de chercher un instant, vous le découvrirez immanquablement. La tentation peut provenir de la méchanceté du coeur, donc de l'intérieur. C'est fréquent. Mais elle n'en contient pas moins un élément extérieur et cet élément tient presque sûrement quelqu'un de caché en lui. Il se peut encore que la tentation jaillisse d'un désir intérieur et d'une circonstance extérieure. Mais quelle qu'en soit l'origine, que ce soit de l'intérieur, de l'extérieur ou des deux combinés, la tentation vient toujours du Tentateur. L'ardeur de l'envie qui vient du dedans et les sollicitations du dehors ne sont que des manoeuvres pour cacher son approche. Il se sert de tout ce qui lui tombe sous la main, de tout ce qui est le plus à sa portée et le plus propre à ses fins. Ce nom même de « Tentateur » fait tout de suite ressortir ses traits caractéristiques essentiels. Il laisse entendre que quelque chose ne va pas. Sommes-nous poussés à faire le mal ? C'est que, plus ou moins visible à nos yeux, quelqu'un nous excite. Mais ne l'oubliez pas : un Autre aussi est présent. Si le mal fait penser au bien, le bien fait penser à Celui qui est tout près, qui désire ardemment que nous fassions le bien et qui s'empresse à nous y aider. C'est Celui qui nous a créés à son image. Il ne s'arrêtera devant aucune difficulté pour nous soutenir dans la lutte contre le mal. Je voudrais maintenant vous entretenir un instant du Tentateur qui, sournoisement, se cache derrière la tentation. Il est frappant de constater que Celui qui donne le vrai ton à un entretien sur le Tentateur est Celui-là même qui lui est opposé. Le nom de Jésus est comme la note qui donne le ton en musique. Car ce nom de Jésus signifie le « Vainqueur », littéralement : Jéhovah-Vainqueur. C'est un mot qui passa en entier de l'ancienne langue hébraïque au grec ou araméen du temps de notre Seigneur. De là, il se répandit dans toutes les langues où nous le retrouvons aujourd'hui. Un cri, comme un cri de victoire, résonne dans ce nom même. Et « Vainqueur » implique l'idée de victoire. Et la victoire, celle de bataille, de lutte. Il faut que le combat ait été acharné pour justifier l'emploi d'un mot aussi fort que « vainqueur » pour désigner le héros de la lutte. Et ces deux mots « bataille » et « victoire » impliquent un ennemi. Plus encore, un ennemi qui a combattu et qui a été défait. Et ce grand nom de « Jésus » éveille dans l'esprit le souvenir d'un lieu, d'un événement, d'une expérience : le Calvaire. C'est lui qui ressort avec éclat de la vie terrestre du Seigneur Jésus. Ce lieu fut le témoin de la bataille rangée, du long combat qui commença dès la crèche, pour continuer à Nazareth et se poursuivre pendant un ministère de trois ans et demi. Là, le Tentateur joua tous ses atouts et déploya toutes ses forces. Là, notre Sauveur, par son sacrifice, fit éclater la justice de son Père, révéla le grand amour qui se trouvait dans son coeur et vainquit à jamais le Méchant, nous libérant de toutes les prétentions qu'il avait sur nous. Ce sont là les deux notes à faire résonner quand on parle du Tentateur. Le nom même du Seigneur Jésus rappelle celui qu'Il a vaincu, et le Calvaire, le lieu, le temps et le fait béni de la défaite du Tentateur. De notre ignorance en ce qui concerne ses desseins Ces simples entretiens sur le Tentateur doivent être entièrement d'ordre pratique. Il nous faut savoir discerner notre ennemi pour être en mesure de lui résister. Je n'ai nullement l'intention de me livrer à la spéculation. Je voudrais seulement apporter quelques claires révélations puisées dans le vieux Livre de Dieu. Avec cette lumière nous pourrons mieux résister à la tentation et mener une vie victorieuse et pure. Saint Paul, en parlant de Satan à la génération de chrétiens qui était la sienne, disait : « Nous n'ignorons pas ses desseins » (II Corinth. 2 : 11). Cette connaissance provenait certainement de l'enseignement fidèle de l'apôtre et de l'acceptation pure et simple des vérités du vieux Livre. On ne peut en dire autant d'un nombre considérable de gens qui, aujourd'hui, se réclament du titre de chrétiens. Ces desseins paraissent être plus souvent ignorés que connus. En conséquence, la prière perd de son efficacité. La foi confiante qui met à l'épreuve les promesses de Dieu est très rare et considérée comme extraordinaire. Les vies chrétiennes sont enchevêtrées avec quantité d'éléments qui, dans la plupart des cas, servent aux plans de Satan. Les chrétiens ne s'en rendent pas toujours compte. Et nos esprits sont farcis d'idées si vagues, si imprécises en ce qui concerne le Malin, que nos activités et nos intercessions en sont considérablement entravées. Il est étonnant de constater combien d'enfants de Dieu dans l'Église d'aujourd'hui (et c'est là un de ses traits caractéristiques) se vantent de ne pas croire à l'existence personnelle de Satan. Douter de son existence, c'est faire preuve d'un grand esprit. Y croire, au contraire, ainsi qu'à sa puissance, c'est ajouter foi à des enfantillages démodés. Nombreux sont ceux qui professent cette manière de voir, plus nombreux encore sont ceux qui la partagent sans oser l'exprimer. A cet égard, un changement radical s'est produit dans l'espace, disons, d'une centaine d'années. Satan, en effet, au XVIII° siècle, prenait trop d'importance dans les préoccupations des croyants. On l'accusait de certains événements qui pouvaient fort bien être attribués à des causes ou à des raisons naturelles. Par contre, on négligeait de se souvenir de son Vainqueur. Aujourd'hui, nous tombons dans l'autre extrême. Il est fréquent de rencontrer des gens qui émettent des doutes sur l'existence même de Satan. Et ceux qui connaissent ses traits caractéristiques peuvent aisément découvrir dans ces négations les traces de sa maligne influence. Le doute qui plane sur son action est une preuve de son existence. Il est si rusé qu'il cherche à égarer les hommes en les faisant douter de lui, ce qui lui permet de resserrer son étreinte. Il est intéressant de noter que ce doute n'existe qu'en terre chrétienne. Ce n'est que dans les pays où la défaite de Satan ainsi que le nom de son Vainqueur sont connus que la réalité de son existence est mise en doute. Par cela même, et sans hésitation, nous pouvons facilement suivre la trace de sa « queue de serpent ». Là où sa défaite et son irrémédiable faiblesse sont connues, il voudrait qu'une incertitude planât sur lui et par cette incertitude, immobiliser les armes de notre résistance. Il est bien évident que s'il était mieux connu, il serait plus franchement haï. Par là, je veux dire qu'il serait détesté, combattu et qu'on lui résisterait d'une manière plus efficace. Bientôt, il serait condamné à une nouvelle défaite, au nom de son Vainqueur. Cet état d'esprit contraste étonnamment avec celui des pays païens où semblable doute n'existe pas, exprimé ou non. Là, Satan est craint et même servilement adoré, à cause de sa puissance. Trois preuves différentes Je voudrais maintenant brosser devant vos yeux, une rapide ébauche de la carrière de Satan. Et, ce faisant, je m'abstiendrai de faire allusion à aucune légende spéculative ni à aucun mythe dont on se sert habituellement. Nous nous efforcerons simplement de recueillir les données de la Parole de Dieu. Avant de prendre le Livre en mains, nous vous ferons remarquer qu'il existe trois manières distinctes de prouver la personnalité de Satan. En premier lieu, par la Bible. C'est vers elle que nous nous tournerons constamment dans ces entretiens. Pour ceux qui sont prêts à accepter le simple enseignement des Écritures, il n'y a aucune nécessité de chercher ailleurs. Elles démontrent clairement l'existence de sa personne, de sa grande activité et de sa puissance. Mais pour ceux qui ne se contentent pas de cet argument, il est encore deux autres preuves, de source différente. Pour le chercheur sincère, chacune est, en elle-même, parfaitement concluante. Voici une preuve philosophique : « Peut-il exister une puissance intelligente et organisée qui ne suppose derrière elle aucune Personne ? Le problème se pose devant la Raison. Il peut certes exister des forces naturelles qui n'émanent directement d'aucune Personne, mais une puissance qui agit avec ordre et méthode au point que l'on peut, à la longue, en discerner les lois, ne suppose-t-elle pas derrière elle, les caractères d'une individualité consciente ? Or, il est certain qu'une puissance de mal agit dans le monde. Partout on en tombe d'accord. Et cette présence d'une puissance mauvaise soutient clairement la thèse de la personnalité d'un être malin activement au travail derrière la scène. Il y a encore une troisième preuve à donner, tout à fait distincte des deux premières et tout aussi concluante. C'est celle qui procède de l'expérience, ou : l'évidence par l'expérience. Qu'un homme ayant eu l'habitude de céder à la tentation essaie de rompre avec le péché auquel il s'est laissé entraîner ; il s'apercevra immédiatement que c'est une véritable bataille qu'il devra livrer. Il aura conscience d'une force réelle multipliant des assauts d'une terrifiante brutalité. Cet homme-là n'en aura pas le moindre doute. Cette puissance se déchaînera sur lui avec un acharnement inouï, avec une astucieuse subtilité. Elle se cramponnera à lui avec ténacité et persistance. Des milliers d'hommes sont aujourd'hui au fort de cette bataille. Tant qu'un homme cède au mal, il n'a pas de lutte à soutenir. Mais lorsqu'il cherche à s'en écarter, c'est alors que la bataille commence. Et alors même qu'il aurait mis toute sa confiance en Celui dont le Nom est au-dessus de tout autre nom et qu'il aurait remporté la victoire par ce Nom, ainsi qu'il le peut s'il le veut, ce n'en sera pas moins une victoire obtenue par une lutte intense, les dents serrées, les poings crispés, le front humide et par la prière incessante. Cet homme ne sera plus désormais tourmenté par le problème à résoudre de la personnalité intelligente, pénétrante et persistante du Malin. Cette assurance lui deviendra de plus en plus certaine, au fur et à mesure que la lutte contre le mal et ses compromis durera. Et cela, même s'il possède la certitude bénie qu'un plus grand que lui est au-dedans de lui. La victoire ne peut être remportée qu'en luttant. Et maintenant dans l'ensemble de ces entretiens, nous nous appuierons presque entièrement sur la preuve biblique considérant qu'elle est suffisamment concluante et tout à fait satisfaisante. Du point de vue biblique Nous allons maintenant nous tourner vers le Livre de Dieu. C'est dans le Nouveau Testament que nous trouverons les lumières les plus vives en ce qui concerne Satan et ce sont elles qui nous fourniront la meilleure explication de ce qui est dit dans l'Ancien Testament. Grâce à cette clarté que le Nouveau Testament jette sur l'Ancien, les enseignements de ce dernier deviendront lumineux. Le dernier des livres, l'Apocalypse de saint Jean, contient l'enseignement le plus direct et le plus explicite sur Satan. Là, il est dit nettement que le serpent d'Eden, c'est Satan lui-même (Apocalypse 12 : 9). Un être était à l'oeuvre derrière le serpent d'Eden possédant tous les traits caractéristiques que l'on attribue à ce reptile redouté. Les Évangiles racontent la plus grande activité satanique et démoniaque qui soit enregistrée dans l'Histoire. Satan et tout un monde d'esprits malins à son service y sont considérés comme des êtres réels possédant une puissance effective. Le Seigneur Jésus croyait en eux puisqu'Il a donné sur eux un enseignement cohérent. Les expériences qu'Il fit au Désert et probablement auparavant à Nazareth, plus tard certainement pendant plus de trois années, au cours de son ministère, font admettre sans difficulté que Jésus croyait à Satan et à ses anges et que son chemin fut marqué pas à pas par des luttes soutenues avec la sereine assurance de la victoire. Son enseignement sur Satan est clair et précis. Satan est l'ennemi juré de Dieu et de tout ce qui est bon. Il est le « Prince de ce monde ». Il est le généralissime d'une guerre offensive contre tout ce qui est divin. Tout le sens de notre destinée est de se défendre contre lui. Et il est vaincu. Tous ceux qui lui résisteront et le combattront peuvent avoir la certitude de la Victoire. Les lettres de saint Paul comme les autres épîtres sont pleines de ces vérités. Ces hommes qui vécurent dans le plus étroit contact avec le Seigneur, qui accomplirent un travail colossal, qui luttèrent avec tant d'énergie au nom et par la puissance de leur Maître, ces géants des premiers temps à la foi inébranlable, au service inlassable et à la souffrance héroïque, ces hommes ne laissent percer aucun hésitation, aucune incertitude sur la réalité de l'existence de Satan. Leurs luttes contre lui ont été trop intenses pour être imaginaires. Le corps à corps a été trop serré pour que l'ombre d'un doute plane sur leur pensée. Et ils ont connu la victoire aussi. Une victoire constante et incontestable. Elle fortifia leur conviction que celui qu'ils combattaient existait vraiment. Dans le problème qui nous occupe, le meilleur remède contre le doute est de lutter et de lutter avec acharnement ; de résister et de résister opiniâtrement, tout en se reposant sur la volonté et la Victoire de Jésus. Or, ai-je dit, ces enseignements du Nouveau Testament, par leur simplicité et leur clarté, inondent de lumière les passages de l'Ancien Testament sur le sujet qui nous préoccupe. Retournez en Eden après avoir quitté les pages plus récentes de l'Apocalypse ; retournez à Job ; au chapitre XXI de I Chroniques, au Psaume 109 et au troisième chapitre du livre de Zacharie et vous comprendrez alors qui est cette personnalité qui cherche à semer partout la mort avec une haine aussi implacable. Le Nouveau Testament nous rend plus aptes à déceler la trace du serpent. Et une fois que nos yeux sont exercés à le reconnaître, nous le dépistons avec une netteté extraordinaire à travers les vieilles pages du Livre et dans toutes les pages de la vie quotidienne ordinaire. En remontant aux origines Que celui qui voudra se rendre compte par lui-même des enseignements de la Bible, en parcoure rapidement, mais soigneusement, toutes ses pages et note les allusions concernant l'Ennemi qu'il y découvrira. Muni de feuilles blanches, il y transcrira chaque texte dans un ordre établi, recopiant simplement les seules paroles nécessaires et suffisantes pour que tout le contenu du passage lui revienne facilement à la mémoire. Il aura soin de laisser une bonne marge à droite, au cas où il lui semblerait bon d'adjoindre des notes. Une bonne concordance (1) sera également d'un appréciable secours dans ce travail. Toutefois, l'habitude de lire la Bible page après page, régulièrement et sur une large échelle, est à la base de recherches de ce genre. Elle les facilite et les agrémente. Plus encore : les conclusions que vous en tirerez seront plus exactes, plus dignes de confiance, puisque chaque passage aura été pris dans son contexte. Or, ce contexte apporte aux paroles mêmes du passage le sens vrai qu'il faut leur prêter. Relevez les endroits où se trouveront les noms, les titres qualifiant Satan, les démons, le diable, et écrivez-les. Au fond, cette étude n'est pas aussi laborieuse qu'on se le figure. Elle devient même très prenante. (1) Sorte de dictionnaire des textes sacrés. Ce simple travail qui consiste à rassembler et grouper les affirmations de la Parole de Dieu que nous bénissons, non seulement changera votre manière de voir en ce qui concerne notre Ennemi mais il fera davantage. Il aura une répercussion sur vos vies, sur votre consécration et votre soumission si vous êtes déterminés à être fidèles à notre Seigneur. Votre manière de prier en sera modifiée. Votre prière deviendra plus hardie, plus exigeante. Elle s'appropriera des promesses précises ; que dis-je ! d'autres avantages encore et bien plus grands seront votre partage. Vous acquerrez le sentiment intime et profond de l'existence de Quelqu'un, d'une Réalité qui vous résiste, qui essaie de vous détourner ou de vous faire trébucher. Et si le courage ne vous abandonne pas et que vous persévériez sans faiblir, le sens d'un verset, tel que celui-ci, ne vous échappera pas : « Celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde. » (I Jean 4 : 4). L'expérience vécue sera pour vous le meilleur des commentaires et inondera cette parole d'une clarté qu'aucun livre ne saurait apporter. Toutes les fibres de votre être seront saisies par cette vérité : Celui qui est dans le monde est grand, immensément grand, bien trop grand pour que vous l'attaquiez seul. Mais plus grand, oui, plus grand est l'Autre. De ce comparatif, aucun livre ne saurait donner une explication suffisante. « Grand » se rapporte à l'Ennemi. Celui-là seul qui résiste peut comprendre l'étendue de ce qualificatif. Mais, — ah ! voilà un mais que nous accueillerons de nos bénédictions ! Tout Évangile est là, dans ce mais. Toute la puissance d'une vie d'obéissance parfaite à Nazareth, le sacrifice d'une vie sur le Calvaire, et un matin de Résurrection triomphante sont dans ce mais. — Mais, Lui, le Vainqueur est plus grand. L'intensité du combat que vous livrez vous donne la mesure de la puissance du comparatif « plus grand ». Revenons maintenant à la biographie de Satan. Elle contient sept chapitres. Mais chacun peut être abrégé et réduit de manière à ce que l'ensemble puisse être facilement gardé par nos mémoires. I. Le premier traitera de ce qu'était Satan à l'origine, avant qu'il devînt Satan. Il fut appelé ainsi plus tard, après que son caractère se fût transformé. Au premier abord, quand il était tel que Dieu le créa dans son grand Amour, ce « Prince » était une créature dont la personne était d'une rare beauté et possédait la sagesse remarquable, la puissance immense et l'élévation d'un haut dignitaire. Ces paroles de Jésus si pleines de clarté : « Je voyais Satan tomber du ciel comme un éclair » (Luc 10 : 18), permettent de faire des déductions sur cette première phase de la carrière de Satan. Weymouth, dans une note, donne cette autre traduction plus longue, mais plus exacte : « Je contemplais (1) et voilà, Satan fut précipité avec la rapidité de l'éclair traversant le ciel. » Rapprochons cette parole d'autres passages analogues que contiennent les différents livres des Écritures, et l'on se rendra compte qu'elle se rapporte clairement au début glorieux de la carrière de Satan. (1) Autrefois, dans le passé. Le tableau d'Ézéchiel Dans le livre de ce prophète, notre attention est attirée par un passage remarquable concernant Satan. Trois chapitres s'étendent sur le royaume de Tyr. L'une de ces villes-royaumes des temps antiques située en Phénicie, sur la côte méditerranéenne, au nord-ouest du territoire occupé par Israël, Tyr, était l'un des plus prospères, des plus puissants, des plus arrogants royaumes de ce temps-là. Sur ce point, il n'y a pas l'ombre d'un doute. L'on pourrait même renforcer de beaucoup les qualificatifs sans dépasser les limites du vrai. Ézéchiel commence par prophétiser sur toutes les grandes nations qui entouraient alors Israël. Puis, les chapitres 26, 27 et une bonne partie du 28° contiennent un message qui est le jugement de Tyr et qui se termine par une péricope remarquable entre toutes : chapitre 28, versets 1 à 19. Les 10 premiers versets s'adressent au « Prince de Tyr ». Les neuf derniers concernent le « Roi de Tyr ». Les premiers renferment un appel pour le « Prince ». Les autres sont des lamentations sur le Roi ». Nous remarquerons que le titre de « Prince » est inférieur à celui de « Roi ». Un prince est sous l'autorité du roi. Un roi règne sur ses princes qui, à leur tour, peuvent gouverner ceux qui sont au-dessous d'eux. Le langage employé ici en s'adressant au prince, pourrait fort bien convenir à un homme quelconque. On va même jusqu'à le désigner sous le nom d' « homme ». Tandis que le langage qui s'adresse au roi diffère totalement de celui dont on se servirait pour un homme. Il ne peut convenir que pour un roi. Mais ce qu'il y a de plus étrange, c'est ce même esprit qui anime le prince et le roi. Le même trait essentiel les rapproche. Le prince paraît être la réplique du roi. Une même beauté, une même sagesse, une même puissance et une même insubordination envers Dieu les caractérisent tous deux. Gardons toujours présent à l'esprit que le Livre de Dieu est écrit du point de vue de Dieu. Les choses terrestres sont vues comme Dieu les voit. Il faudrait ne jamais l'oublier. Le Saint-Esprit semble nous peindre ici le tableau des choses humaines telles qu'Il les voit du haut des cieux. Un homme parmi les humains est reconnu souverain du Royaume de Tyr. Un autre souverain, que les hommes ne peuvent voir, règne sur le souverain de Tyr et le domine si entièrement que ce lieutenant accomplit parfaitement les desseins de son chef. Et pourtant ce prince de Tyr est un des plus puissants rois de la terre de ce temps-là. Ainsi, tous les rois de la terre seraient des « princes » et Celui qui est Esprit, Celui qui est invisible et d'un rang supérieur serait leur souverain. C'est là l'exemple parfait d'une organisation impeccable. Celui qui est le plus grand, invisible aux yeux de ceux qui sont dans l'action sur la terre, accomplit ses desseins par l'intermédiaire d'un subordonné. Le second passage (vers. 11-19) se rapporte au « Roi ». Il semble simplement décrire à grands traits cet Esprit dominateur, invisible, dont l'emprise sur ce puissant roi de Tyr, son lieutenant, est absolue. L'image qui le dépeint au début de sa carrière est magistrale, d'une richesse et d'une précision remarquables. Non seulement sa beauté physique et sa sagesse étaient prodigieuses, mais son langage était aussi ineffable que s'il venait de Dieu Lui-même. Ses qualités avaient atteint les limites extrêmes de la plénitude. Ses rapports avec Dieu étaient des plus étroits. Écoutez : « Tu étais un chérubin protecteur, aux ailes déployées ; tu étais sur la sainte Montagne de Dieu ! tu marchais au milieu des pierres étincelantes Sans aller chercher pour l'instant l'exacte signification de ces paroles, disons qu'elles évoquent clairement l'étroite intimité et l'entente qui régnaient entre Dieu et cette exceptionnelle créature » (Ézéchiel 28 : 14-15). La rupture avec Dieu II. Après le premier chapitre de cette étrange biographie, voici le suivant : « Ton coeur s'est élevé à cause de ta beauté ; tu as corrompu ta sagesse par ton éclat. » « L'iniquité a été trouvée chez toi, tu as péché. (Ezéch. 28 : 15-16). C'est là le simple exposé de la cause initiale (de la racine) de son péché et vous reconnaîtrez sans difficulté que c'est là l'origine commune à tout péché. Son péché et le nôtre sont cousins germains. Il s'est préféré à Dieu. Il considérait sa beauté et sa sagesse comme des biens personnels, qu'il possédait en propre. Plus encore : il voulut les faire servir à sa cause au lieu de les consacrer à Dieu et de les employer pour sa gloire. Ils venaient de Dieu, la source de tous dons parfaits ; ils dépendaient de Dieu, leur aliment ; ils étaient pour Dieu, leur raison d'être. Satan ramena tout à lui. L'essence du péché est là tout entier : se préférer soi-même à notre Dieu d'amour. Les paroles que prononce le lieutenant de Satan sur la terre, ce dernier le dominant si pleinement, dévoilent plus clairement encore les desseins les plus intimes de son coeur. Tu as dit : « Je suis Dieu ; je suis assis sur le siège de Dieu . Tu prends ta volonté pour la volonté de Dieu. Rediras-tu encore : « Je suis Dieu ? » (Ezéchiel 28 : 2 et 9). Nous mettons ainsi le doigt sur le péché lui-même. Il est une rébellion contre Dieu, une usurpation de son trône. L'étonnant est qu'il en soit toujours ainsi entre l'homme et Dieu. Il est rare, sans doute, que l'homme exprime des pensées aussi nettes, aussi précises et aussi hardies que celles rapportées plus haut. Il les fait pourtant passer dans sa vie avec non moins d'audace. Et le résultat fatal, conséquence logique d'une telle attitude, ne se fait pas longtemps attendre. « Je t'ai précipité de la montagne de Dieu, et je t'ai fait disparaître, chérubin protecteur, du milieu des pierres étincelantes. » (Ézéchiel 28 : 16). Tel est le passage impressionnant où Ézéchiel parle de la part de Dieu Lui-même. Il décrit simplement, avec concision et clarté, les deux premières phases de la carrière de ce prince. D'abord, la grande beauté, la rare sagesse et l'étroite amitié avec Dieu. Puis, la triste rupture. L'expression par trois fois répétée par notre Seigneur (Jean 12 : 31 ; 14 : 30 ; 16 : 11.) « Le Prince de ce monde » autorise à conclure, en ce qui nous concerne, que la terre lui fut assignée comme royaume à administrer. Il paraît en avoir été le Prince légitime, mais il s'est montré traître à son 'maître en devenant infidèle à la charge qui lui avait été confiée. L'Usurpateur tenta de s'approprier le contrôle de ce monde comme s'il lui appartenait en propre et trompa l'homme (à qui le pouvoir sur la terre avait été donné) et le persuada de lui obéir à lui, Satan, en s'opposant à Dieu de toutes ses forces. III. Le troisième chapitre concernant Satan correspond aux temps présents. Il est extrêmement long. Il commence à sa rupture avec Dieu pour s'étendre, à travers les siècles, dans l'histoire de notre terre et se continuer jusqu'à la fin du présent état de choses. Le but de Satan est d'arracher complètement l'homme et la terre à Dieu pour se les attacher entièrement à lui. Aux deux tiers de ce chapitre, la grande crise qui bouleverse sa carrière survient : c'est le prodigieux événement du Calvaire où son compte est réglé définitivement, tout au moins en ce qui concerne notre terre et notre race. IV. Le quatrième chapitre se rapporte aux temps qui suivront la période actuelle, quand notre Seigneur reviendra établir son Royaume sur la terre et quand Satan sera « lié », selon le simple langage du Livre (Apoc. 20 : 1-3.) et mis dans l'impossibilité de séduire les hommes pendant une longue période de mille ans. V. Le cinquième chapitre nous révèle qu'il faut qu'il soit « délié » (Apoc. 20 : 7 à 9) pour un peu de temps. Ceci peut surprendre. Il aurait semblé qu'après avoir été saisi et enchaîné une fois, il ne dût jamais lui être possible de recouvrer la liberté. Mais notre Dieu est un incomparable Souverain. C'est un Dieu d'amour. Il veut que notre amour, pur, joyeux lui soit voué librement. Ce Royaume du Millénium se composera de beaucoup d'hommes dont le serment de fidélité sera entaché de fausseté. Ils iront avec la foule et suivront le courant de leur époque. Mais au fond, ce ne seront pas les voies de Dieu qu'ils préféreront. VI. Viendra ensuite un temps de crible final où chacun sera mis à l'épreuve. Ceux qui, au fond du coeur, préféreront le règne du Prince-Usurpateur qui rentrera en lice — et leur nombre surprendra, même parmi les gens Église — pourront en toute liberté se décider pour lui et suivre leur secret désir. Car Dieu veut un amour capable de Le suivre et des coeurs attachés à sort service. C'est pour cela qu'il permettra ce temps d'épreuve — moment terrible où chacun passera par le crible (Apoc. 20 : 7-8). Puis le dernier chapitre s'accomplira, (Apoc. 20 : 10) quand la crise finale sera terminée et Satan jugé. Il sera anéanti aux siècles des siècles. Telle est l'histoire de la triste carrière passée, présente et future de cette créature céleste. Une vie humaine à sa ressemblance Il est à la fois curieux et surprenant de trouver dans l'histoire humaine une image de Satan. Un homme, en effet, en a été le type et l'a incarné, pour ainsi dire, dans sa personne et dans sa vie. Pour notre profit, le Saint-Esprit a transmis cette ressemblance avec une minutieuse fidélité. Il s'agit du caractère et de la carrière d'un roi d'Israël qui sont la réplique même du caractère et de la carrière de Satan : Saül. Avec ce souci de vérité qui est le propre du Livre de Dieu, la destinée de cet homme nous est décrite pour servir à notre instruction. Tout lecteur attentif ne peut qu'être frappé par la portée pratique de ce récit. Faites-en la lecture rapide. Quatorze pages environ du premier livre de Samuel (I Samuel 9 à 31), suffisent à contenir la vie de Saül. Cet homme était d'une beauté remarquable et ses dispositions excellentes. Dieu le choisit pour être prince de Son peuple et pour accomplir cette mission. Il lui fit un don spécial de Son Esprit. Pendant un temps, Saül régna avec une sagesse rare. Il se montra fidèle et obéissant dans l'exécution des desseins de Dieu. Puis, il voulut s'affranchir de Dieu et agir selon sa volonté propre. Il s'obstina dans cette voie et s'y maintint. Dieu rejeta son élu et s'en choisit un autre pour le remplacer dans ses fonctions. Celui-ci devint le prince de Dieu sur son peuple. Mais Saül refusa de céder le royaume à celui que Dieu désigna pour être son successeur bien qu'il sût pertinemment que ce successeur était l'élu de Dieu et qu'il reconnût que Dieu l'avait choisi pour régner à sa place. Non seulement, il s'y refusa, mais, jusqu'à la fin de ses jours, il le combattit sans cesse avec une ténacité et une persistance sataniques. Il fut défait. A la fin de sa vie, ne sachant plus vers qui se tourner dans son inconcevable désarroi, il alla jusqu'à rechercher l'aide des démons et des esprits malins et finalement se donna lui-même la mort. A la fin du récit une chose étonne. C'est le grand chagrin de David et les lamentations qu'il fait entendre en apprenant sa mort. Quand on songe à la méchanceté et à l'endurcissement de ce Saül, il y a bien là sujet d'être surpris. Et pourtant celui qui connaît le cœur de Dieu, ainsi que le décrit le « Livre », un coeur si plein de tendresse, si compréhensif, celui-là sait aussi que sa sainteté ne peut que s'irriter contre le péché, le dénoncer, le condamner, le consumer et le détruire. Toutefois le grand coeur de Dieu souffre pour Ses enfants, les folies des hommes, comme pour les esprits des sphères plus élevées qui sont si tristement tombés. Ce parallèle entre les deux princes Saül et Satan n'est-il pas extraordinaire ? Le premier prince d'Israël et le premier des chefs des Princes de l'autre monde ! Mais, à mon avis, il y a quelque chose de plus. Il y a quelque chose qui intéresse chacun de nous en particulier. Saül incarne parfaitement la vie de Satan à partir du jour où il rompit avec Dieu. La vie d'un homme peut très bien revêtir tous les traits distinctifs du caractère de Satan, le Prince-traître, et les refléter avec la fidélité d'un miroir. Que ceci retienne votre attention et fasse l'objet de votre méditation. Et vous reconnaîtrez ensuite que l'origine, la cause de la rebellion de Satan, c'est de s'être préféré à Dieu. Il voulait faire sa volonté propre. C'était tout. Mais quelle faute terrible ! Il fut entêté et s'obstina dans cette voie. Voilà le germe, la fatale semence qui donna naissance à cette vie, à ce caractère, dont le développement atteignit de si tragiques proportions. Je me permets, très doucement, de vous poser une question : Ne se trouverait-il pas en vous une graine de ce genre ? Répondez à vous-même, dans le silence de votre sanctuaire, comme en la présence de Dieu, ayant devant vos yeux sa Sainte Parole qui sonde si profondément. Alors seulement, le Saint-Esprit toujours prompt à secourir vous aidera à mettre à nu vos mobiles les plus secrets. Et maintenant, en terminant, ne serait-il pas bon de présenter cette requête qui s'élève de nos coeurs et de répéter cette magnifique prière de David (Psaume 139 :23-24.) « Sonde-moi, ô Dieu, et connais mon coeur I Eprouve-moi et connais mes pensées », c'est-à-dire, mes plus secrets désirs, mes desseins les plus intimes, mes ambitions les mieux cachées — ce ferment qui travaille sous tout le reste et qui est vraiment le mobile des actes de ma vie ! Eprouve-moi ! « Eprouve » éveille l'image du feu. Dans un creuset chauffé à blanc, un métal se réduit à l'état liquide par la chaleur, les scories se détachent et montent à la surface, en pleine lumière, pour être laborieusement enlevées. « Eprouve-moi. » Prière difficile à formuler, et pourtant, la seule acceptable maintenant. « Eprouve-moi », découvre et détruit. Que le feu m'épure ! Pouvez-vous faire cette prière ? En vérité, cela vous est possible, mais le voulez-vous ? Il y a toute une vie magnifique de pureté et de puissance au terme de cet effort. Abaisse-toi jusqu'à moi et me révèle si dans mes voies quelque chose t'attriste. Aide-moi à voir ce que tu vois ; aide-moi à m'en attrister comme toi tu t'en attristes, et conduis-moi. Et c'est ici que la volonté inébranlable de l'homme intervient : conduis-moi. Me voici, disposé à être conduit. Dans le passé, je ne demandais point : Toi, conduis-moi ! Je voulais voir s'ouvrir la route au loin. Toi, conduis-moi ! Mais maintenant, Jésus, j'ai fait mon choix : Il me suffit d'un seul pas à la fois. Me voici prêt à me laisser conduire là où tu veux me mener. Détourne-moi de mes voies et me mène dans tes sentiers, dans la voie royale de l'Éternité. Son but et son ambition « Trois acteurs » Il existe une autre Trinité que tout homme sincère devrait connaître. Je dis s une autre Trinité ». Par cela il faut entendre que celle-ci est moins connue que l'Autre, parce qu'on en parle peu. C'est une Trinité d'acteurs. Trois personnes entrent en contact dans l'action de la vie. Trois personnes dans une même action. L'homme sincère qui, à tout prix, veut remporter la victoire dans le combat de la vie doit apprendre à connaître cette Trinité d'acteurs. L'homme qui aspire à la pureté, qui veut être victorieux, qui refuse toute compromission clandestine ou autre avec le péché, devra être fort. Qu'il veuille écarter de lui ce sentiment rusé, sournois, subtil et tenace qui s'appelle l'égoïsme, ou qu'il cherche à le chasser et à l'anéantir complètement, sans en oublier quelque part un reste quelconque ; ou bien qu'il veuille se maintenir dans l'humilité, une humilité capable d'oubli de soi-même et de désintéressement complet, cet homme-là devra lutter. S'il veut se libérer de cet esclavage particulier qu'est l'argent par exemple, dont les entraves sont constamment à portée de vue et dont les bruits de chaînes l'assourdissent perpétuellement, où qu'il aille ; ou, s'il veut connaître la rare douceur de la possession de soi-même, il lui faudra affronter de rudes et opiniâtres combats. L'homme sincère sait que la vie est un combat. C'est la présence du Tentateur qui la rend telle. Celui qui aura résolu en son coeur d'être fidèle à lui-même et à son Maître, aura une guerre à déclarer, des batailles à livrer, qui deviendront pour lui de véritables corps à corps. Or cet homme, qui est ainsi aux prises avec l'Ennemi, a besoin de connaître cette Trinité. Sinon, la défaite l'attend. Vous savez que la lutte de la vie peut avoir trois issues : l'homme peut être vaincu. Il peut avoir combattu vaillamment et pourtant être vaincu. Le cas est fréquent. Ou bien, il peut s'accorder une sorte de trêve, de compromis, et battre en retraite. Il peut décider de ne pas lutter, c'est-à-dire, de ne pas opposer de résistance à la puissance du Malin, de s'esquiver du théâtre de la lutte et jouer un rôle neutre. Cette manière d'agir équivaut à une défaite — mais c'est une défaite déshonorante. C'est une lâcheté. Il n'y a pas de neutralité à observer là où le bien et le mal sont aux prises. L'homme que la lutte a meurtri a le réconfort de se dire qu'il a combattu. Il n'est pas un lâche. Mais notre ami « neutre » n'a pas eu le cœur de livrer un vrai combat. C'est un trop bon diplomate. Les lâches sont d'excellents diplomates. Et c'est surprenant de constater le nombre de ceux qui reculent devant la lutte à soutenir et l'abandonnent sans coup férir. La lutte peut en troisième lieu se terminer par la victoire. L'homme résolu luttera et pourra triompher — que dis-je ? — il triomphera, s'il confie sa vie Celui que nous bénissons, notre bien-aimé Seigneur. Il y a donc Trinité d'Acteurs. Le premier en, tête de cette Trinité sera le Tentateur, le Prince-esprit de ce monde. Je commence par lui parce c'est lui l'agresseur. C'est lui qui attaque. C'est lui qui attire et qui perpétue la lutte à jamais. Je le nomme en premier aussi parce que nous sommes sur la terre et qu'il est le « Prince de ce monde ». Le champ de bataille est ici-bas et le Prince de ce monde s'y sent chez lui. Il en connaît les moindres recoins. Il se bat sur un terrain qui est le sien, ce qui est pour lui un grand avantage. Le lutteur doit désirer posséder des renseignements clairs et précis sur le terrain ; ils l'aideront dans son effort. Le champ de bataille humain Dans cette Trinité, la seconde place revient à l'homme. Il est le lieu du conflit. J'ai dit que la terre est un champ de bataille et j'ai dit vrai. L'homme est sur la terre. C'est à cause de notre présence ici-bas qu'elle devient champ de bataille. Cette terre est à nous. Elle est notre présente demeure. La domination nous a été donnée sur toutes ses richesses et sur toutes ses forces. C'est donc notre présence ici-bas qui déclanche le combat. C'est nous, les hommes, qui sommes en réalité le champ de bataille. Le Tentateur opère sur nous et en nous. Il ne peut rien sans nous. Ce n'est que par le concours de l'homme qu'il peut mener à bien ses ambitions terrestres. Tout homme est donc un champ de bataille spirituel. Il a un siège à soutenir. Si le Malin réussissait à être maître en nous — et malheureusement peu nombreux sont ceux qui savent l'écarter de leurs sentiers, même sachant que c'est lui qui est à l'oeuvre — s'il était notre maître, ce serait alors le Seigneur Jésus qui ferait le siège et chercherait par son tact, son amour, sa patience, à gagner l'accès de notre coeur. Mais nous sommes chrétiens, c'est alors Satan qui nous attaque. Et quel que soit le coeur où Jésus règne, l'Ennemi, par tous les artifices que peuvent imaginer la tromperie et la ruse, essaie avec une malicieuse perversité d'y pénétrer par quelque coin obscur ou quelque fissure. Mais — redisons-le, — mais c'est l'homme à l'intérieur qui décide. L'homme décide qui entrera et qui règnera sur sa vie. Le coeur de l'homme est un château fort. Là, il est maître-souverain. Nul ne peut entrer sans son autorisation. Il n'y a qu'un bouton à la porte du cœur de l'homme et il se trouve à l'intérieur. Le tentateur ne peut y pénétrer à moins que, de l'intérieur, ne soit tourné le bouton et qu'il ne lui soit permis d'entrer. Selon la décision de l'homme, le plateau de la balance penchera du côté de l'échec ou du côté de la victoire. Nul ne peut être meurtri par la lutte sans y avoir consenti. Et chacun peut goûter les délices de la victoire complète s'il la désire. L'homme vient donc en second dans cette Trinité, c'est lui qui est entre les deux autres. Il est au centre, au fort du combat qui fait rage autour de lui. Un sûr allié Et en troisième lieu vient le Saint-Esprit. La terre est aussi pour lui, momentanément, son champ d'action. Il est le représentant de notre Seigneur Jésus, et, à ce titre, revêt toute Sa puissance. Quand Jésus était sur la terre, Il se soumettait à l'autorité du Saint-Esprit et se laissait conduire par Lui. Quand Il eut achevé son oeuvre ici-bas et qu'Il eût regagné sa demeure céleste, le Saint-Esprit se soumit à son tour à Son autorité et la puissance de Jésus se manifesta en Lui. Et Il est maintenant sur la terre, le messager et le représentant de notre Seigneur Jésus, revêtu de Sa force victorieuse. C'est le Remplaçant du Seigneur Jésus Lui-même qui a été envoyé auprès de nous pour exécuter Ses plans et pour que la Victoire remportée par le Christ ici-bas, soit réalisée et vécue dans votre vie et la mienne. C'est ici la troisième et grande personne de cette Trinité d'acteurs. C'est Lui qui, avec cet amour indicible et cette infinie patience qui le caractérise, fait le siège du coeur des hommes. Il opère entièrement par le moyen de notre volonté. Il veut entrer dans nos vies. Il désire surveiller nos tentations. Il veut être le général à la tête des forces luttant pour nous dans tous les combats. H veut nous rendre bénéficiaires de la plénitude de la victoire de Jésus sur Satan. Cette victoire remportée il y a des siècles, Il veut la rendre présente dans votre vie et la mienne. Il met à notre disposition toute cette science, cette habileté, cette puissance et l'énorme prestige d'une victoire déjà gagnée. Notre certitude de vaincre devient aussi réelle que la réalité même du triomphe de Jésus, le Vainqueur. Ce Saint-Esprit est notre ami personnel. Il est toujours à nos côtés et au-dedans de nous pour nous aider. Il se consacre à nous. Et par Sa présence, nous avons à notre disposition dans la lutte de la vie, toute la puissance de Dieu et toute la victoire de Jésus. Voici donc la Trinité d'acteurs : un démon auquel il faut non seulement résister, mais qui doit être combattu ; un Esprit-Saint, dévoué à notre cause ; et l'homme, entre les deux, qui décide de la bataille par son choix. Nous savons, nous, les hommes, que notre existence est réelle. Ceci ne soulève aucun doute. Nous savons que les combats de la vie ne sont pas une illusion. L'homme qui réfléchit en convient. Eh bien ! l'existence des deux autres personnes qui animent tout le drame : Satan et le Saint-Esprit, est aussi réelle, bien que leur présence soit invisible. Il faut fixer nos regards non pas tant sur les réalités et sur les personnes visibles que sur les invisibles, car celles-ci, dans la lutte, sont de toute importance. Le Malin doit être combattu. Et quel tenace et rude adversaire ! Mais il a contre Lui l'énorme désavantage d'avoir connu une écrasante défaite. Le Saint-Esprit lui aussi est là. Il est prêt à prendre le combat en mains, à lutter avec nous, par notre moyen. Il n'a jamais encore connu la défaite. En lui souffle l'Esprit de Jésus, le Vainqueur du Malin. Il demeure avec nous. Grâce à Lui, la victoire de Jésus se réalisera en nous. Par sa présence, la victoire nous est assurée. Combat et victoire marcheront ensemble. Mais ne l'oublions jamais, entre Satan et le Saint-Esprit se trouve l'homme qui, par son choix, décide de l'issue. De la Puissance Une connaissance plus parfaite du Malin nous aiderait certainement à mieux le reconnaître et à mieux lui résister. Cette connaissance nous conduirait à la Puissance spirituelle. J'aimerais donc maintenant vous entretenir sur le but et les ambitions du Malin. Savoir ce qu'il veut, connaître le motif qui le fait agir, cela nous aiderait à le démasquer quand il rôde autour de nous, quel que soit le déguisement qu'il puisse emprunter. Dans cette recherche, il peut être utile de nous arrêter sur le sens des mots « but » et « ambition ». Le but, c'est l'orientation d'une vie. L'ambition, c'est la passion qui l'anime. Le but est ce vers quoi l'on tend. L'ambition est l'aliment de l'action qui entraîne vers le but. Le est le terme. L'ambition est l'énergie. Le but est le point de mire. L'ambition est l'agent de propulsion. Quel est le but de Satan ? Quelle est son ambition ? Quels sont ses desseins ? Quelle est la passion qui le dévore ? Il me semble qu'en nous arrêtant un instant pour étudier les conséquences de la possession de la puissance chez un homme, nous trouverions plus rapidement une réponse claire et précise à ces questions. Le mot de puissance étant entendu dans son sens général : forte capacité d'action, cette puissance exerce toujours une influence déterminée sur ceux qui la possèdent. Cette influence peut être salutaire ou néfaste. La puissance, ou bien remplit de crainte et de respect celui qui la détient, ou bien elle le « démange ». Ou bien les responsabilités qu'elle entraîne peuvent lui inspirer de l'inquiétude, ou bien elle peut susciter en lui une sorte de « démangeaison ». Ce mot peut paraître déplacé, mais il est, à mon avis, si adéquat et si expressif que son emploi s'impose pour nous aider à comprendre. Chacun possède, sous une forme ou sous une autre, de la puissance. Les uns plus, les autres moins. La beauté peut être une puissance. Elle exerce une domination sur les autres. La puissance peut encore provenir d'une intelligence supérieure, de la culture de l'esprit, d'une personnalité qui s'impose, de la sagesse. Il y a la puissance du meneur, du chef. Celle qui procède de l'expérience de ce que l'on a déjà accompli. Il y a aussi la puissance donnée par la richesse et celle-là n'est pas des moindres, la puissance due à une haute position, officielle ou autre. Or, quels que soient notre puissance et le degré auquel nous la possédons, elle produit toujours sur nous un effet. La possession de la puissance devrait remplir de crainte et de prudence. C'est là l'effet vrai, le bon. Car la puissance procède entièrement de Dieu. C'est Lui qui nous la donne. Elle ne s'acquiert pas. C'est un don. La pensée que Dieu nous l'a confié devrait nous remplir d'humilité et de timidité. Et c'est aussi un dépôt de Dieu. Nous en sommes les administrateurs. Lorsque nous l'avons compris, notre humilité ne peut que grandir. Nous serons portés à prier davantage afin d'être dignes de ce dépôt et de l'utiliser de notre mieux. Alors seulement nous pourrons le mettre au service des autres. C'est pour cette fin qu'il nous a été légué : pour les autres. Pour le bien des hommes, au nom de Dieu et pour Sa gloire ! Voilà le dessein de Dieu. Voilà la triple vérité qui se rapporte à toute la puissance que vous et moi pouvons posséder. Et cette simple constatation est suffisante pour nous faire réfléchir et nous amener à prier davantage pour que nous apprenions à nous en servir comme Dieu le désire. La possession de la puissance doit nous remplir de modestie ; c'est là l'effet désirable et salutaire. La démangeaison de la puissance Puis il y a l'action néfaste, par où le péché s'infiltre. C'est la « démangeaison » de tourner ses regards vers le don que l'on possède. Cela conduit à la satisfaction de soi. Le fait d'avoir de la puissance séduit. — Quelle beauté ! quelle vive intelligence ! Rien ne résiste à ma volonté, ni homme, ni chose ! Quelle habileté dans l'accomplissement de certains projets ! Je n'ai qu'à lever le petit doigt et comme tout marche ! Un seul regard, une seule parole et cela suffit ! — Il se peut que ces sentiments soient exprimés en moins de paroles et soient dissimulés sous des apparences d'humilité, mais chacun les ressent au-dedans de soi-même ; nous savons bien qu'il en est ainsi. Ils forment le fond de nos pensées. C'est un commencement de « démangeaison ». A cela s'ajoute la supposition ou même le sentiment très net que cette puissance vient de soi. On s'en attribue le mérite. C'est sa production à soi. De là cet orgueil prodigieux qui nous gonfle. Le moi prend tant d'importance que tout le reste pâlit devant lui ; on en oublie que c'est un don de Dieu. Celui qui nous a donné cette puissance est méconnu. Les regards ne s'élèvent plus vers Lui ; ils convergent sur soi-même. Au lieu de regarder à Lui, on a vite oublié que l'on n'est qu'un simple dépositaire, un administrateur. Ce premier pas glissant entraîne vers cet autre : utiliser pour soi cette puissance. La seule passion qui nous anime alors est de rechercher par tous les moyens à faire servir notre puissance à nos fins particulières. Il se peut que de temps à autre, on enregistre des gestes pour autrui ; mais ce sont là des manifestations accidentelles que l'on est porté — et pour cause — à grossir le plus possible. Au fond, que ce soit le geste de donner ou de faire quelque chose pour les autres, le principal mobile est un sentiment d'orgueil et l'espoir d'en retirer quelque gloire. Toute possession de puissance produit donc l'un de ces deux effets, bon ou mauvais, naturel ou pas : ou un sentiment qui porte à la crainte de Dieu, ou un sentiment grandissant de sa propre valeur. Le grand Prince-Esprit, devenu Satan, possédait une puissance considérable par sa beauté, ses dons spirituels et intellectuels et sa haute dignité. Elle lui avait été confiée en dépôt pour la gloire de Dieu. Le véritable but de sa vie était de glorifier Dieu. C'était là le dessein de Dieu en le dotant si princièrement. Il devait administrer ce monde au nom de Dieu. Son rôle ici-bas consistait à faire ce que le Seigneur Jésus fera quand il reviendra pour établir son Royaume sur la terre. Son caractère propre était — je dis ceci très respectueusement — d'être ici-bas ce qu'a été le Seigneur Jésus. Voilà sa véritable vocation. L'exceptionnelle puissance qu'il possédait aurait dû le remplir de crainte, d'amour respectueux pour le Donateur et d'un ardent désir de fidélité dans l'administration du dépôt reçu. La seule ambition qui aurait dû l'animer était d'aimer Dieu avec l'ardeur de la passion, d'entourer son nom de tendresse infinie. La soif de Dieu, le désir intense de Lui plaire, voilà quelle flamme eût dû brûler en son coeur. Or, quel est son but ? Quelle est son ambition ? Ils ont l'apparence de la fidélité, de la vérité, mais avec cette différence : c'est pour lui qu'il manoeuvre. Il se substitue à Dieu. Gagner le monde à lui, voilà sa seule préoccupation. Chasser Dieu pour prendre sa place ; le détrôner pour usurper son trône l'anéantir pour avoir la suprématie sur l'Univers, telle est l'oeuvre de Satan. Il est malaisé de prononcer ou d'écrire de semblables paroles. Elles paraissent blasphématoires. Elles le sont. Tout le désir du Diable, le but vers lequel il tend avec tant d'ardeur et tant d'énergie peuvent se résumer en un seul mot : « blasphème ». Et ce blasphème est, hélas ! d'une triste fréquence dans la vie des hommes. L'adoration de Satan Ce qui dévore Satan, dans toute son oeuvre, c'est lui-même. Il est sa propre ambition. Une passion pour « sa personne » brûle en son coeur et avec une telle force que tout est consumé dans cette flamme. Le mot Satan peut se réduire à trois lettres : Moi. Il s'adore et veut qu'on l'adore. En Afrique et en d'autres pays païens, le culte des démons est chose banale. Mais en ce qui nous concerne, point n'est besoin d'aller en terre païenne pour découvrir des adorateurs de Satan. Car adorer c'est aimer. Et l'esprit de Satan est tout simplement l'amour de soi, sous l'une de ses nombreuses formes. Il n'y a rien de plus commun en cette vie que l'amour de soi. Il est parfois raffiné à l'extrême. Il aime à se revêtir de phraséologie religieuse. Et cependant, partout où cet amour de soi, cette recherche de soi dominent, là sont Satan et sa convoitise. Cette affirmation exprimée si crûment ne peut que déplaire, et pour cause. On repousse même l'idée que l'un d'entre nous puisse s'adonner au culte de Satan (Il va de soi que nul n'a le droit d'en accuser son prochain). Mais si je parle de cette manière un peu brutale et si je dirige les feux de ce puissant projecteur sur les traits distinctifs de Satan, c'est afin de nous amener, vous et moi, aux pieds de Dieu, pour que Seul à seul, en sa présence, nous puissions voir en nous ce qu'Il y voit. Satan devient notre miroir. N'y aurait-il pas dans ses traits quelque chose qui rappelât les nôtres ? En attirant ainsi l'attention sur son but et son ambition avec tant d'insistance, cela ne nous ouvrirait-il pas un peu (ou même complètement) les yeux sur nos propres desseins ? — sensiblement atténués, peut-être — et encore ! Avouons que nul de nous ne peut se trouver en face de ce portrait de Satan sans être frappé de la ressemblance de certains de ses traits avec les nôtres ! Nous admettons jusqu'à un certain point que ce défaut si commun, l'égoïsme, se trouve en nous. Combien il est humiliant de découvrir que cet égoïsme est tout simplement l'esprit de Satan ! En recherchant, dans un esprit de prière, ces empreintes de Satan en nous, l'on ne peut être que péniblement affecté. Il est extrêmement douloureux de constater que, d'une façon ou d'une autre, nous l'avons servi et qu'il a compté sur notre appui pour mener à bien ses ambitieux desseins. Et pourtant, il faut bien le dire, une seule manifestation d'égoïsme est la preuve de notre association avec lui. L'égoïsme, l'amour de soi, le désir de conserver pour soi tout ce qui n'est pas indispensable à sa subsistance et de le détourner ainsi des besoins du service du Maître, cela participe déjà de l'esprit de Satan. C'est pour lui, déjà, l'accès dans nos vies. Cela ne signifie pas seulement que nous nous refusons la présence et la puissance de Dieu dans nos vies, mais aussi — ce qui est plus angoissant et plus grave encore — que nous prêtons main forte à l'Ennemi dans la réalisation de ses ambitions. Satan est un miroir qui reflète et met en relief, tout ce qui, en nous, est à son image. Le vrai but Il existe un autre miroir que la Parole de Dieu place devant nos yeux. C'est l'exemple du Seigneur Jésus. Je le nomme ici parce que Lui et Satan désirent tous deux nous conquérir. La grande figure de notre Seigneur ne saurait être mieux décrite que par les propres paroles qu'Il prononça sur Lui-même. Et tous les hommes s'accordent à reconnaître leur absolue vérité. Il a dit: « Je suis venu... non pour faire ma volonté, mais la volonté de Dieu qui m'a envoyé ». Tel fut l'unique but de sa vie jusqu'à la fin. En premier lieu, à Nazareth, le village qui le vit croître, dans l'échoppe du charpentier, puis pendant ses années de ministère auprès des foules affamées ; puis dans l'amertume de la souffrance de Gethsémané et dans l'indescriptible agonie de la Croix. La volonté de son Père fut pour Lui comme un doux accompagnement de musique qui ne cessa sa vie durant. Il consentit joyeusement à tous les sacrifices. Il endura sans murmurer toutes les douleurs, même lorsque le couteau incisait au plus profond de sa chair ou de son âme. Il servit avec joie parce qu'Il savait que, ce faisant, Il accomplissait le plan divin. Le but de Sa vie fut de faire la volonté de son Père et son Père lui-même fut Sa passion. La seule recherche qui le préoccupait, le poussait, la seule fin toujours en vue, était le plan de Son Père. L'ambition qui le consumait était un amour tendre et passionné pour son Père. Ce miroir placé devant nos yeux fait un contraste étrange avec le précédent. Peut-être n'aurons-nous pas la hardiesse de nous comparer à Jésus. Et pourtant, il se peut qu'au tréfonds de notre être, notre désir le plus ardent et le plus cher, celui qui prédomine sur tous les autres, soit de Lui ressembler. Ce fut le désir, l'ambition, la passion de tous Ses disciples à travers les âges. Partout où l'on permet à son Esprit de régner, cette volonté triomphe et devient la plus forte. Remarquons que l'un ou l'autre de | |||||