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+LES LIVRES VERS LA SAINTETÉ (S. L. Brengle) S. L. Brengle Docteur en théologie 4° édition. Titre original: Helps to Holiness TABLE DES MATIÈRES
AVANT- PROPOS A LA QUATRIÈME ÉDITION
Pourquoi une nouvelle édition de VERS LA SAINTETÉ?
Il y a plusieurs raisons à cela, mais nous nous contenterons d'en donner seulement quelques-unes.
L'une des raisons principales de cette quatrième édition est l'importance qu'attache la Maison des Publications Nazaréennes- la maison d'édition officielle de l'Eglise du Nazaréen- aux ouvrages traitant de la doctrine biblique de la sainteté. Et VERS LA SAINTETÉ se place -par son caractère pratique -entre une présentation théologique abstraite et une application de simple dévotion. La troisième édition, datant de 1955, étant épuisée, nous avons jugé bon de remettre ce classique en circulation. Des demandes réitérées, venant de plusieurs pays, nous ont par ailleurs encouragés dans cette voie.
Une deuxième raison est d'ordre confessionnel. L'Armée du Salut et L'Eglise du Nazaréen adhèrent toutes deux à l'interprétation wesleyenne de la sanctification comme une seconde oeuvre de grâce subséquente à la justification et accessible, par la foi, à tous les croyants. Le livre de Samuel Logan Brengle met en lumière cet aspect de la doctrine d'une façon telle que chaque croyant peut s'approprier l'expérience bénie, et recevoir dans sa plénitude l'Esprit de grâce et de vérité. VERS LA SAINTETÉ, en dépit des nombreuses illustrations dont se sert l'auteur, se référant à l'Armée du Salut, est donc un ouvrage qui transcende les lignes confessionnelles ordinairement acceptées. En raison du caractère fondamental et universel de la doctrine de la sanctification personnelle du croyant, ce livre s'adresse à tous les chrétiens de tous les horizons théologiques, car ils sont tous appelés à rechercher cette" sanctification, sans laquelle nul ne verra le Seigneur" (Hébreux 12:14).
Une dernière raison, enfin, est le caractère et la foi vivante de l'auteur. Né à Fredericksburg dans l'Indiana (E.U.A.) en 1860 et mort à New York en 1936, Samuel Logan Brengle a volontairement refusé une carrière brillante de pasteur méthodiste pour répondre à un appel plus élevé. Cet homme qui, au cours de son entraînement en Angleterre, cirait les bottes de ses compagnons salutistes (tout en pensant à Jésus lavant les pieds de Ses disciples) avait la profonde conviction que sa tâche, par-dessus tout, était "d'insister sur la sainteté du coeur et de la vie. . ." Il avait (selon son biographe, Clarence W. Hall,)-"une passion -la sainteté: pour lui-même, pour l'Armée du Salut, pour le monde entier des disciples professants du saint Fils de Dieu" (Portrait of a Prophet, p. 78).
Cette passion, Brengle la communiquait partout où il allait, à travers les Etats-Unis comme dans les pays européens qu'il visitait. Devenu évangéliste, il s'est servi de ses dons oratoires exceptionnels- acquis durant ses études à l'Université De Pauw (il voulait d'abord devenir un avocat) sous l'inspiration de l'Esprit, pour convier inlassablement les pécheurs au salut et les croyants à la sainteté. La relation de Brengle avec son Seigneur était si étroite qu'il répandait autour de lui le parfum de la présence du Maître. A titre d'exemple, nous donnons l'illustration suivante tirée de sa biographie, Portrait of a Prophet (Portrait d'un prophète), p. 129: "Au cours d'une réunion dans une certaine Eglise, une femme frappée de surdité était assise au premier rang; ne pouvant rien entendre, elle fixait les regards sur le visage de Brengle. Vers la fin de la réunion, elle pleurait tranquillement, et quand le moment de prier fut venu, elle s'approcha de l'autel et s'y agenouilla. Sa fille, pensant que sa mère avait peut-être recouvré l'ouïe, lui demanda: Avez-vous entendu le sermon? La mère répondit: Non, je n'ai rien entendu, mais j'ai vu Jésus sur le visage de cet homme. »
Puissent les lecteurs de cette nouvelle édition voir aussi Jésus les conviant à la sainteté -cette perfection du caractère chrétien- à travers les pages de VERS LA SAINTETÉ. Car, quoique mort Brengle parle encore (Hébreux 11 :4).
A part VERS LA SAINTETÉ, Brengle a écrit d'autres ouvrages qui malheureusement n'ont pas été traduits en français. Nous pensons à ces titres qui en disent long: When The Holy Ghost Is Come (Quand l'Esprit 'Saint est venu), The Soul- Winner's Secret (Le secret du gagneur d'âmes), Resurrection, Life and Power (Résurrection, vie et puissance).
Dans la préparation de cette nouvelle édition, nous nous sommes servis du texte de la troisième édition auquel nous avons apporté quelques corrections mineures, en nous référant au texte original. Nous avons, par ailleurs, conservé l'Introduction à la troisième édition, en raison de son importance.
Nous tenons à remercier ici M. Ron Cox, chef de territoire de L'Armée du Salut en France, pour ses bons offices. Par son intermédiaire, nous avons pu obtenir la permission officielle du Quartier Général, à Londres, rendant ainsi possible la publication de la présente édition. Nous la soumettons avec plaisir à la méditation de tous ceux dont l'âme "a soif de Dieu, du Dieu vivant" (Psaume 42:2).
LES ÉDITEURS Kansas City, Missouri Juillet 1983 INTRODUCTION À LA TROISIÈME ÉDITION
S'il est vrai que chaque peuple a sa physionomie particulière, il est également vrai que la vie moderne a rapproché à certains égards les pays les plus divers. Bien sûr la concorde ne règne pas pour autant; du moins se connaît-on un peu .mieux.... La guerre- en mêlant les combattants, les prisonniers, les réfugiés- a concouru, malgré tout ce qu'elle implique de navrant et de hideux, à multiplier les contacts humains. Il en est de même des tensions politiques, sociales et économiques, pour pénibles qu'elles soient. Le commerce et l'industrie, plus qu'à n'importe quel moment de l'histoire, relient les continents.
La littérature, l'écran et singulièrement la radio ont grandement facilité les échanges culturels et, du même coup, les rencontres religieuses.
Même la chanson a servi, sans le vouloir, la bonne cause: grâce à son infiltration sonore dans tous les milieux, nos cantiques, de structure anglo-saxonne, ne choquent plus autant l'oreille continentale. On sait que le jazz américain a acquis droit de cité dans notre vieille et classique Europe, et les fameux negro-spirituals jouissent aujourd'hui de la faveur, tant des mélomanes que des croyants du monde entier.
Voilà pourquoi un livre comme Vers la Sainteté a, chez nous, bien plus de chances d'être compris de nos jours qu'il y a vingt ou trente ans.
Ecrit par un Américain, dans les premières décennies du siècle, ce petit livre reflète assurément la mentalité pragmatique et utilitaire propre au pays de son auteur.
Mais ce qui donne à cette étude sur la sanctification personnelle du chrétien une valeur universellement humaine, c'est l'amour qui s'en dégage -clair et chaud- pour tout homme, quelles que soient sa race ou sa classe, quelles que soient aussi ses affirmations ou ses négations religieuses, La foi de Brengle est assez rayonnante pour atteindre - à travers une expérience très personnelle et à certains égards exceptionnelle -l'âme de chacun, Son Dieu est universel, précisément parce qu'Il se révèle individuellement.
Au-dessus de la doctrine et de la piété spécifiquement méthodistes (on sait que l'auteur a été tributaire de la théologie wesleyenne), on trouve dans "Vers la Sainteté" les accents des grands mystiques de la chrétienté.
Ainsi ce témoignage hardi : (Extrait de l'Introduction de la deuxième édition).
"Le 9 janvier 1885, vers 9 heures du matin, Dieu sanctifia mon âme. J'étais à ce moment-là dans ma chambre, mais presque aussitôt je sortis et vis dans la rue un ami auquel je racontai ce que le Seigneur venait de faire pour moi," ", Dieu vit que mon intention était d'être fidèle jusqu'à la mort. Deux jours plus tard, au moment où je me levai et lus quelques-unes des paroles de Jésus, il répandit sur moi une bénédiction telle que je ne l'eusse jamais cru possible ici-bas. Un ciel d'amour était entré dans mon coeur. Je me rendis avant le déjeuner dans un parc voisin, pleurant de joie et louant Dieu, Oh! Combien j'aimais! A cette heure-là, je connus Jésus et ressentis pour Lui en tel amour qu'il me sembla que mon coeur allait en être brisé, J'aimais les moineaux, j'aimais les chiens, j'aimais les chevaux, j'aimais les gamins des rues, j'aimais les étrangers qui me coudoyaient, j'aimais les païens -j'aimais le monde entier. , ."
Ce sont là des accents franciscains, n'est-il pas vrai? ' . , Quarante ans après cette expérience initiale, l'homme de Dieu chante son Amour, sa Joie, sa Reconnaissance:
"Il a veillé sur ma bouche, inspirant mes paroles, afin que je pusse parler au monde de Jésus et de Son grand salut, pour instruire, encourager et sauver d'autres âmes, Il a été pour moi la lumière dans mes ténèbres, la force dans ma faiblesse, la sagesse dans la folie, la connaissance au sein de mon ignorance, "Lorsque mon chemin semblait sans issue au milieu des tentations et des difficultés, Il m'a ouvert une voie, comme Il entrouvrit jadis les flots de la mer Rouge devant Israël, "Mon coeur souffrait-il? II m'a consolé; mon pied allait-il glisser? Il m'a soutenu; ma foi était-elle tremblante? II m'a encouragé, dans la détresse, Il est venu à mon secours; quand j'avais faim, Il m'a nourri; quand j'avais soif, Il m'a désaltéré d'eau vive, "Gloire à Dieu! Que n'a –t -II pas fait! Que n'a-t-Il pas été pour moi! Oh! Combien je voudrais Le faire connaître au monde! "Il m'a montré que le péché seul peut me nuire et que la seule chose qui puisse me faire du bien dans ce monde c'est 'la foi qui est agissante par la charité' (Gai. 5:6). Il m'a enseigné à m'attendre à Jésus, par la foi, pour être sauvé de tout péché, de toute crainte, de toute honte; Il m'a appris à témoigner mon amour, en Lui obéissant en toutes choses et en cherchant par tous les moyens à amener d'autres à Lui obéir. Je Le loue! Je L'adore! Je L'aime! Mon être entier Lui appartient pour le temps et pour l'éternité. Je ne suis plus à moi-même. II peut faire de moi ce qu'II jugera bon, car je suis à Lui. Je sais que ce qu'II choisira sera pour mon bien éternel. II est trop sage pour se tromper, trop bon pour me nuire. J'ai confiance en Lui, j'ai confiance en Lui, j'ai confiance en Lui! Mon attente est en Lui, non en l'homme ou en moi-même, mais en Lui. II a été avec moi durant ces quarante ans; je sais qu'II ne m'abandonnera jamais.
On se méprendrait en mettant cette joie spirituelle d'une intensité rare sur le compte d'un caractère particulièrement heureux, d'une santé invulnérable, d'un sort exceptionnellement favorisé. En réalité les épreuves ne furent jamais épargnées à Samuel Brengle: luttes morales, situations pénibles; plus d'une fois il fut tout près de la mort: accidents de route, maladies et opérations graves; sur le déclin, il perdit presque totalement la vue. Sa femme, joie et soutien de son apostolat, lui fut enlevée alors que lui-même se trouvait cloué à un lit de souffrance. Mais, tenté et éprouvé, peut-être au-delà du commun, il garda jusqu'au bout son inaltérable confiance en Celui qui sauve et sanctifie. Vivant près de son Dieu, il était aussi très près des hommes. A son contact nul ne se sentait écrasé. Il savait rire. Son regard pouvait refléter autant d'amour que d'humour. Evitant les controverses, il laissait à chacun la responsabilité de ses opinions. Quant à lui, il était toujours prêt à confesser sa foi et à apporter son témoignage.
Depuis sa tendre enfance il connaissait et aimait l'Ecriture Sainte. Avec le temps, il devint docteur en théologie. Pasteur méthodiste, dont les succès oratoires promettaient un avenir brillant, il fut mystérieusement détourné d'une vie relativement facile, pour s'engager dans la voie d'aventure, de privations et d'humiliation qu'était, à l'époque, celle des officiers de l'Armée du Salut, en Amérique comme partout ailleurs. (A sa manière n'a-t-il pas épousé, lui aussi, "Dame Pauvreté"? . . .) Auteur de plusieurs ouvrages religieux, tous destinés à aider les chrétiens dans leur marche ascendante, il commença sa carrière d'écrivain à l'âge mûr, par suite d'un accident qui aurait pu lui être fatal. Alors qu'il était capitaine d'un poste d'évangélisation à Boston, un homme excité par la boisson lui lança une brique. Gravement atteint à la tête, il dut s'aliter pour de longs mois. C'est alors que, voulant se rendre utile, Brengle envoya quelques articles aux journaux salutistes. Pouvait-il se douter que ses articles d'abord, puis ses livres feraient un jour le tour du monde? Rapidement répandus dans les pays anglo- saxons, ils furent également traduits en plusieurs langues européennes et orientales. En vérité, comment ne pas bénir la brique meurtrière? . . . Cette fameuse brique sur laquelle revanche, doublement spirituelle, de la vaillante femme du blessé -celle-ci écrivit de sa main les sereines paroles d'un patriarche biblique: "Vous aviez médité de me faire du mal: Dieu l'a changé en bien . . . pour sauver la vie à un peuple nombreux" (Gen. 50:20). Prophétie pleinement réalisée, si l'on songe à ces dizaines de milliers d'hommes et de femmes, dans différents pays, devant lesquels s'ouvrirent les perspectives de la vie sainte, grâce au témoignage de Samuel Brengle. Certes, il ne faut pas idéaliser un homme (la Bible ne le fait jamais). Il faut se garder de confondre les expériences et les interprétations personnelles avec la Révélation unique. Mais nous avons le droit et le devoir de perpétuer la mémoire de nos devanciers tels que le commissaire Brengle. Car leur lumineuse expérience enrichit notre patrimoine spirituel. Et non seulement le nôtre, en tant qu'Armée du Salut, mais encore celui de l'Eglise Universelle qui s'alimente sans cesse aux sources pures de la Consécration.
Encore un mot d'avertissement, destiné surtout aux jeunes salutistes et autres chrétiens qui sans cela risqueraient peut -être de tomber dans quelques pénibles méprises. Dieu trouva Samuel Brengle dans une nation et à une époque déterminées; comme tous les hommes, il parla le langage de son temps. Cela ne signifie pas qu'il n'ait plus rien à dire aux nouvelles générations. (Est-ce que les grands croyants des temps reculés n'ont plus rien à dire? Un Wesley, un Pascal, un Calvin, un Saint Augustin? . . . Seulement pour bien assimiler leur message, il faut savoir les situer dans leur propre cadre psychologique et historique, pour faire ensuite certaines transpositions nécessaires). Pour revenir à notre auteur, plutôt que de vouloir copier servilement (et naïvement) son expérience, apprenons de lui comment nous mettre à l'écoute de Dieu, pour recevoir des directives personnelles, conformes à l'Ecriture Sainte. Nous ne pourrions mieux conclure qu'en nous référant à la remarque qui, dans le livre des Doctrines de l'Armée du Salut introduit le chapitre sur la "Vie Sainte":
"Ce très important sujet est de ceux qui se prêtent le plus difficilement à un exposé méthodique et concis. Il n'est pas de formule parfaite dans cet enseignement. Dieu mène les siens par des voies diverses vers l'accomplissement de Son dessein pour chacun d'eux et ce dessein est leur sanctification." (Doctrine, édition 1952, p. 115).
Et maintenant, puisse le livre que voici nous aider à nous pénétrer -dans une docilité éclairée et une totale disponibilité -de cette annonce merveilleuse: Le Dieu" trois fois saint" veut la sanctification de Ses enfants à qui la grâce est faite de savoir leur nom "écrit dans les cieux". Paris, Mars 1955 V. Dolghin Rédacteur en chef La sainteté: En quoi consiste-t-elle?
Ceux qui me disent: Seigneur, Seigneur! N'entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. (Matthieu 7:21)
"Ce que Dieu veut, c'est votre sanctification . . . Car Dieu ne nous a pas appelés à l'impureté, mais à la sanctification" (1 Thes. 4:3,7) et "Recherchez . . . la sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur" (Héb. 12:14). C'est pourquoi: ". . . soyez saints . . . !" (1 Pi. 1:15). Dieu attend de Son peuple qu'il soit saint. Tel est l'enseignement que découvrira sans peine dans la Bible quiconque la lit avec sincérité, "n'altérant point la parole de Dieu". Nous devons être saints afin d'être heureux et utiles ici-bas, et d'entrer ensuite dans le Royaume des Cieux. Une fois convaincu de la volonté de Dieu et des affirmations de Sa Parole à cet égard, l'homme sincère se demandera ensuite: "Mais qu'est-ce que la sainteté? Quand en ferai-je l'expérience, et de quelle manière?" Les réponses à ces questions varient à l'infini. Cependant, pour quiconque cherche honnêtement la vérité, la Bible est simple et claire sur chacun de ces points. Elle définit la sainteté comme étant la délivrance parfaite du péché. "Le sang de Jésus son Fils nous purifie de TOUT péché" (1 Jn. 1: 7). Il n'en reste plus une parcelle, car le vieil homme est crucifié, "afin que le corps du péché fût détruit, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché; car celui qui est mort est libre du péché" (Rom. 6:6-7). Nous devons désormais nous regarder" comme morts au péché et comme vivants pour Dieu, en Jésus-Christ" (Rom. 6:11). La Bible nous dit aussi que sainteté signifie" amour parfait" (1 Jn. 4:18), bannissant du coeur, par sa nature même, toute haine, toute animosité contraire à l'amour, de même que doit disparaître toute l'huile contenue dans une coupe qu'on veut remplir d'eau. Ainsi, la sainteté est un état dans lequel ne subsistent ni colère, ni malice, ni blasphème, ni hypocrisie, ni envie, ni amour du confort, ni désir de la bonne opinion des hommes, ni honte de la croix, ni mondanité, ni tromperie, ni discorde, ni convoitise, ni aucun mauvais désir ou penchant.
C'est un état d'où sont désormais bannis le doute et la crainte. C'est un état dans lequel l'homme aime Dieu et se confie pleinement en Lui. Mais si le coeur peut être parfait, il ne s'ensuit pas que les facultés intellectuelles le soient aussi. A cause des imperfections de sa mémoire, de son jugement, de sa raison, l'homme peut donc commettre des erreurs. Mais Dieu qui regarde à la sincérité de ses intentions, à l'amour et à la foi de son coeur, le considère saint. La sainteté n'est donc pas la perfection absolue qui n'appartient qu'à Dieu; ce n'est pas davantage une perfection angélique, ni celle que possédait, sans aucun doute, Adam, parfait de coeur et d'esprit, avant de pécher contre Dieu. Mais c'est la perfection chrétienne, cette perfection et cette obéissance du coeur qu'on peut attendre d'un être vil et déchu, secouru par la toute-puissance et la grâce divines. Elle consiste à être et faire en tout temps -non par élans seulement, mais d'une manière constante-ce que Dieu désire que nous soyons et fassions. Jésus a dit: "Tout bon arbre porte de bons fruits" (Mat. 7:17). Un pommier demeurera toujours un pommier et ne pourra produire autre chose que des pommes. Ainsi la sainteté est ce renouvellement parfait de notre nature qui nous rend essentiellement bons, de sorte que nous portons continuellement des fruits pour Dieu -les fruits de l'Esprit qui sont "l'amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance" (GaI. 5:22) sans que jamais la moindre oeuvre de la chair se glisse parmi ces fruits célestes. Gloire à Dieu! Ici-bas déjà, dans ce monde où Satan et le péché ont causé notre ruine, le Fils de Dieu peut nous transformer ainsi, nous rendant capables de nous" dépouil1er. . . du vieil homme" et de ses oeuvres et de "revêtir l'homme nouveau créé selon Dieu dans une justice et une sainteté que produit la vérité" (Eph. 4:21-24), l'homme nouveau" qui se renouvelle dans la connaissance, selon l'image de Celui qui l'a créé" (Col. 3: 10).
On objectera sans doute: "Oui, tout ce que vous dites est vrai, mais je ne crois pas qu'il soit possible de parvenir à cet état de sainteté avant l'heure de la mort. La vie du chrétien est une vie de luttes, et nous devons soutenir le bon combat de la foi jusqu'à l'heure dernière; alors Dieu nous accordera la grâce suprême".
Nombre de chrétiens sincères partagent cette manière de voir. Par suite, ils ne font aucun effort réel pour devenir "parfaits et pleinement persuadés" (Col. 4: 12) en tout ce qui est pour eux "la volonté de Dieu". Tout en répétant journellement dans leurs prières: "Que ton règne vienne; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel" (Mat. 6:10), ils ne croient pas à la possibilité de faire la volonté de Dieu. Ils font ainsi de Jésus l'auteur d'une prière chimérique dont on prononce sans fin les mots en pure perte. Cependant, je puis être et faire ce que Dieu demande journellement de moi ici-bas, aussi aisément que l'archange Gabriel peut être et faire ce que Dieu demande de lui dans les cieux. Sinon, où seraient la justice et la bonté de Dieu dans Ses exigences à mon égard? Il attend de moi que je L'aime et Le serve de tout mon coeur et l'archange Gabriel lui-même ne peut faire davantage; or, par la grâce de Dieu, je le puis aussi bien que l'archange. En outre, la promesse de Dieu est là: "Si tu reviens à l'Eternel, ton Dieu, et si tu obéis à sa voix de tout ton coeur et de toute ton âme . . . l'Eternel, ton Dieu circoncira ton coeur et le coeur de ta postérité, et tu aimeras l'Eternel, ton Dieu de tout ton coeur et de toute ton âme, afin que tu vives" (Deut. 30:1, 2,6). Ailleurs, Il nous promet que, "délivrés de la main de nos ennemis", nous pourrons Le servir "sans crainte, en marchant devant Lui dans la sainteté et dans la justice tous les jours de notre vie" (Luc 1:74-75). Cette promesse en elle-même devrait convaincre toute âme sincère que Dieu veut que nous soyons saints dès ici-bas. Le bon combat de la foi est le combat livré pour garder cette bénédiction malgré les assauts de Satan, les obscurités du doute, les attaques d'une Eglise incrédule et celles d'un monde ignorant et sceptique. Ce n'est pas contre nous-mêmes que nous devons combattre après avoir été sanctifiés; car saint Paul déclare expressément que "nous n'avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes" (Eph. 6:12). Encore une fois, dans toute la Parole de Dieu, aucun texte ne prouve que cette bénédiction ne puisse être accordée avant la mort. Accepter des mains de Dieu la grâce qu'Il offre pour vivre saintement, c'est assuré"ment le seul moyen de s'assurer celle de mourir saintement. Au reste, la Bible déclare expressément que "Dieu peut vous combler de toutes sortes de grâces, afin que, possédant toujours en toutes choses de quoi satisfaire à tous vos besoins, vous ayez encore en abondance pour toute bonne oeuvre" (2 Cor. 9:8). Puisque les bonnes oeuvres doivent s'accomplir pendant cette vie, ce n'est pas seulement à l'heure de la mort que la grâce nous est nécessaire. La sainteté: Comment l'obtenir?
Mon peuple est détruit, parce qu'il lui manque la connaissance. (Osée 4:6) . . . la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. (Jean 17:3)
Un professeur, âgé de plus de quatre-vingt ans, disait, un jour, dans une réunion de sainteté: "Je crois à la sainteté; mais je ne crois pas qu'elle s'acquiert tout d'un coup, comme vous le prétendez. Je crois que c'est une oeuvre progressive". Des milliers d'hommes n'ont pas connu la glorieuse expérience de la sainteté à cause de cette erreur très répandue, s'ajoutant à celle qui fait dépendre de la mort la libération du péché et la réalisation de la sainteté. Une telle erreur empêche de reconnaître le caractère odieux du péché, et méconnaît, en outre, le simple moyen de la foi, le seul par lequel il peut être détruit. La sanctification complète est à la fois une soustraction et une addition. Tout d'abord, l'âme est purifiée en "rejetant toute malice et toute ruse, la dissimulation, l'envie, et toute médisance" (1 Pi. 2:1), en un mot, tout mauvais sentiment et tout désir égoïste contraire à l'esprit du Christ. De nature, cette oeuvre de sanctification ne peut être le résultat d'une croissance; pour croître, il faut recevoir, tandis que, pour être purifié, il faut perdre. La Bible dit: ". . . renoncez à toutes ces choses, à la colère, à l'animosité, à la méchanceté, à la calomnie, aux paroles déshonnêtes" (Col. 3:8). L'apôtre parle de ces choses comme devant être enlevées par l'homme, de la même manière qu'il enlève son habit. Ce n'est pas en plusieurs fois qu'un homme ôte son vêtement, mais par un effort volontaire et immédiat de tout son corps. C'est là une soustraction. Mais l'apôtre ajoute: "... comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous d'entrailles de miséricorde, de bonté, d'humilité, de douceur, de patience" (Col. 3:12). Ce n'est pas non plus en plusieurs fois qu'un homme met son habit, mais par un effort semblable de tout son corps. Un homme peut grandir dans son habit (jusqu'à ce qu'il devienne trop petit), mais pas vers son habit; il doit d'abord le mettre. De même, un homme peut" croître dans la grâce" mais pas vers la grâce. Un homme peut nager dans l'eau mais pas vers l'eau. Ce n'est pas progressivement que vous enlevez les mauvaises herbes de votre jardin, mais en les arrachant complètement et d'un seul coup par un usage vigoureux du sarcloir et du râteau. Ce n'est pas progressivement que le cher petit enfant, qui a taché son vêtement en se roulant dans la cour avec le chat et le chien, sera nettoyé. Il pourrait grandir jusqu'à l'état d'homme fait et rester sale. C'est en le lavant d'un trait avec de l'eau pure que vous le rendrez présentable. Ainsi la Bible dit: "A celui qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang" (Ap. 1:5). "Le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché" (1 Jn. 1:7). C'est aussi ce que dit notre cantique:
O Jésus, Ton sang précieux A lavé mon iniquité! Oui, Tu m'as répondu des cieux, Ton amour m'a tout pardonné. Je Te contemple et je puis croire Qu'en Toi j'ai complète victoire. , , Au pied de Ta croix, maintenant, Je me relève triomphant!
Tout cela fut expliqué au professeur en question. Avec soixante années d'expérience chrétienne derrière lui se trouvait-il plus près d'obtenir le don inestimable d'un coeur pur qu'aux premiers jours de sa vie chrétienne? Il reconnut honnêtement que non. On lui demanda alors s'il n'estimait pas que soixante ans fussent une période assez longue pour prouver l'exactitude de sa théorie au cas où elle serait vraie. Il l'admit et consentit à demander sur-le-champ la bénédiction de la sainteté. Il ne l'obtint pas en cette première soirée; mais il revint le soir suivant. A genoux depuis cinq minutes à peine, il se releva et les bras étendus, les joues ruisselantes de larmes, le visage rayonnant d'une clarté céleste, il s'écria: Autant l'Orient est éloigné de l'Occident, autant il a éloigné de moi mes transgressions (Ps. 103:12). Il rendit témoignage quelque temps encore de cette merveilleuse grâce de Dieu en Christ; puis s'en alla triomphant, dans le sein de ce Dieu que nul ne verra sans la sanctification. -Mais, me disait un homme que je pressais de rechercher à l'instant la sainteté, je l'ai obtenue au moment de ma conversion. Dieu ne fait pas les choses à moitié. Son oeuvre en moi a été complète lorsqu 'Il m'a sauvé. -Assurément, Dieu fait une oeuvre parfaite. En vous convertissant, Il vous a pardonné tous vos péchés; Il les a effacés comme une nuée (Esa. 44:22), afin de ne plus se souvenir de vos péchés (Jér. 31:34); Il vous a adopté comme membre de Sa famille et vous a donné Son Saint-Esprit, afin qu'Il vous rende témoignage de cette présente grâce. Cette assurance vous a rendu plus heureux que l'annonce d'un héritage de plusieurs millions, ou de votre nomination à une haute position officielle, car elle vous a fait héritier de Dieu et cohéritier de notre Seigneur Jésus-Christ (Rom. 8:17). Gloire à Dieu! Quelle grande chose que la conversion! Mais, mon frère, êtes-vous délivré de toute impatience, de toute colère et autres péchés semblables? Vivez-vous une vie sainte? -Je ne considère pas la question exactement comme vous, reprit-il. Je ne crois pas que nous puissions, en cette vie, être délivrés de toute impatience et de toute colère. Et comme j'insistais sur ce point, il finit par éluder la question et contredire sa propre assertion d'être entré en possession de la sainteté au moment de sa conversion. Comme l'écrivait quelqu'un: "Il nierait la maladie plutôt que de prendre le remède", Le fait est que ni la Bible, ni l'expérience ne prouvent que salut et sainteté s'accomplissent simultanément, bien au contraire. L'homme qui se convertit reçoit, avec le pardon de ses péchées l'assurance de son entrée dans la famille de Dieu. Ses désirs changent alors d'orientation. Mais, bien vite, il s'aperçoit que sa patience est mêlée d'humeur, sa bonté de colère, sa douceur d'irritation (sentiments qui procèdent du coeur et dont lui-même a pleinement conscience, même s'ils passent inaperçus pour le monde), son humilité d'orgueil, sa fidélité à Jésus alliée à la honte de la croix. En un mot, il trouve les fruits de l'Esprit et les oeuvres de la chair mélangés en lui à des degrés divers. Cet état de choses cessera quand son coeur sera purifié; ce qui exige une oeuvre nouvelle de la grâce, précédée d'une consécration absolue et d'un acte de foi aussi défini que celui dont sa conversion dépendait. Après sa conversion, son ancienne nature pécheresse est semblable à un arbre coupé dont le tronc reste encore en terre. L'arbre lui-même ne causera plus d'ennuis, mais, si l'on n'y prend garde, de petits rejetons continueront à sortir du tronc. Faire sauter la souche à la dynamite sera le moyen radical d'en finir.
Dieu veut, de même, placer dans toute âme convertie la dynamite du Saint Esprit le mot dynamite, dérivé du grec, signifie puissance (Ac. 1:8)-afin d'en finir pour toujours avec l'ancienne et embarrassante nature pécheresse, de sorte qu'on puisse dire en toute vérité: "Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles" (2 Cor. 5:17). C'est précisément ce que Dieu fit pour les apôtres le jour de la Pentecôte. Pourtant, personne ne peut nier qu'ils étaient déjà convertis, puisque Jésus Lui-même leur avait dit: "Réjouissez-vous de ce que vos noms sont écrits dans les cieux" (Luc 10:20). Or, le nom d'un homme s'inscrit dans les cieux seulement après sa conversion. C'est d'eux aussi que Jésus avait dit: ". . . ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde" (Jn. 17:14), ce qui ne pouvait s'appliquer à des inconvertis. Nous devons donc en conclure que les apôtres étaient déjà convertis, mais n'avaient pas reçu la bénédiction d'un coeur pur avant la Pentecôte. Or, ils la reçurent en ce jour-là. Pierre le déclare de la façon la plus claire lorsqu'il dit (Ac. 15:8-9): "Et Dieu, qui connaît les coeurs, leur a rendu témoignage, en leur donnant le Saint-Esprit comme à nous; Il n'a fait aucune différence entre nous et eux, ayant purifié leurs coeurs par la foi." Jusqu'alors, Pierre était tantôt plein de présomption, tantôt rempli de crainte. Un jour, il s'écrie: "Quand tu serais pour tous une occasion de chute, te ne le seras jamais pour moi. Quand il me faudrait mourir avec toi, je ne te renierai pas" (Mat. 26:33,35). Peu de temps après, quand la foule s'avance pour saisir son Maître, il attaque hardiment et combat avec son épée; le lendemain, l'excitation passée, et l'enthousiasme éteint, il se laisse intimider par une servante, au point de faire des imprécations et de renier par trois fois son Maître! Ne s'en trouve-t-il pas parmi nous qui se montrent de même pleins de courage au milieu de l'entrain général et quand tout leur est favorable? Ils pourront encore, à l'occasion, faire front aux adversaires et riposter en jouant du poing (Allusion aux persécutions subies par les salutistes des premiers jours) mais ils n'ont pas le courage de porter l'uniforme à l'atelier, de peur d'encourir le mépris de leurs compagnons et les railleries des gamins de la rue. De tels soldats aiment la parade, mais reculent devant une vraie mêlée. Le jour de la Pentecôte, Pierre eut la victoire; la puissance du Saint-Esprit entra en lui. Il reçut un coeur pur d'où l'amour parfait avait banni la crainte. Aussi, après son emprisonnement, recevant du Sanhédrin l'interdiction de prêcher à nouveau dans les rues, l'apôtre répondit: "Jugez s'il est juste, devant Dieu, de vous obéir plutôt qu'à Dieu; car nous ne pouvons pas ne pas parler de ce que nous avons vu et entendu" (Ac. 4:19-20). Dès sa libération, on le retrouvait dans les rues, annonçant la bonne nouvelle d'un salut parfait. Après cela, Pierre fut pour jamais à l'abri de la crainte, et l'orgueil spirituel n'eut plus de prise sur lui; aussi, lors de la guérison du paralytique, put -il s'écrier devant le peuple étonné, accouru autour de lui: "Hommes Israélites, pourquoi vous étonnez-vous de cela? Pourquoi avez-vous les regards fixés sur nous, comme si c'était par notre propre puissance ou par notre piété que nous eussions fait marcher cet homme? . . . Le Dieu de nos pères a glorifié son serviteur Jésus. . . C'est par la foi en son nom que son nom a raffermi celui que vous voyez et connaissez; c'est la foi en Lui qui a donné à cet homme cette entière guérison" (Ac. 3:12, 13, 16). Il ne resta plus rien chez l'apôtre de cette violence qui lui fit couper l'oreille du soldat lors de l'arrestation de Jésus; mais il s'arma de la pensée qui est en Christ (1 Pi. 4:1), en disciple de Celui qui nous a laissé un exemple, afin que nous suivions ses traces (1 Pi. 2:21). "Mais, nous ne pouvons recevoir ce que reçut Pierre le jour de la Pentecôte", m'écrivait un jour, quelqu'un. Cependant, au cours de la grande prédication qu'il fit entendre ce jour-là, Pierre déclara lui-même: ". . . vous recevrez le don du Saint-Esprit; car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin" -même dans dix-neuf cents ans-" en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera" (Ac. 2:38-39). Tout enfant de Dieu peut donc l'obtenir en se donnant entièrement à Dieu et en le demandant avec foi: "Demandez, et l'on vous donnera; cherchez, et vous trouverez . . . si donc, méchants comme vous l'êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent" (Luc 11 :9-13). Cherchez-Le de tout votre coeur et vous Le trouverez, car Dieu l'a dit et Il attend de pouvoir se donner à vous. Un jeune homme, se préparant à devenir officier de l'Armée du Salut, sentit la nécessité d'avoir un coeur pur. Après la réunion, il rentra chez lui, prit sa Bible, lut le second chapitre des Actes, à genoux devant son lit, et dit au Seigneur qu'il n€ se relèverait point avant d'avoir reçu un coeur pur rempli du Saint-Esprit. Il n'avait pas prié longtemps que le Seigneur vint soudainement à lui et le remplit de sa gloire; le visage du jeune homme resplendissait et son témoignage embrasait les coeurs depuis cet exaucement. Vous pouvez, de même, obtenir cette grâce en vous tenant devant le Seigneur, animé d'un esprit et d'une foi semblables. Il fera pour vous, par la puissance qui agit en vous, infiniment au delà de tout ce que vous demandez et pensez (Eph. 3 :20).
Obstacles à la sainteté
La sainteté ne court pas les rues à la recherche des oisifs, comme semblait le croire un chrétien paresseux qui pensait que cette bénédiction lui "viendrait d'elle-même quelque jour". A quoi une camarade lui répondit fort à propos: "Autant attendre que la salle de réunion vienne à vous". Il est certain que maints obstacles barrent à beaucoup le chemin de la sainteté; mais vous, qui la recherchez, rejetez pour jamais la pensée qu'un seul de ces obstacles vienne de Dieu ou des circonstances particulières dans lesquelles vous vous trouvez. C'est en vous qu'ils résident, aussi nombreux soient-ils. Ceci posé, c'est donc le comble de la folie d'attendre paisiblement, les mains jointes, que cette glorieuse expérience vienne à vous. Croyez-moi, elle ne viendra pas plus à vous qu'une récolte de pommes de terre n'ira au-devant du paresseux qui, assis à l'ombre, ne se sert de sa bêche ni au printemps, ni en été. La règle dans le monde spirituel est: "Si quelqu'un ne veut pas travailler, qu'il ne mange pas non plus" (2 Thes. 3:10), et "Ce qu'un homme aura semé, il le moissonnera aussi" (GaI. 6:7).
La sagesse consiste donc à découvrir le nombre et la nature de ces obstacles. Pour cela, il faudra se livrer à une étude systématique de la Parole de Dieu, s'adonner à la prière avec persévérance, s'examiner avec sévérité, renoncer à soi-même, obéir joyeusement à toute la lumière de Dieu, et fréquenter assidûment les réunions chrétiennes. Puis, une fois ces obstacles découverts, il faudra les écarter, avec l'aide de Dieu, dut-il en coûter autant que de se couper la main droite ou s'arracher l'oeil droit 1 Or, la Bible, confirmée par le témoignage et l'expérience de tous les saints, nous dit que les deux principaux obstacles à la sainteté sont: premièrement, une consécration incomplète; deuxièmement, une foi imparfaite. Avant que l'horloger puisse nettoyer et régler ma montre, je dois la lui confier; pour que le docteur puisse me guérir, je dois prendre son remède selon ses indications. Pour qu'un capitaine puisse me conduire à travers un océan où nulle route n'est tracée, je dois monter à bord de son vaisseau et y rester. De même, si je veux que mon coeur soit purifié, contrôlé dans toutes ses manifestations, que mon âme -tarée par le péché- soit guérie; si je désire que le Seigneur me conduise sain et sauf de l'océan du temps dans celui, plus vaste encore, de l'éternité, je dois me remettre entièrement entre ses mains et y demeurer. En d'autres termes, je dois faire ce qu'Il me dit et Lui être entièrement consacré.
Une capitaine de l'Armée du Salut, priant avec ses soldats, chantait: Partout avec Jésus, je Le suivrai partout. Mais elle ajoutait en elle-même: "Seigneur, partout, Excepté à X.. .".
Sa consécration était imparfaite; elle a, depuis, quitté les rangs. Jésus ne pouvait ni la purifier, ni la garder, puisqu'elle n'était pas prête à tout par amour pour Lui. . . Il y a quelque temps, un pauvre rétrograde me disait qu'il savait bien qu'à un moment donné il aurait dû renoncer au tabac. Dieu lui demandait ce sacrifice; mais il continuait à fumer en secret. Sa consécration imparfaite le retint loin de la sainteté et le conduisit à la ruine; c'est aujourd'hui un malheureux ivrogne qui s'achemine vers l'enfer. Il y avait dans son coeur une secrète déloyauté et Dieu ne pouvait ni le purifier ni le garder. Le Seigneur demande de vous une parfaite loyauté intérieure, non seulement pour Sa gloire, mais aussi pour votre bien; car, si vous voulez bien comprendre, la plus grande gloire de Dieu et votre plus grand bien sont une seule et même chose. La consécration consiste à se dépouiller entièrement de sa volonté propre, de ses dispositions, de son caractère, de ses désirs, de ses sympathies et antipathies, et à se revêtir de la volonté, des dispositions, du caractère, des sympathies et des antipathies du Christ. En un mot, la consécration consiste à se dépouiller de soi-même pour se revêtir du Christ, à renoncer, en toutes choses, à sa volonté propre pour faire la volonté de Jésus-Christ. Cela peut paraître presque impossible et très désagréable à un coeur non sanctifié, mais si votre intention est d'accomplir un travail qui demeure, et si vous fixez résolument vos regards sur la porte étroite par laquelle il y en a peu qui entrent, si vous dites au Seigneur que vous voulez marcher dans ce chemin-là, dut-il vous en coûter la vie, le Saint-Esprit vous montrera bientôt qu'il est non seulement possible, mais facile, et agréable, de vous abandonner ainsi à Dieu.
Le second obstacle sur la route de celui qui recherche la sainteté est une foi imparfaite. Quand Paul écrivait aux salutistes de Thessalonique, il les louait d'être en exemple à tous les croyants, tant en Macédoine qu'en Achaïe, ajoutant: "Votre foi en Dieu s'est fait connaître en tout lieu" (1 Thes. 1:7-8).
Cette Eglise était la plus vivante de la chrétienté, sa foi réelle et solide lui permit d'endurer la persécution, comme nous le voyons dans la première Epître aux Thessaloniciens (chap. 1:6; 2:14 et 3:2-5); de sorte que Paul pouvait dire: ". . . au milieu de toutes nos calamités et de nos tribulations, nous avons été consolés à votre sujet, à cause de votre foi" (chap. 3:7). Foi solide sans doute, mais incomplète puisque Paul ajoute: "Nuit et jour nous le prions avec une extrême ardeur de nous permettre de vous voir, et de compléter ce qui manque à votre foi" (1 Thes. 3: 10). Or, s'ils n'étaient pas sanctifiés, c'est que leur foi était imparfaite; c'est pourquoi l'apôtre termine sa lettre par ces mots: "Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même tout entiers" (1 Thes. 5:23).
Tous ceux qui sont nés de Dieu et tiennent du Saint Esprit le témoignage de leur justification, savent parfaitement bien que ce n'est point par leurs bonnes oeuvres, ni par un développement graduel qu'ils ont été sauvés, mais par la grâce qui s'obtient par la foi (Eph. 2:8-9), tandis que beaucoup de gens paraissent s'imaginer que nous croissons vers la sanctification--ou que nous l'obtenons- par nos propres oeuvres. Pourtant le Seigneur Lui-même a résolu cette question de la manière la plus claire. Ne dit-Il pas à Paul qu'Il l'envoie vers les païens afin de leur ouvrir les yeux, pour qu'ils passent des ténèbres à la lumière et de la puissance de Satan à Dieu, pour qu'ils reçoivent, par la foi en Lui, le pardon des péchés et l'héritage avec les sanctifiés (Act. 26:18). Ce n'était point par leurs oeuvres, ni graduellement qu'ils devaient être rendus saints, mais par la foi. Si donc vous voulez être saints, vous devez vous approcher de Dieu". . . avec un coeur sincère, dans la plénitude de la foi. . ." (Héb. 10:22), et si vous attendez patiemment, en vous tenant devant Lui, cette oeuvre merveilleuse s'accomplira.
La consécration et la foi sont du domaine du coeur et, pour beaucoup, c'est là que gît la difficulté. D'autres croyants encore sont arrêtés par un obstacle qui a sa source dans l'intelligence. La bénédiction leur échappe parce qu'ils ne recherchent pas assez haut.
La sainteté est une grande bénédiction. C'est le renouvellement de l'homme entier à l'image de Jésus. C'est la destruction complète de toute haine, de toute envie, de toute malice, de toute impatience, de toute convoitise, de l'orgueil, de l'impureté, de la crainte des hommes, de la honte de la croix, de la recherche de soi ou de l'admiration humaine, du goût des grandeurs ou de l'amour des aises. Elle rend celui qui la possède "doux et humble de coeur" (Mat. 11:29), comme Jésus l'était Lui-même, plein de mansuétude, d'amour et de foi, patient, bienveillant, compatissant, zélé pour les bonnes oeuvres.
Or, j'ai entendu certaines personnes se réclamer de la bénédiction de la sainteté pour avoir renoncé à fumer, à porter des parures mondaines, tandis qu'elles demeuraient impatientes, sans charité ou absorbées par les soucis du monde. Elles ne tardèrent pas à se décourager, concluant que cette bénédiction n'existait pas, et devinrent d'amers adversaires de la doctrine de la sainteté, simplement pour avoir cherché une bénédiction trop minime. Elles avaient renoncé à certaines choses extérieures; mais la vie cachée du moi n'avait pas été crucifiée. Le mineur enlève la gangue attachée au minerai, mais il ne peut modifier la composition intime de celui-ci; c'est là l'oeuvre du feu par lequel doit passer le minerai pour devenir métal pur. Il est de même nécessaire de renoncer aux choses extérieures mais seul le baptême de Saint-Esprit et de feu peut purifier les désirs secrets, les affections du coeur et le sanctifier. Si donc vous voulez recevoir ce baptême du feu, vous devez y aspirer ardemment dans une consécration et une foi parfaites.
D'autres n'obtiennent pas cette bénédiction parce que ce qu'ils cherchent diffère absolument de la sainteté. Ils s'attendent à une vision de flammes de feu ou à l'apparition d'un ange; ils veulent posséder un pouvoir qui jette, à leur voix, les pécheurs la face contre terre. Ils oublient ce verset qui déclare: "Le but du commandement, c'est une charité venant d'un coeur pur, d'une bonne conscience, et d'une foi sincère" (1 Tim. 1:5). Il nous enseigne que la sainteté n'est autre chose qu'un coeur pur, plein d'une charité parfaite, une conscience pure devant Dieu et devant les hommes, provenant de l'accomplissement fidèle du devoir et de l'exercice d'une foi simple, dénuée d'hypocrisie. Ils oublient que la pureté et l'amour parfait sont si conformes à l'image de Christ, qu'ils constituent en eux-mêmes, par leur propre valeur, une grande, une immense bénédiction. Ils oublient que, Roi des rois et Seigneur des seigneurs (Ap. 17:14), Jésus fut l'humble charpentier qui ". . . s'est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur. . .", et". . . s'est humilié lui-même" (Phil. 2:7-8). Ils oublient qu'ils doivent être semblables à Jésus dans ce monde qui devint le lieu de son humiliation, et dans lequel Il parut "méprisé et abandonné des hommes, homme de douleur et habitué à la souffrance", n'ayant" ni beauté, ni éclat pour attirer nos regards" (Esa. 53:3, 2). Sa seule beauté ici-bas est la splendeur intérieure de la sainteté, cet esprit d'humilité, de douceur et d'amour, cette "parure intérieure et cachée dans le coeur, la pureté incorruptible d'un esprit doux et paisible, qui est d'un grand prix devant Dieu" (1 Pi. 3:4).
Votre âme a-t-elle faim et soif de la perfection de l'amour? Voulez-vous être semblables à Jésus? Etes-vous prêts à souffrir avec Lui, à être haïs de tous à cause de Son nom? (Mat. 10:22). Si oui, "rejetant tout fardeau, et le péché qui [vous] enveloppe si facilement" (Héb. 12:1), offrez votre corps" comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable" (Rom. 12:1), et courez" avec persévérance dans la carrière qui vous est ouverte, ayant les regards sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi" (Héb. 12:1-2). Venez au Seigneur avec la même simplicité de foi qu'au moment de votre conversion, exposez-Lui votre cas, demandez-Lui d'enlever toute souillure, de vous perfectionner dans l'amour et croyez qu'Il le fait, Si vous êtes résolus à résister à toutes les tentations de Satan qui ont pour but de vous entraîner dans le doute, vous verrez bientôt disparaître tous les obstacles et vous vous réjouirez "d'une joie ineffable et glorieuse" (1 Pi. 1:8). "Que le Dieu de paix vous sanctifie Lui-même tout entiers, et que tout votre être, l'esprit, l'âme et le corps, soit conservé irrépréhensible, lors de l'avènement de notre Seigneur Jésus Christ! Celui qui vous a appelés est fidèle, et c'est lui qui le fera" (1 Thes. 5 :23-24).
Les tentations de l'homme sanctifié
"Comment un homme 'mort au péché' peut-il être tenté?" me demandait, il y a peu de temps, un chrétien sincère, mais non sanctifié. "Si les penchants mêmes et les dispositions au péché sont détruits, que reste-t-il en l'homme qui puisse répondre aux sollicitations du malin?" Tout homme doit en venir à se poser la question tôt ou tard. Lorsque Dieu m'en indiqua la réponse, Il répandit une grande clarté sur ma route, me rendant capable de vaincre Satan dans maintes batailles rangées. Les tentations ordinaires aux autres hommes n'éveillent plus d'écho chez le croyant véritablement sanctifié et "mort au péché". Ainsi que Paul le déclare: "Il ne lutte pas contre la chair et le sang" -contre les tentations sensuelles, charnelles et mondaines qui exerçaient précédemment un si grand. pouvoir sur lui -"mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes" (Eph. 6:12). S'il était autrefois adonné à la boisson, la tentation de s'enivrer ne l'effleure plus. S'il était autrefois orgueilleux et vain, prenant plaisir au luxe des vêtements et des bijoux, l'éclat trompeur, la vaine pompe et la gloire de ce monde ne l'attirent plus; car ses affections vont aux" choses d'en haut, et non à celles qui sont sur la terre" (Col. 3:2). Ces dernières n'ont désormais pas plus d'attrait pour lui que les breloques de métal, les plumes d'aigle et les tatouages d'un Peau-Rouge. S'il aspirait autrefois aux honneurs et à la louange des hommes, il les considère comme de la boue et des scories, aujourd'hui qu'il peut gagner Christ et obtenir l'honneur qui vient de Dieu seul. S'il recherchait jadis la richesse et ses aises, il renonce aujourd'hui joyeusement au luxe et à toutes les possessions terrestres, afin d'avoir son trésor dans le ciel et de ne pas être embarrassé par les" affaires de la vie, s'il veut plaire à Celui qui l'a enrôlé" (2 Tim. 2:4). Je ne dis point, par là, que Satan ne se serve plus des plaisirs charnels et des honneurs mondains pour engager l'âme à abandonner Christ, car il essaiera toujours. Je veux dire plutôt que l'âme "morte au péché" et chez qui les racines mêmes du mal sont arrachées, ne répond plus aux suggestions de Satan; elle les rejette aussitôt. Satan peut essayer son pouvoir en lui envoyant quelqu'un pour la séduire, comme ce fut le cas pour Joseph en Egypte, mais, comme lui, l'homme sanctifié fuira, disant: "Comment ferais-je un aussi grand mal et pécherais-je contre Dieu?" (Gen.39:9). Satan lui offrira peut-être, comme à Moïse en Egypte, une grande puissance, des honneurs et des richesses, mais les comparant à la plénitude infinie de gloire et de puissance qu'il a trouvée en Christ, l'homme sanctifié repoussera aussitôt les offres du diable: ". . . aimant mieux être maltraité avec le peuple de Dieu que d'avoir pour un temps la jouissance du péché, regardant l'opprobre de Christ comme une richesse plus grande que les trésors de l'Egypte" (Héb. 11 :25-26). Satan pourra encore tenter l'homme sanctifié par les vins exquis et les viandes délicates de la demeure d'un roi, mais, tel Daniel à Babylone, il décidera" de ne pas se souiller par les mets du roi et par les vins dont le roi buvait" (Dan. 1:8). Toutes ces amorces mondaines, Jésus les connut (Mat. 4:1-11 et Luc. 4:1-13); mais nous voyons, par le récit des apôtres, qu'il triompha glorieusement des suggestions du tentateur. Comme Jésus, l'homme sanctifié repoussera les tentations de Satan et remportera la victoire, car Christ Lui même est venu habiter dans son coeur pour combattre avec lui; il peut donc maintenant répéter avec son Maître: "Le prince du monde vient. Il n'a rien en moi" (ln. 14:30). En effet, il a trouvé en Christ une telle satisfaction, une telle paix, une telle joie, une telle consolation, une telle pureté, une telle puissance, que celle de la tentation, sous les formes diverses qu'elle revêtait auparavant, est complètement brisée; il jouit maintenant de la liberté des enfants de Dieu; il est libre autant qu'un archange du ciel, car celui que le Fils affranchit est véritablement libre (ln. 8:36). Et "c'est pour la liberté que Christ nous a affranchis" (GaI. 5 :1). Mais si l'homme sanctifié, affranchi par le Christ, n'a plus à combattre contre les anciennes passions mondaines et les appétits charnels, il doit cependant soutenir une lutte constante contre Satan pour conserver cette liberté! C est ce que Paul appelle: "Le bon combat de la foi" (1 Tim. 6:12).
L'homme sanctifié doit lutter pour garder la foi dans l'amour du Père. Il doit lutter pour garder la foi au sang du Sauveur qui purifie. Il doit lutter afin de préserver sa foi en la puissance du Saint-Esprit pour sanctifier.
Pour n'être pas extérieure, cette lutte n'en est pas moins aussi réelle que celle des plus sanglantes mêlées humaines, et ses conséquences pour le bien et le mal s'avèrent infiniment plus importantes. Par la foi, l'homme sanctifié se voit "héritier de Dieu et cohéritier de Christ" (Rom. 8:17) en toutes choses. Son Père céleste et son héritage céleste deviennent pour lui de telles réalités que l'influence des choses invisibles surpasse celle des choses qu'il perçoit de ses yeux, entend de ses oreilles et touche de ses mains. Il répète avec Paul et réalise pleinement en son coeur que "les choses visibles sont passagères" et périront bientôt, mais que "les choses invisibles" à notre oeil naturel se découvrent aux yeux de la foi, qu'elles "sont éternelles" (2 Cor. 4:18) et subsisteront quand tous "les éléments embrasés se dissoudront" (2 Pi. 3:10), et "les cieux seront roulés comme un livre" (Esa. 34:4). Or, par leur nature même, ces choses ne peuvent se révéler qu'à la foi; mais aussi longtemps que l'homme sanctifié les tient ferme, la puissance de Satan ne s'exerce pas sur lui. Le diable le sait très bien; c'est pourquoi il entreprend une attaque systématique contre la foi de l'homme nouvellement sanctifié. Lorsque la conscience de ce dernier sera aussi paisible que celle d'un ange, Satan l'accusera d'une transgression volontaire de la loi de Dieu, sachant que, s'il parvient seulement à lui faire écouter cette accusation et à lui enlever la foi au sang de Jésus qui purifie, il le tient à sa merci. Satan accusera ainsi l'homme sanctifié pour le persuader ensuite que ce n'est pas lui, mais le Saint-Esprit qui le condamne. Il est "l'accusateur des frères" (Ap. 12:10). Il y a toutefois ici une différence essentielle à observer. Le diable nous accuse de péché. Le Saint-Esprit nous condamne à cause du péché. Si je mens, si je m'enorgueillis ou viole un des commandements de Dieu, le Saint-Esprit me condamne aussitôt. Satan m'accuse quand je n'ai pas de péché et qu'il ne peut prouver ses accusations. Par exemple, un homme sanctifié parle à un pécheur au sujet de son âme et le supplie de fuir la colère à venir en donnant son coeur à Dieu; mais le pécheur refuse. Alors Satan commence à accuser le chrétien: "Si tu avais su parler à ce pécheur comme il convenait, il serait sûrement venu à Dieu". Inutile d'argumenter avec le diable. La seule chose à faire est de rejeter son accusation et de venir au Sauveur avec cette prière: "Seigneur, tu sais que j'ai fait ce qui était en mon pouvoir; si je me suis trompé ou que je n'ai pas trouvé les mots qu'il fallait, je crois que Ton sang me purifie en ce moment", Si, dès le début des accusations de Satan, l'homme résiste de cette manière, sa foi remportera une victoire; il se réjouira de savoir que le sang de Jésus l'a purifié et que la puissance du Saint-Esprit le garde; mais s'il écoute le diable jusqu'à ce que sa conscience et sa foi en soient l'une et l'autre atteintes, il lui faudra du temps pour retrouver la force qui le rendra capable de pousser des cris de joie et de triompher de la puissance de l'ennemi. Quand Satan aura ébranlé la foi de l'homme sanctifié, il attaquera ce qui est l'essence même de Dieu. Il lui suggérera que le Père ne l'aime pas de cet amour puissant qu'Il avait pour son Fils, contrairement aux affirmations positives de Jésus. Ensuite, il suggérera peut-être que le sang de Christ ne le purifie pas de tout péché, que le Saint-Esprit ne peut garder, ou du moins, ne garde personne sans tache et sans reproche, et qu'après tout, il n'est pas de vie sainte dans ce monde. La foi ainsi touchée, la prière secrète de l'homme sanctifié perdra une grande partie de la bénédiction qui lui est assurée; son ardent désir d'agir sur les âmes s'émoussera; la joie de rendre témoignage à Christ diminuera, et la sécheresse du langage remplacera son brûlant témoignage; la Bible cessera d'être une source constante de force et d'inspiration. Puis le diable l'entraînera à commettre réellement le péché, en l'amenant à négliger quelques-uns de ses devoirs. Malheur à la foi de l'homme qui prête l'oreille à Satan et s'abandonne au doute! S'il ne crie pas à Dieu de toute son âme, s'il ne sonde pas sa Bible pour connaître la volonté de Dieu et chercher ses promesses, plaidant jour et nuit comme Jésus" qui, dans les jours de sa chair, présentait avec de grands cris et avec larmes des prières et des supplications à Celui qui pouvait le sauver de la mort" (Héb. 5:7), s'il ne répond pas à Satan par la citation des promesses divines, et ne ferme pas résolument l'oreille à toute suggestion de doute, ce n'est plus pour lui qu'une question de temps: avant peu, il se trouvera parmi ceux qui paraissent vivants mais, en réalité, sont morts (Ap. 3: 1), "qui gardent l'apparence de la piété, mais renient ce qui en fait la force" (2 Tim. 3:5); il figurera bientôt parmi ceux dont la prière et le témoignage sont stériles; dont l'étude de la Bible, les exhortations et les oeuvres sont mortes, parce qu'il n'y a plus en eux de foi vivante; ou bien encore il deviendra un véritable rétrograde. Que fera l'homme sanctifié pour avoir la victoire sur le diable? Ecoutez ce que dit Pierre: "Soyez sobres, veillez [c'est à- dire tenez les yeux ouverts]. Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera. Résistez-lui avec une foi ferme" (1 Pi. 5:8-9). Ecoutez ce que dit Jacques: "Résistez au diable et il fuira loin de vous" (Jac. 4:7). Ecoutez Paul: "Combats le bon combat de la foi" (1 Tim. 6:12); "Le juste vivra par la foi" (Rom. 1:17); "Prenez par-dessus tout cela le bouclier de la foi, avec lequel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du malin" (Eph. 6:16). Ecoutez Jean: "La victoire qui triomphe du monde, c'est notre foi" (1 Jn. 5:4); "Ils l'ont vaincu [le diable, l'accusateur des frères] à cause du sang de l'Agneau [sang auquel ils croyaient d'une foi enfantine] et à cause de la parole de leur témoignage [car si un homme ne rend témoignage, sa foi périra bientôt] et ils n'ont pas aimé leur vie jusqu'à craindre la mort" (Ap. 12:11). Mais ils obéirent à Dieu, quoi qu'il leur en coûtât, renonçant à tout pour Lui. L'auteur de l'épître aux Hébreux attache la même importance au témoignage, quand il dit: "Retenons fermement la profession de notre espérance" (Héb. 10:23). "Prenez garde, frères, que quelqu'un de vous n'ait un coeur mauvais et incrédule, au point de se détourner du Dieu vivant" (Héb. 3:12). "N'abandonnez donc pas votre assurance, à laquelle est attachée une grande rémunération" (Héb. 10:35).
Après une réunion de sanctification
-Etiez-vous à la réunion de sanctification? -Etiez-vous venu au banc des pénitents? - y avez-vous reçu la grâce d'un coeur pur? -Avez-vous reçu le Saint-Esprit?
Si vous vous êtes donné à Dieu, autant qu'il dépendait de vous, et que vous n'ayez pas reçu le Saint-Esprit, je vous en conjure, ne vous découragez pas! Ne faites aucun pas en arrière! Demeurez là où vous êtes, et tenez ferme dans la foi! Le Seigneur ne demande qu'à vous bénir. Ne cessez pas de regarder à Jésus et comptez pleinement sur Lui pour qu'Il satisfasse le désir de votre coeur. Dites- Lui que vous l'attendez et rappelez--Lui Ses promesses. Voici Ses paroles: "Car je connais les projets que j'ai formés sur vous . ., projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l'espérance. Vous m'invoquerez, et vous partirez; vous me prierez, et je vous exaucerai. Vous me chercherez, et vous me trouverez, si vous me cherchez de tout votre coeur. Je me laisserai trouver par vous. . ." (Jér. 29: 11-14). Quelle promesse merveilleuse, et c'est à vous qu'elle s'adresse! Le diable a-t-il continué à vous tenter plus encore que par le passé? Voici une autre promesse: "Malheureuse, battue de la tempête, et que nul ne console, Voici, je garnirai tes pierres d'antimoine, et je te donnerai des fondements de saphir; je ferai tes créneaux de rubis, tes portes d'escarboucles, et toute ton enceinte de pierres précieuses. . . Tu seras affermie par la justice" (Esa. 54:11-12, 14). Dieu fera pour vous de grandes choses si vous gardez votre foi et votre assurance. Mais, sans doute, non seulement plusieurs d'entre vous se sont donnés à Dieu, mais Dieu Lui-même s'est donné à vous. Vous avez reçu le Saint-Esprit. Quand Il est entré en vous, le "moi", votre vie propre, vous a quitté. Reconnaissant votre néant, vous vous êtes pris en horreur, en dégoût, tandis que Jésus devenait votre tout. C'est là l'oeuvre première du Saint-Esprit quand Il pénètre de toute sa plénitude dans un coeur. -Il glorifie Jésus: nous voyons Jésus comme nous ne L'avions jamais vu précédemment; nous L'aimons; nous L'adorons; nous Lui attribuons tout honneur, toute gloire et toute puissance. Nous réalisons, comme jamais auparavant, que son précieux sang nous sauve et nous sanctifie. Le Saint-Esprit n'appelle pas notre attention sur Lui-même, mais sur Jésus. "Quand le Consolateur sera venu, l'Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité, car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu'il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir. Il me glorifiera, parce qu'il prendra de ce qui est à moi, et vous l'annoncera" (Jn. 16:1314), et ailleurs: "Il rendra témoignage de moi" (Jn. 15:26). Il ne vient pas davantage révéler une vérité nouvelle, mais faire comprendre la vérité ancienne annoncée par Jésus, par les prophètes et par les apôtres. "Le Consolateur . . . vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit" Jn. 14:26). Il fera de la Bible un livre nouveau pour vous; Il vous en rappellera les leçons et vous enseignera à l'appliquer à la vie de chaque jour, de sorte que vous serez guidés par elle en toute sécurité. La raison pour laquelle certaines personnes ne comprennent pas la Bible, c'est qu'elles ne possèdent pas le Saint-Esprit pour la leur expliquer. Un cadet ou un humble soldat rempli du Saint-Esprit peut en dire davantage sur le sens réel, profond, et spirituel de la Bible que tous les docteurs en théologie et tous les professeurs du monde qui n'ont pas reçu le baptême de l'Esprit. Le Saint-Esprit vous fera aimer la Bible et vous vous écrierez avec Job: "J'ai fait plier ma volonté aux paroles de Sa bouche" (Job 23:12). Avec le psalmiste, vous déclarerez que Ses jugements" sont plus doux que le miel, que celui qui coule des rayons" (Ps. 19:11). Aucun livre, aucune publication ne peut la remplacer, mais, de même que l'homme béni de Dieu dont parle David, vous la méditerez jour et nuit (Ps. 1:2 et Jos. 1:8). Vous tremblerez aux avertissements de la Parole divine, vous vous réjouirez en Ses promesses et vous trouverez votre suprême joie dans Ses commandements. La Bible seule pourra vous satisfaire et vous direz avec Jésus: "L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole que sort de la bouche de Dieu" (Mat. 4:4). Vous comprendrez ce qu'entendait Jésus lorsqu 'Il affirmait: "Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie" (Jn. 6:63). | |||||